OceanoScientific :
des données prometteuses

Sophie Noachovitch
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Lundi 3 juillet, l’aventurier des mers Yvan Griboval a remis aux scientifiques les données relevées durant son tour du monde en 152 jours dans l’Océan Austral (lire Monaco Hebdo n° 1019). Ces échantillons de mer ont été prélevés dans le courant circumpolaire antarctique par ses soins à bord de l’OceanoScientific Explorer, un voilier monocoque de performance de 16 mètres. Ces données devraient permettent de combler de nombreuses lacunes dans le domaine de la recherche climatique. « L’océan Austral où a navigué l’OceanScientific Explorer absorbe une grande quantité de carbone anthropique (généré par l’homme) sous forme de CO2, décrit Patrick Farcy, directeur adjoint de l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer). Il est important de savoir si cette pompe fonctionne ou si elle a des ratés, comme au cours des années 90. » Un enjeu de taille, car selon Nicolas Metzl, directeur de recherche au Centre national de recherche scientifique (CNRS), « l’océan, par sa capacité à absorber chaque année environ 25 à 30 % des émissions anthropiques de CO2 et plus de 90 % de la chaleur en excès, joue un rôle crucial pour réguler la perturbation climatique. Sans ce puits de carbone océanique, la concentration de CO2 dans l’atmosphère serait beaucoup plus élevée aujourd’hui, conduisant à un changement climatique plus prononcé. » Le rôle de l’océan Austral dans ce processus est particulièrement important puisqu’il représente à lui seul « 40 % de la pompe de carbone océanique globale ». Les données recueillies pendant ce voyage devraient apporter de nombreuses réponses sur cette région du monde très peu visitée par les scientifiques en raison de très rudes conditions climatiques.

journalistSophie Noachovitch