Un homme hospitalisé en psychiatrie après avoir giflé un prêtre

Sophie Noachovitch
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Vendredi 9 juin, un individu s’en est pris au curé de l’église Sainte Dévote. Rapidement interpellé par la police, il a été hospitalisé au centre hospitalier Princesse Grace.

Il s’agirait d’un déséquilibré. Le parquet monégasque n’a livré quasiment aucune information sur l’homme qui a été hospitalisé au centre hospitalier princesse Grace (CHPG) de Monaco. Vendredi 9 juin, il est environ 18h30, quand cet individu entre dans l’église Sainte Dévote, un lieu qui est ouvert au public. Là, il se dirige vers le curé, l’abbé Jean-Christophe Genson, qui se trouve près de la sacristie et le submerge de questions concernant le Vatican. A ses côtés, le sacristain assiste à la scène. D’après Ferxel Fourgon, en charge du protocole et de la communication à l’archevêché de Monaco, le père Jean-Christophe Genson, « un très bon prêtre », a tenté de répondre gentiment à l’agité. « Mais l’homme en voulait à l’Eglise. Et il a giflé le prêtre et l’a menacé de mort », raconte Ferxel Fourgon. Une violence qui a laissé le curé quelque peu choqué. Par sécurité, il a été emmené à l’hôpital, mais il ne souffre d’aucune contusion.

Psychiatrie

Après la gifle, le sacristain prévient l’individu qu’il va appeler la sûreté publique. L’homme lui répond qu’il va attendre les policiers. Ces derniers n’ont plus qu’à le cueillir à leur arrivée, quelques instants plus tard. Présenté devant la justice, celui qui n’est ni Monégasque, ni résident, a été hospitalisé d’office en psychiatrie. « Dorénavant, il va falloir déterminer sa responsabilité, précise Cyrielle Colle, substitut du procureur général. Une expertise psychiatrique a été demandée, elle déterminera si des poursuites seront engagées. »

« Personnalités »

Si tel est le cas, l’acte de cet homme n’est pas anodin. « Une protection particulière est prévue par la loi pour un certain nombre de personnalités. Monaco étant un Etat catholique, s’en prendre à un prêtre est un fait grave », souligne Cyrielle Colle. A l’article 164 et suivants du code pénal monégasque, il est en effet précisé que « les violences ou voies de fait visées à l’article précédent et dirigées contre un officier ministériel, à un commandant ou agent de la force publique, dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de ses fonctions, seront punies d’un emprisonnement de six mois à trois ans et de l’amende prévue au chiffre 3 de l’article 26 », soit 9 000 à 18 000 euros. L’agression d’un prêtre constitue à la fois l’agression d’un officier ministériel et d’une personne chargée d’un service public. L’homme encourt également une exclusion du territoire monégasque de 5 à 10 ans.

 

journalistSophie Noachovitch