Plongée dans la Cité interdite

Sabrina Bonarrigo
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Du 14 juillet au 10 septembre, le Grimaldi Forum accueille sa traditionnelle exposition estivale. Au programme cette année : les secrets de la Cité interdite et la vie des empereurs et impératrices de Chine.

Si vous n’avez jamais visité la Cité interdite de Pékin, ou que vous voulez vous replonger dans l’histoire de cet emblème de la civilisation chinoise, rendez-vous cet été au Grimaldi Forum du 14 juillet au 10 septembre. Calligraphies impériales, peintures, céramiques, mobilier, jades, objets liturgiques… 250 pièces provenant de cet ancien palais impérial et de grands musées européens et américains seront présentées (1). Au-delà du « raffinement de la culture traditionnelle chinoise », c’est la vie des trois grands empereurs qui ont façonné la grandeur de la Chine que le public va découvrir : Kangxi (1662-1722) qui a régné 60 ans, son fils Yongzheng (1723-1735) dont le règne a duré 15 ans, et le petit-fils, Qianlong (1736-1795) qui a, lui aussi, régné 60 ans. « Ces 150 ans d’histoire condensent toute la puissance de la Chine d’un point de vue économique, militaire, artistique et culturel, explique Jean-Paul Desroches, commissaire de l’exposition. On part d’un empereur bâtisseur, à un empereur qui met en place l’administration, à un troisième qui porte le pays à son zénith. Cette grande stabilité est totalement exceptionnelle dans l’histoire. »

Intimité

Ce n’est pas la première fois que le Grimaldi Forum consacre une exposition à la civilisation chinoise. C’était déjà le cas en 2001 avec l’exposition La Chine du Premier Empereur. « Cette fois-ci, nous avons voulu entrer dans la vie très profonde et très personnelle de la cour impériale pour rendre le public complice. » Parmi les pièces phares de cette exposition, Jean-Paul Desroches évoque notamment un mythique paravent en laque de 16 panneaux, mesurant 10 mètres de long et « d’une finesse remarquable » qui n’est sorti de Chine qu’une fois, juste après sa restauration. C’était au Metropolitan Museum de New York. Autre pièce maîtresse : les fameux rouleaux des Concubines de l’empereur Yongzheng. « Je mentionnerai enfin cette grande peinture de près de 3,80 m de haut figurant la grand-mère de l’empereur Kangxi, l’impératrice Xiao Zhuang Wen. C’est une femme exceptionnelle d’origine mongole qui marque à jamais le destin des Qing en imposant son petit-fils comme empereur. »

(1) Musée Cernuschi, musée du Louvre, Victoria & Albert Museum de Londres, musées royaux d’Art et d’Histoire de Bruxelles, Arthur M. Sackler Gallery de Washington.

 

« Monaco présente son histoire à Pékin »

C’est une belle vitrine que va s’offrir Monaco à Pékin… Du 6 septembre à fin décembre 2018, l’histoire de la Principauté va en effet être dévoilée dans le très visité Meridian Hall de la Cité interdite via une exposition baptisée : Princes et princesses de Monaco, une dynastie européenne(1). « C’est le directeur de la Cité interdite lui-même qui nous a demandé que Monaco présente son histoire à Pékin », confie Catherine Alestchenkoff, directrice des évènements culturels du Grimaldi Forum. Dans un espace de plus de 1 500 m2, les visiteurs pourront découvrir la genèse de la dynastie des Grimaldi, depuis les origines italiennes jusqu’à l’avènement du prince Albert II. L’avènement de Monte-Carlo sous le règne de Charles III et bien sûr, les mariages princiers, seront également présentés. « Nous allons montrer des œuvres qui, pour l’essentiel, proviennent des collections du palais, mais aussi de la cathédrale, des différents musées et des archives audiovisuelles », précise Catherine Alestchenkoff. Le commissariat de l’exposition a été confié à Thomas Fouilleron, directeur des archives du palais.

(1) L’exposition sera inaugurée par le Prince Albert le 5 septembre 2018.

 

24 empereurs ont résidé à la Cité interdite

Avec environ 10 millions d’entrées par an, la Cité interdite de Pékin est le site le plus visité au monde. Cet ancien palais impérial s’étend sur 1 km du nord au sud, et de 780 mètres d’est en ouest. « C’est le centre névralgique de la Chine. Merveilleusement restauré, il est le palais ancien, le plus vaste et le mieux conservé », explique Jean-Pierre Descroches, commissaire de l’exposition. Si ce monument a été baptisé ainsi ce n’est pas un hasard : l’entrée était en effet strictement interdite à tout étranger au palais, et son organisation ressemblait à une ville en « miniature ». Entouré par un mur de sept à dix mètres de haut — lui-même cerné par des douves remplies d’eau, larges de 50 mètres — ce palais a été construit entre 1406 et 1420 par des centaines de milliers d’ouvriers esclaves. 24 empereurs des dynasties Ming et Qing y ont résidé pendant 500 ans. Tout s’est arrêté avec l’abdication du dernier empereur Puyi en 1912, dont l’histoire est racontée dans le célèbre film de Bernardo Bertolucci en 1987.

journalistSabrina Bonarrigo