L’Amref Monaco au chevet
des mères africaines

Anne-Sophie Fontanet
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L’association monégasque, antenne locale de l’ONG de santé publique en Afrique Amref Flying Doctors, lance l’opération #Make5Happen. Une récolte de fonds pour réduire la distance qui sépare les centres de santé des futures mères de l’Afrique subsaharienne.

200 000 décès chaque année de mères ou de nouveau-nés, dont 80 % évitables. La qualité de la santé maternelle et néo-natale en Afrique subsaharienne (hors Maghreb) est encore largement améliorable. Depuis 2011 et son opération Stand up for African Mothers, l’organisation non gouvernementale africaine Amref (1) lancée par trois chirurgiens il y a 60 ans au Kenya a formé 8 500 sages-femmes dans les lieux les plus isolés d’Afrique subsaharienne. Mais l’objectif, c’est de former 15 000 praticiennes. « On souhaite réduire de 25 % la mortalité infantile. Investir dans la formation locale, ça veut dire former de manière durable et pérenne » insiste Silvia Tolve, directrice de l’African Medical and Research Foundation (Amref) Monaco. La plupart des décès concernent des très jeunes adolescentes, à partir de 14 ans, qui subissent des mariages précoces. « Leur organisme n’est pas prêt à une grossesse suivie de plusieurs accouchements. Le rôle de la sage-femme est alors primordial. Elle intervient pour faire de l’information de santé sexuelle et reproductive car il y a une méconnaissance totale des dangers encourus. » Avec #Make5Happen, l’ONG relance son plaidoyer en faveur des futures mères africaines isolées. « Aujourd’hui, 5 kilomètres, ce n’est pas du tout la distance que doivent parcourir femmes et enfants pour atteindre un centre de santé. C’est plutôt trois à quatre fois plus » souligne Silvia Tolve.

Communication positive

Lancée simultanément en France et en Principauté le 19 mai dernier, l’opération caritative propose à tout un chacun de participer grâce à l’achat d’un bracelet customisé de naissance à 1 euro pièce. « On s’adresse au grand public, aux entreprises, aux fondations privées et aux institutions. D’ici un an, on reliera toutes les chaînes solidaires pour voir si l’on atteint ces 5 km symboliques. » Par cette action, l’ONG espère récolter 66 000 euros intégralement destinés au financement de la formation de sage-femmes. Si la beauté de l’enjeu ne fait aucun doute, comment arriver à mobiliser la population monégasque face à cette problématique de santé ? À l’Amref Monaco, on a choisi d’établir une communication positive pour parer à celle « misérabiliste » réalisée sur l’Afrique depuis de trop nombreuses années. « Ces messages redondants ne servent à rien, car on n’a plus forcément envie d’aider en ne voyant pas de retour. Ce qu’on souhaite faire avec l’Amref, c’est de montrer des résultats concrets. L’objectif est ambitieux mais avec les années, on peut suivre la progression effective » abonde la directrice monégasque.

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© Photo AMREF Monaco

Partenariats

En Principauté, l’initiative portée depuis 2002 par l’architecte italien et résident monégasque Riccardo Arvati s’attache essentiellement à communiquer sur les besoins et projets du siège social africain. Président de l’Amref Monaco, il a contribué bénévolement à la construction d’hôpitaux au Kenya. Parmi les missions de l’ONG figurent le traitement et la prévention des principales épidémies, l’amélioration de la santé publique, la formation de personnel de santé ainsi que la santé scolaire avec l’accès à l’eau et à l’hygiène à l’école. 19 bureaux dans le monde portent le message. Et sur les 1 300 salariés de l’ONG, 97 % sont Africains. Les antennes internationales font office d’appui technique. Dans cette bataille, l’Amref Monaco a décidé de s’allier ponctuellement avec plusieurs fondations locales comme celle de la Princesse Charlène. L’Afrique du Sud, pays natal de l’épouse du Prince, est le pays le plus touché par le virus du sida et subit un taux de mortalité infantile très élevé. D’autres partenariats lient l’Amref Monaco à la fondation Princesse Grace, la fondation Stavros Niarchos et la direction de la coopération internationale de Monaco.

(1) Association pour la médecine et la recherche en Afrique

journalistAnne-Sophie Fontanet