Didier Gamerdinger
nommé aux affaires sociales

Anne-Sophie Fontanet
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L’ancien conseiller du Prince Albert a remplacé le 1er juin Stéphane Valeri, démissionnaire, au poste de conseiller de gouvernement pour les affaires sociales et la santé.

La nouvelle était attendue. Elle est finalement intervenue à la veille du 75ème Grand Prix de Monaco, mercredi 24 mai, par un communiqué succinct du palais princier. Depuis le 1er juin, c’est Didier Gamerdinger qui exerce les fonctions de conseiller de gouvernement pour les affaires sociales et la santé. Stéphane Valeri avait présenté sa démission du gouvernement au Prince Albert II, qui l’a acceptée. Dans un communiqué, celui qui a occupé le poste pendant sept années explique prendre un « nouveau tournant » pour « rejoindre le monde l’entreprise en intégrant une société de communication ». On lui prête aussi des intentions politiques en vue des élections nationales de 2018. « J’ai donné le meilleur de moi-même », assure Valeri, fier d’avoir pu « maintenir et faire progresser le modèle social monégasque ». Avant même de connaître le nom de son successeur, Stéphane Valeri lui assurait de son soutien. « Mon successeur pourra apporter un regard neuf. » Réforme du régime des retraites du secteur privé, lois sur le handicap et sur le télétravail, mais surtout, chantier du futur hôpital… Plusieurs dossiers importants se sont retrouvés sur la table du conseiller qui les a donc transmis à Didier Gamerdinger, laissant à Stéphane Valeri la possibilité d’ouvrir « un nouveau chapitre dans sa vie ».

Tour de France

Très discret, Didier Gamerdinger, 57 ans, est père de deux enfants. Il est marié avec Françoise Gamerdinger, adjointe au maire de Monaco et directrice adjointe aux affaires culturelles. Cette nomination fait donc la fierté de sa famille. Cela fait pourtant bien longtemps qu’il œuvre pour la Principauté. Après des études en droit public et en droit international public et privé, il achève son cursus en 1989 par une thèse sur les formes nouvelles ou renouvelées du protectionnisme étatique. Sa formation s’enrichit grâce au diplôme obtenu 10 ans plus tard, en 1999, lors de la sixième session de formation régionale de l’Institut des Hautes Etudes de la Sécurité Intérieure du ministère français de l’Intérieur. Des enseignements qui guident naturellement Didier Gamerdinger vers le palais de justice de Monaco comme greffier, avant de rejoindre plus durablement le département monégasque de l’Intérieur. En huit ans, il y évolue à de nombreux postes, de secrétaire en chef à directeur général. Avant de quitter ce département, Didier Gamerdinger pilote le comité d’organisation du Tour de France 2009. Cette première étape le 4 juillet, un contre la montre entre la France et Monaco, nécessitait une grosse préparation. Les défis à relever : accueillir 650 journalistes, 4 500 suiveurs du Tour, ainsi que 20 équipes cyclistes tout en assurant le « caractère festif et populaire de l’événement ».

Voile

Cette bonne gestion a sans doute contribué à propulser Didier Gamerdinger comme conseiller du Prince, notamment en charge des questions liées à l’Intérieur et aux affaires sociales, dès le 1er novembre 2009. Officier de l’Ordre de Saint-Charles et de l’ordre du mérite de la République française, c’est aussi un amateur de sport. Membre de l’équipe monégasque olympique de voile, il avait participé à 28 ans aux Jeux Olympiques (JO) de Séoul (Corée du Sud) en 1988, disputant six courses. Depuis les années 90, il cumule différents postes comme membre de conseil d’administration — au centre scientifique ou au centre hospitalier Princesse Grace (CHPG) — dont il devient le directeur par intérim quelques mois en 1999. Dorénavant en charge des questions sociales et de santé, il retrouvera des équipes qu’il connaît bien, pour préserver le système de soin monégasque.

 

A l’USM, on a hâte de le rencontrer

La nouvelle de la nomination de Didier Gamerdinger est prise avec autant de prudence que d’intérêt du côté de l’Union des syndicats de Monaco (USM). « Nous espérons une rencontre rapide, car nous ne le connaissons pas », explique Olivier Cardot, secrétaire général adjoint de l’USM. Jeudi 8 juin, accompagné d’une délégation, Olivier Cardot apportera les 10 000 signatures d’une pétition pour le maintien des salariés partant à la retraite dans le régime des caisses sociales monégasques (CCSS). Les priorités sociales que l’USM veut mettre en avant : le licenciement pour faute, le contrat de travail, l’application des grilles de salaire à Monaco ou encore le travail non déclaré. Car si le secrétaire général adjoint de l’USM met en avant des « échanges cordiaux » avec Stéphane Valeri, il reste amer face à l’absence de grands textes de progrès social en 7 ans. « Il s’était par exemple engagé à combattre l’absence de motivation pour les licenciements. Ça n’a pas été du tout le cas », reproche Olivier Cardot. L’USM attirera donc l’attention du nouveau conseiller pour espérer faire bouger les lignes. Sollicité par Monaco Hebdo, la fédération patronale de Monaco (Fedem) n’a pas souhaité répondre à nos questions.

 

journalistAnne-Sophie Fontanet