Une native de Monaco dans
le gouvernement Macron

Anne-Sophie Fontanet
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À 53 ans, Frédérique Vidal est la nouvelle ministre de l’enseignement supérieur. Née en Principauté, cette ancienne présidente de l’université de Nice-Sophia-Antipolis s’était confiée à Monaco Hebdo en juin 2012.

C’était l’une des promesses du président Macron : intégrer des membres de la société civile dans le gouvernement. C’est désormais chose faite avec Frédérique Vidal, nommée à 53 ans ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation. Une femme que le département des Alpes-Maritimes connaît bien puisqu’avant d’arriver à la rue Descartes à Paris, Frédérique Vidal présidait depuis avril 2012 l’université de Nice-Sophia-Antipolis (UNS). À Monaco aussi, cette universitaire pur jus, spécialiste de la génétique moléculaire n’est pas une inconnue. Née en Principauté le 6 mai 1964, cette mère de deux enfants n’a rien oublié de ses jeunes années monégasques : « Monaco m’a beaucoup apporté en termes de construction personnelle. J’ai bénéficié d’un système éducatif d’excellente qualité, qui m’a donné un réel goût de l’effort. J’ai bâti sur du roc », déclarait-elle à Monaco Hebdo, quelques semaines après sa nomination à l’UNS. Si Frédérique Vidal a fait de brillantes études universitaires — maîtrise de biochimie, DEA à l’Institut Pasteur (option virologie fondamentale) et doctorat en sciences de la vie — c’est donc à Monaco qu’elle a passé une partie de sa vie. Un beau parcours pour celle qui disait vouloir devenir… « pasteure ».

Dossier brûlant

Mais sa tâche dans ce ministère ne sera pas de tout repos. Sa nomination suscite en effet de fortes attentes au sein de la communauté universitaire mais aussi auprès des organisations étudiantes qui l’attendent au tournant. En particulier sur un sujet brûlant : le tirage au sort au sein des universités. Depuis plusieurs années, pour départager les trop nombreux candidats à l’entrée de certaines filières universitaires surchargées – notamment en sciences et techniques des activités physiques et sportives (Staps) –, un tirage au sort est en effet effectué. Dans l’entre-deux-tours de l’élection présidentielle, cette pratique a même été gravée dans le marbre via une circulaire publiée en catimini. Aussitôt publiée, aussitôt décriée… Le 9 mai, un collectif d’étudiants baptisé “Tiré au sort” a lancé une pétition dont le titre est sans équivoque : « Le hasard ne décidera pas de mon avenir ! ». Celle qui succède à l’ex- secrétaire d’Etat Thierry Mandon, a en tout cas assuré qu’elle allait rencontrer au plus vite les organisations étudiantes sur ce dossier.

« Âge adulte »

Autre certitude : pour cette généticienne qui a effectué la quasi-totalité de son cursus dans l’université niçoise, l’enseignement universitaire reste une force : « Je conseille aux futurs bacheliers qui rejoindront les bancs de l’université de prendre la mesure de ce qu’est l’enseignement universitaire, déclarait-elle dans Monaco Hebdo. On a beaucoup de liberté et en même temps, on apprend à être responsable. Il faut qu’ils restent concentrés sur leurs études. Qu’ils ne se découragent pas. Ce n’est pas parce qu’on a raté un semestre que l’on a raté ses études. L’université apporte une chose qui apparaît comme un ingrédient nécessaire à la vie professionnelle : l’adaptabilité. Le passage à l’âge adulte est retardé quand on est en classe prépa, en BTS ou en IUT car on est davantage dans un format lycée ». Frédérique Vidal avait aussi marqué les esprits en s’opposant à la circulaire Guéant publiée en mai 2011. Celle-ci concernait les étudiants étrangers non ressortissants de l’Union européenne (UE) qui souhaitaient poursuivre leur séjour en France par une première expérience dans le monde professionnel. Ce texte prévoyait de leur interdire l’accès au marché du travail, quel que soit leur niveau de qualification, et de les expulser vers leurs pays d’origine. Elle avait alors exprimé son attachement à un « enseignement supérieur sans frontières ».

Les dates-clés :

1995 : maître de conférences à l’université de Nice Sophia-Antipolis

Dès 2004, professeur des universités en sciences de la vie

19 avril 2012 : élection comme présidente de l’Université Nice Sophia-Antipolis

Mars 2015 : création d’Université Côte d’Azur (UCA) dont elle est membre fondateur

19 avril 2016 : réélection pour un second mandat de présidente de l’Université Nice Sophia Antipolis

20 juillet 2016 : élection comme vice-présidente formation d’Université Côte d’Azur (UCA)

Frédérique Vidal est également membre du conseil d’administration d’Observatoire Côte d’Azur (OCA) et membre du conseil d’administration de l’École normale supérieure (ENS) de Lyon.

 

journalistAnne-Sophie Fontanet