Lutte contre la dyslexie
Monaco déploie son arsenal

Raphael Brun
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Comment la Principauté fait-elle face à la dyslexie ? C’est la question que Monaco Hebdo a posé au directeur de l’Éducation nationale, de la jeunesse et des sports, Isabelle Bonnal.

« La dyslexie a toujours existé. » C’est le docteur Catherine Billard qui parle. Dans l’interview qu’elle nous a accordée (voir les pages suivantes), cette experte rappelle qu’il est important de ne pas oublier qu’il n’existe pas une seule dyslexie, mais « des milliers de cas différents ». Comme n’importe quel autre la pays, la Principauté est touchée par ce trouble d’acquisition de la lecture. « Rapporté au nombre d’élèves scolarisés à Monaco, le pourcentage d’élèves dyslexiques est de 2,6 %. Un taux qui se situe parfaitement dans la fourchette de la prévalence mondiale pour ce trouble, qui est de 2 à 10 % selon les études », indique le directeur de l’Éducation nationale, de la jeunesse et des sports (DENJS), Isabelle Bonnal.

Dépistage

L’un des enjeux principaux reste bien sûr le dépistage des enfants touchés par ce trouble. Car plus tôt le problème est détecté et plus les solutions mises en place peuvent se révéler efficaces. « Dépister le plus tôt possible les troubles de l’apprentissage est une démarche indispensable à la poursuite d’une scolarité harmonieuse. Les professeurs de l’enseignement primaire de la Principauté sont bien entendu formés au repérage des signaux d’alerte relatifs aux troubles du langage, raconte Isabelle Bonnal. Ils sont donc compétents pour observer et repérer chez un élève certaines difficultés qui persistent à la fin de la classe du cours préparatoire (CP), malgré les remédiations entreprises en classe. » Inversions, ajouts ou tendance forte à confondre certaines lettres, difficultés à comprendre un texte, à le recopier ou à mémoriser les mots et leur orthographe… Autant de signes qui peuvent être révélateurs d’une dyslexie. Autre outil de dépistage mis en place par la DENJS : une série d’évaluations réalisées à différents moments de la scolarité, en grande section de maternelle, en cours préparatoire et en cours moyen 2ème année.

« Remédiation »

Mais si les professeurs peuvent repérer certaines difficultés, ils ne peuvent pas poser un diagnostic de dyslexie. Ils peuvent simplement conseiller à la famille de consulter un médecin. « Au besoin, le médecin pourra proposer aux parents un bilan complet accompagné, parfois, de séances de remédiation adaptées auprès d’un spécialiste : orthophoniste, pédopsychiatre, neurologue… », souligne Isabelle Bonnal. Ce qui n’empêche pas la DENJS de proposer un accompagnement spécifique. En clair, le professeur va mettre en place une pédagogie individualisée, afin d’apporter une aide ciblée, adaptée à l’élève. Un enseignant de soutien, rattaché à l’établissement scolaire de l’enfant concerné peut aussi être sollicité. L’objectif est alors d’aider l’élève en difficulté à « développer certaines compétences, soit en relation duelle avec l’enseignant de soutien ou soit au sein d’un petit groupe d’élèves. » Après avoir été évalué, un élève peut se voir offrir la possibilité d’intégrer un programme personnalisé intitulé « Réussite des élèves ». Consacré aux enfants en difficulté dans le domaine du langage écrit, ce programme a pour objectif de les aider en misant sur des activités et des outils pédagogiques différents.

Dispositifs

Si le diagnostic de dyslexie est confirmé par un médecin, la famille de l’élève peut demander au médecin-inspecteur des scolaires qu’un projet d’accueil individualisé (PAI) soit proposé à son enfant. Ce PAI permet de définir une série d’aménagements consentis au sein de la classe : « L’élève peut bénéficier de résumés des cours pour soulager sa prise de note. Lors de la passation des évaluations un tiers-temps peut lui être accordé pour compenser sa lenteur. Pour les devoirs à la maison, il peut avoir moins d’exercices à faire », détaille Isabelle Bonnal. Mais ce n’est pas tout. Car, si le PAI s’avère insuffisant, deux autres dispositifs existent en Principauté. Le premier, le dispositif d’éducation de scolarisation individualisé (DESI), peut s’appliquer aux enfants souffrant d’une dyslexie sévère, accompagnée d’autres troubles (voir notre encadré). Le DESI permet la mise en place d’un emploi du temps spécialement aménagé, avec des plages horaires centrées soit sur la pédagogie, soit sur l’accompagnement éducatif. Le tout est réalisé en partenariat avec les directions et les structures qui dépendent du département des affaires sociales et de la santé, dans un lieu extérieur à l’école. Le deuxième dispositif est un accompagnement par une auxiliaire de vie scolaire (AVS) afin de soulager l’élève face à un déficit de concentration, de mémorisation ou d’écriture.

Logiciels

Des évaluations régulières permettent ensuite de vérifier si l’enfant réalise ou non des progrès. « Ces ajustements, ainsi que la mise en œuvre de nouvelles stratégies selon les circonstances, sont effectués en parfaite concertation avec les familles et les services partenaires relevant de l’autorité du département des affaires sociales et de la santé, intervenants auprès de l’élève : inspection médicale des scolaires, direction de l’action et de l’aide sociales, centre hospitalier Princesse Grace… », précise le directeur de DENJS. En Principauté, la stratégie consiste donc à offrir une réponse la plus individualisée possible. Parmi les objets susceptibles d’aider les enfants qui souffrent de dyslexie, les outils numériques sont très appréciés par les enseignants et les médecins. Tablettes tactiles, ordinateurs équipés de correcteurs d’orthographe et de logiciels capables de lire des textes et même stylo qui parle… Les solutions techniques se multiplient, dans un secteur qui a souvent été rattrapé par une logique mercantile. Mais business ou pas, ces « béquilles » technologiques semblent efficaces.

Retour

Pour les cas les plus délicats, et lorsqu’une scolarisation en classe ordinaire n’est plus suffisamment efficace malgré les dispositifs individualisés, la DENJS a imaginé une autre possibilité : « Les classes d’adaptation du collège Charles III vont être repositionnées pour accueillir spécifiquement des élèves ayant des difficultés scolaires importantes, consécutives à des troubles des apprentissages très sévères, et notamment la dyslexie », révèle Isabelle Bonnal. En outre une classe d’adaptation sera créée dans le primaire. Objectif : assurer une réelle continuité du CM1 à la 6ème. « Les élèves dyslexiques des classes d’adaptation de l’enseignement primaire et secondaire, victimes de difficultés d’écriture ou de lecture, pourront être pris en charge par des enseignants spécialisés, spécialement formés, dans le cadre de groupes restreints, avec une dizaine d’élèves au maximum », détaille le directeur de la DENJS. Si le programme restera le même que dans les classes « traditionnelles », l’approche pédagogique sera « beaucoup plus différenciée » pour répondre le plus finement possible aux besoins de chaque enfant dyslexique. Un retour dans une classe « traditionnelle » restera toujours possible. « Cela sera par exemple le cas pour un élève souffrant de dyslexie, en difficulté dans l’apprentissage du français mais particulièrement performant dans les disciplines scientifiques. Au terme de l’année scolaire, l’équipe pédagogique examinera la pertinence de la poursuite de ce dispositif ou d’un retour éventuel en classe « traditionnelle », en fonction de l’évolution de l’élève et de ses besoins », conclut Isabelle Bonnal.

 

Quels sont les différents troubles « dys » ?

« La dyslexie fait partie des troubles de l’apprentissage, au même titre que la dysphasie, la dyspraxie, la dyscalculie et des troubles du déficit de l’attention, parfois accompagnés d’hyperactivité. Chaque trouble « dys » touche une fonction cognitive particulière », explique le directeur de l’Éducation nationale, de la jeunesse et des sports, Isabelle Bonnal.

• la dysphasie : affecte de façon très précoce le langage oral.

• la dyspraxie : rend difficile l’automatisation des gestes.

• la dyscalculie : se caractérise par un trouble de l’organisation spatiale, de la logique.

• la dyslexie : impacte le langage écrit (difficultés à lire, à comprendre les écrits, à mémoriser les mots, à acquérir les règles d’orthographe…).

Ces troubles des apprentissages peuvent se combiner à d’autres. « Comme la perte de confiance en soi, une anxiété récurrente, des troubles de la mémoire, voire une certaine agressivité », ajoute Isabelle Bonnal. R.B.

 

La dyslexie reconnue comme un handicap

L’article 1er de la loi 1 410 du 2 décembre 2014 sur la protection, l’autonomie et la promotion des droits et des personnes handicapées, détaille la notion de handicap : « toute limitation d’activité ou restriction de la participation à la vie en société subie dans son environnement par une personne en raison soit d’une altération substantielle, durable ou définitive d’une ou plusieurs de ses fonctions physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou psychiques, soit d’un trouble de santé invalidant. » Du coup, la dyslexie peut donc être reconnue comme un handicap. « Comme les troubles spécifiques des apprentissages en général, et la dyslexie en particulier, sont dus à des altérations d’une ou de plusieurs fonctions cognitives, ils peuvent donc faire l’objet d’une reconnaissance de handicap, après examen de la situation par la commission d’évaluation du handicap (CEH), sur demande de l’élève concerné s’il est majeur ou de sa famille s’il est mineur », explique le directeur de l’Éducation nationale, de la jeunesse et des sports (DENJS), Isabelle Bonnal. Cette demande doit être formulée auprès de la direction de l’action et de l’aide sociales de la Principauté. R.B.

 

« La dyslexie a toujours existé »

De plus en plus d’enfants souffrent de dyslexie. Pourquoi ? Et que faire ? Interview du docteur Catherine Billard, auteur d’un livre (1) sur ce sujet. Propos recueillis par Raphaël Brun

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L’origine de ce livre ?

J’ai souhaité transmettre tout ce que j’ai appris dans les 20 dernières années de ma vie de neuropédiatre. J’ai travaillé sur les troubles de l’apprentissage, notamment en dirigeant un centre référent à Paris. Ce qui m’a permis de multiplier les contacts avec des enfants, leurs familles, mais aussi avec des chercheurs.

Qu’est-ce que la dyslexie ?

C’est un trouble d’acquisition de la lecture chez l’enfant qui a la particularité d’être isolé. Ce problème durable ne s’explique pas par une déficience mentale, ni par un problème psychiatrique ou par un problème sensoriel.

À partir de quel seuil peut-on considérer qu’un enfant est dyslexique ?

C’est complètement arbitraire. Car selon la difficulté des tests que l’on fait faire à un enfant, on peut discerner un nombre plus ou moins important de dyslexiques.

Mais des estimations existent !

Selon les tests pris en compte, on peut passer de 5 % à 20 % de la population… Mais on peut dire que la dyslexie touche environ 5 % de la population.

Comment évolue le nombre de dyslexiques ?

Le nombre de ce que l’on appelle les « faibles lecteurs » augmente dramatiquement. Dans les quartiers défavorisés, une enquête récente montre que 15 à 20 % des enfants de CM1 ne sont pas capables de résumer un texte qu’on leur a lu à haute voix.

Quel est le lien entre quartiers défavorisés et dyslexie ?

Quand on est pauvre, toute fragilité s’aggrave. Et c’est dramatique. Dans les écoles du nord de Paris, on a des enfants issus de milieux défavorisés qui arrivent au CP sans connaitre leurs lettres. Les aides aux devoirs sont souvent faites avec beaucoup de bonne volonté, mais parfois n’importe comment. Dans ces écoles-là, il y a 20 à 25 % d’enfants en difficulté.

Donc Monaco est moins concerné par la dyslexie ?

Monaco n’est pas préservé de la dyslexie. Mais la Principauté devrait théoriquement être préservée de la dégradation de son niveau scolaire.

L’approche de la dyslexie évolue ?

En France, on avait un peu le fantasme que le « vrai » dyslexique nécessite forcément de faire appel à un orthophoniste et qu’il y a des anomalies neuronales dans le cerveau. Alors que ceux que l’on appelle les « faibles lecteurs », souvent issus de milieux défavorisés, de milieux socioculturels pauvres, ont surtout besoin d’un enseignant compétent. Or, les idées évoluent peu à peu sur la dyslexie. En avril 2014 a été publié aux Etats-Unis le très bon livre The dyslexia debate (Le débat sur la dyslexie) de Julian Elliott et Elena Grigorenko (2). Ce livre montre que le mot dyslexie recouvre un concept assez flou et bouscule toutes les idées en place en les remettant une à une en question.

On a l’impression qu’autrefois il y avait beaucoup moins de dyslexiques : on n’en fait pas un peu trop aujourd’hui autour de ce problème ?

On en fait beaucoup et on a raison, parce que c’est une catastrophe. D’ailleurs, il faudrait aussi en faire beaucoup avec le calcul, parce que c’est une aussi une catastrophe… Pas une catastrophe qui nous menace, mais qui nous envahit. Les dyslexiques ont toujours existé. Mais c’est vrai qu’avant, ils étaient moins détectés. En France, le plan Langage 2000 a changé les choses.

Quelle est l’origine de la dyslexie ?

Dans le cas d’un enfant qui souffre d’une dyslexie très nette et qui va en garder des séquelles, l’origine du problème provient, selon certaines hypothèses, d’un dysfonctionnement des neurones. En particulier d’une zone que l’on appelle l’aire visuelle de la lecture. Des hypothèses montrent qu’il pourrait s’agir d’hétérotopies neuronales, c’est-à-dire des neurones qui ne seraient pas à leur place. Mais il est possible que d’autres explications, dont les causes sont plus mystérieuses, existent.

Les conséquences ?

Quand on est dyslexique, il est très compliqué d’apprendre l’anglais. Parce que l’anglais n’est pas une langue transparente. En effet, le « y » du mot « sky » se prononce « aille », alors que le « y » du mot « pretty » se prononce « i ».

Certains parlent aujourd’hui d’un risque de discrimination par le langage, la glottophobie (3) ?

C’est un risque, en effet. Et c’est un risque qu’il faut combattre.

La dyslexie est reconnue comme un handicap depuis 1993 par l’OMS, mais ce n’est pas le cas en France ou à Monaco ?

La dyslexie est reconnue comme une situation de handicap. Parce que l’objectif, c’est précisément que les dyslexiques ne soient pas handicapés. Tout dépend de la sévérité de la dyslexie. Car il n’y a pas un cas unique, mais des milliers de cas différents. Pour une dyslexie sévère, on peut faire une demande de saisine de handicap.

Et la dyslexie chez les adultes ?

Les adultes peuvent être victimes de séquelles liées à la dyslexie. Dans certains cas, ils peuvent être aidés, par exemple par des correcteurs orthographiques. Mais chez les adultes, cela entraîne parfois des situations où l’on ne comprend pas pourquoi une personne fait beaucoup de fautes d’orthographes. Alors que l’explication, c’est tout simplement que la personne est dyslexique.

A partir de quel âge, la dyslexie est-elle diagnostiquée ?

On ne peut diagnostiquer la dyslexie qu’après le début de l’apprentissage de la lecture. Donc à partir du CE1, à 7 ou 8 ans.

Ce trouble peut se résoudre ou reste-t-on dyslexique toute sa vie ?

Ça dépend des enfants. D’ailleurs, dans la littérature internationale sur le sujet, on ne parle plus de dyslexie mais de « trouble spécifique du langage écrit ». Les 5 à 6 % de personnes touchées gardent en général une fragilité sur la vitesse de lecture et sur l’orthographe. Mais cette fragilité peut être compensée. Ils auront du mal à lire du Marcel Proust (1871-1922), mais ils ne seront pas forcément gênés dans leur vie professionnelle.

C’est pour se rassurer que l’on rappelle souvent que des gens comme John Fitzgerald Kennedy (1917-1963), Bill Gates ou Tom Cruise sont dyslexiques ?

Pas du tout. Il y a des situations handicapantes qui génèrent une énergie extraordinaire. Il est donc tout à fait possible d’être dyslexique et de mener une grande carrière.

Quelles sont les méthodes employées pour atténuer ce trouble ?

Les méthodes miracles, il faut oublier. Car chaque enfant a ses difficultés particulières dans le fonctionnement de la lecture. Mais globalement, la prise en charge de la dyslexie suppose une prise en charge pédagogique dès le CP, dès que l’on constate qu’un enfant a des difficultés pour lire. Si ces difficultés persistent, il faut mettre en place une rééducation orthophonique de qualité, suffisamment intensive et évaluée.

À quel rythme faut-il faire cette rééducation orthophonique ?

Quand un enfant a des difficultés, il faut bien comprendre qu’une seule séance de 30 minutes par semaine, il sera compliqué d’avoir de bons résultats. Donc, en fonction de la sévérité de la dyslexie, il faut compter au minimum deux séances par semaine. Idéalement, il faut aussi établir un lien avec le travail réalisé à l’école, ce qui permet de gagner en efficacité.

Des outils d’aide se multiplient, comme CPen qui a créé un stylo électronique qui lit à haute voix les textes difficiles à déchiffrer pour les personnes dyslexiques : ça marche ?

Ce stylo est peut-être nouveau, mais le retour vocal existe depuis longtemps, notamment sur les ordinateurs. Ce système est une compensation et c’est très utile. Un stylo qui permet de lire les énoncés des problèmes mathématiques pour des enfants de CM1 qui souffrent de dyslexie, ce devrait être la règle.

Pourquoi ?

Parce que cela permet à l’enfant de travailler sa lecture. Comme l’enfant lit moins vite que les autres, il faut lui éviter de lui ajouter des difficultés de lecture à résoudre, en plus du problème mathématique. Sans oublier les difficultés d’orthographe lorsqu’il devra écrire pour répondre au problème posé.

Il faut faire suivre un enfant dyslexique par un neuropsychologue ?

Ce n’est pas forcément obligatoire, mais il y a une place pour le bilan neuropsychologique. Il existe des tests qui permettent de savoir si un enfant qui a des difficultés en lecture raisonne par ailleurs très bien sur le plan non verbal ou s’il a un bon niveau de langage oral. Si c’est le cas et que l’enfant évolue bien, qu’il est bien pris en charge, il n’est pas forcément obligatoire de chercher à mesurer son quotient intellectuel (QI).

Dans quels cas faut-il faire appel à un neuropsychologue alors ?

En cas de dyslexie sévère, s’il y a des doutes sur un certain nombre d’éléments au niveau du raisonnement, du langage oral ou de l’attention, il est intéressant de faire une évaluation sur le plan neuropsychologique.

Quels sont les autres troubles associés à la dyslexie ?

Ce n’est pas obligatoire, mais d’autres troubles peuvent venir s’ajouter à la dyslexie. Environ 30 % des enfants dyslexiques ont aussi des difficultés en calcul. Il peut aussi y avoir des problèmes sur le lien entre le langage écrit et le langage oral. Enfin, il faut aussi citer les dyslexies associées à des difficultés psychoaffectives ou à des troubles de l’attention.

Comment agir dans ces cas plus complexes ?

Il faut tout simplement commencer par traiter les troubles qui gênent le plus l’enfant.

En combien de temps peut-on espérer avoir des résultats qui permettent de sortir de la dyslexie ?

Pour une dyslexie « normale », l’orthophonie devrait régler le problème en 12 à 18 mois, à raison de deux séances par semaine. Mais il faut ensuite suivre l’enfant. Et dans les cas de dyslexie plus sévère, il faut compter plus de deux ans d’orthophonie, toujours à un rythme d’au moins deux fois par semaine.

On a aussi l’impression que la dyslexie est devenue un business, avec une explosion du nombre de livres et d’applications numériques sur ce sujet ?

C’est en effet devenu un véritable business. Il suffit de regarder ce que font certains, comme Prodys, qui traite la dyslexie avec des semelles orthopédiques… Mais avec un peu de bon sens, on peut assez facilement les éviter.

 

(1) Dyslexie et troubles associés, on s’en sort ! de Catherine Billard (Tom Pousse), 256 pages, 19 euros.
(2) The Dyslexia Debate (Le débat sur la dyslexie), de Julian Elliott et Elena Grigorenko (Cambridge University Press), 39 euros.
(3) La glottophobie regroupe les discriminations linguistiques, c’est-à-dire tout ce qui exclut ou stigmatise une personne pour des raisons linguistiques. Les usages de la langue et la manière dont on s’en sert peuvent asseoir une certaine forme de domination.

journalistRaphael Brun