« Faire revivre cet esprit
littéraire en Principauté »

Raphael Brun
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Ancien journaliste, rédacteur en chef à RMC et TMC et auteur de romans, Bernard Spindler est décédé le 24 mars dernier. Son avocat et ami, Stéphane Loisy, a décidé de lancer une association littéraire autour de cette personnalité des médias.

Bernard Spindler avait fait ses débuts à RMC dans les années 60, avant de rejoindre TMC. « Il a commencé sa carrière dans le domaine du spectacle et surtout des sports. En particulier le sport automobile, dont il était l’un des plus éminents spécialistes », raconte Stéphane Loisy, avocat et ami de Bernard Spindler. Au fil du temps, Spindler a gravi les échelons, passant de chef du service des sports de RMC à rédacteur en chef des informations de cette même radio. En parallèle, ce journaliste a écrit une dizaine de livres, des ouvrages variés allant de l’essai sportif au livre historique, en passant par le roman.

« Mémoire »

Très vite, l’idée de créer une association autour de ce journaliste et écrivain a vu le jour. « Ses amis, présents lors de la messe qui a eu lieu à la cathédrale de Monaco, ont eu collectivement envie de fédérer la mémoire de Bernard et de faire vivre son souvenir, tout simplement. Nous avons commencé à nous envoyer des ouvrages écrits par Bernard. Et, naturellement, nous nous sommes dits que le principe associatif serait parfaitement adapté à cette communication et à ces échanges autour de l’œuvre de Bernard », raconte Loisy. L’association des amis de Bernard Spindler a donc été lancée. Aujourd’hui, elle regroupe une partie de ses proches, comme Brigitte Boni de Monseignat, Frédéric Laurent, Joëlle Deviras, Caroline Avon, Anthéa Sogno, Jacques Spindler et Stéphane Loisy bien sûr. Et la liste des adhérents augmente au fil du temps, assure ce dernier.

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« Dispersée »

« L’œuvre littéraire de Bernard est un fondement évident de l’existence de cette association. Cette oeuvre, variée et dense, est peu connue du grand public et des Monégasques. Elle est dispersée entre plusieurs maisons d’édition, dont certaines ne sont plus en activité. Il me semble important que cette oeuvre puisse continuer à circuler et être mieux connue du grand public », ajoute Stéphane Loisy. Du coup, cette association proposera « à moyen terme » l’organisation de conférences et des rencontres autour de « thématiques qui auraient suscitées l’intérêt de Bernard Spindler ». Il est aussi question de la création d’un prix des amis de Bernard Spindler, comme le confirme Loisy : « Chaque année, les membres de l’association pourraient, après délibération, remettre un prix à un ouvrage journalistique, romanesque ou historique, dont la valeur serait significative. Les idées ne manquent pas, il reste à les mettre en œuvre. »

« Romans »

L’association des amis de Bernard Spindler pousserait donc à voir un peu plus la Principauté comme un lieu de littérature. « Monaco a été une place littéraire importante dès la création des éditions du Rocher, en 1943, une maison historique dont j’ai eu le privilège d’être l’avocat pendant une dizaine d’années et d’en être également l’un des directeurs de collection. C’est d’ailleurs au sein de cette belle maison que j’ai rencontré Bernard en 2004, au moment où il écrivait ses premiers romans », raconte Stéphane Loisy, qui évoque aussi l’ancien dirigeant des éditions du Rocher, Jean-Paul Bertrand, qui a ensuite lancé les éditions Alphée, toujours en Principauté. « À la suite de la disparition de Jean-Paul Bertrand, les éditions du Rocher ont été rachetées et elles ont perdu leur identité monégasque, tandis que les éditions Alphée ont déposé le bilan », ajoute Loisy.

« Romart »

Résultat, Monaco par où sont notamment passés des auteurs comme Jean Cocteau (1889-1963) ou Léo Ferré (1916-1993), s’est retrouvé sans éditeur notable. Seule exception : « Les éditions Romart, une vieille maison niçoise, qui ont été rachetées par l’un de mes clients monégasques et que nous avons redeveloppées ensemble pendant quatre années. Les éditions Romart restent, à ce jour, le seul éditeur monégasque à 100 % qui possède l’ensemble de ses locaux en Principauté », souligne Stéphane Loisy, qui compte bien développer le plus rapidement possible cette association : « Faire vivre la mémoire de Bernard Spindler est une manière de tenter de faire revivre cet esprit littéraire en Principauté, décrypte cet avocat. Etant implanté dans le monde littéraire et artistique parisien en tant qu’auteur et avocat, je compte et souhaite créer des liens éditoriaux forts entre Monaco et Paris pour le compte de l’association des amis de Bernard Spindler. En tant qu’avocat de nombreux artistes et auteurs connus, cela ne pourra qu’aider mon initiative. »

 

journalistRaphael Brun