Pierre-Hugues Herbert
Déçu, mais pas abattu

Sophie Noachovitch
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Le duo formé par Pierre-Hugues Herbert et Nicolas Mahut espérait confirmer son titre au Masters de Monte-Carlo. Mais les deux hommes n’ont pu venir à bout des Espagnols Feliciano Lopez et Marc Lopez. Pierre-Hugues Herbert, 90ème mondial, revient pour Monaco Hebdo sur son expérience monégasque.

 

« Une très grande déception », forcément, étreint le jeune homme de 26 ans. Classé 90ème mondial, Pierre-Hugues Herbert avait placé beaucoup d’espoirs dans cette édition 2017 du Masters de Monte-Carlo. Un peu dur avec lui-même, il estime qu’avec son coéquipier, Nicolas Mahut, ils sont « littéralement passés à côté » de leur match. Il faut dire qu’ils avaient remporté le titre en 2016 et espéraient le confirmer cette année. Mais la paire a été battue en demi-finale. Pourtant, tout n’est pas noir et Pierre-Hugues Herbert a été très heureux de pouvoir jouer aussi en simple. Il affirme adorer cette discipline.

« Equipe »

« Le simple reste la discipline phare au tennis, mais je n’ai pas plus de plaisir à jouer en simple ou en double, estime-t-il. Si je doit choisir, j’ai limite plus de plaisir en double, j’adore ce partage, cette communication. Le tennis, c’est un sport où on est un peu seul. Alors qu’en double, cela devient plus un sport d’équipe. » Il faut dire que le duo Herbert-Mahut faisait l’année dernière figure d’invincible. Vainqueurs aux Masters 1 000 d’Indian Wells, de Miami et de Monte-Carlo en 2016, rien ne semblait pouvoir arrêter la paire. Mais l’année 2017 ne s’est pas présentée sous d’aussi bons auspices. Pierre-Hugues Herbert a débuté la saison avec une déchirure musculaire, et le duo n’a pas pu confirmer ses titres à Indian Wells et Miami… et la mauvaise série s’est confirmée à Monte-Carlo.

Pourtant, Herbert et Mahut font bien la paire. « On est deux joueurs qui proposont un jeu d’attaque comme en simple, capables de jouer en service volé, on se complète pas mal là-dedans, décrit Pierre-Hugues Herbert. On est une équipe qui monte au filet, et qui joue pas mal devant. On se complète aussi parce qu’on a une personnalité assez différente. Nicolas est le métronome, il fait très peu d’erreurs, il a un niveau moyen très élevé. De mon côté, je fais un peu plus le yoyo. Mais je suis capable d’avoir un très bon niveau. »

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Pierre Hugues Herbert © Photo Monaco Hebdo.

« Spectaculaire »

Le jeune homme a décidé de ne pas se laisser abattre et se tourne dorénavant vers l’avenir. « Si je prends un peu de hauteur et si je regarde le tournoi dans son ensemble, ce tournoi reste très positif. C’était pour moi un tournoi de reprise après ma déchirure à la cuisse, et avec Nicolas, nous avons fait deux bons matchs ! Il faut continuer sur cette voie et nous aurons à nouveau des chances de gagner ce genre de tournoi. » D’autant plus que, pour cette première compétition de la saison sur terre battue, Pierre-Hugues Herbert a pu se faire plaisir. « La terre battue est ma surface préférée. Ce n’est pas forcément celle sur laquelle je joue le mieux, relate Pierre-Hugues Herbert. Mais, on peut y jouer un jeu spectaculaire, parce que physiquement, il y a les glissades. Plusieurs types de jeux peuvent être efficaces, du joueur qui va jouer plus défensivement ou avec des effets. Il y a encore plus d’amorti. C’est un jeu qui nécessite un très gros touché de balle. Il faut être extrêmement complet. »

« Magique »

Côté positif aussi, le tennisman a particulièrement apprécié pouvoir s’exprimer dans un cadre aussi « magique ». « C’est l’un des plus beaux endroits au monde pour jouer au tennis. On joue avec vue sur la mer, avec un club tout en dénivelé, avec des cours un peu partout et une terre battue parfaite, dans une ville extrêmement belle. » En outre, Pierre Hugues Herbert voit aussi Monte-Carlo comme une préparation pour Roland-Garros et conserve des objectifs importants pour cette saison : « J’aimerais intégrer le top 50, gagner mon premier titre sur circuit principal en simple et faire une deuxième semaine de grand chelem. J’aimerais aussi gagner un nouveau grand chelem en double avec Nicolas Mahut. » Et puis, pour le jeune homme qui a déjà affronté Murray, Nadal et Djokovic, affronter Federer serait un superbe challenge.

 

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© Photo Manuel Vitali / Direction de la Communication

Rafael Nadal : et de 10 !

L’Espagnol Rafael Nadal a remporté le 23 avril son 10ème titre à Monte-Carlo. Il a assez facilement battu son compatriote Albert Ramos-Vinolas (6-1, 6-3), en 1h27 seulement. Nerveux, car il s’agissait de sa première finale de masters 1 000 de sa carrière, Ramos-Vinolas, 24ème joueur mondial avant ce match, a multiplié les fautes (13 au total). Du coup, Nadal n’a pas vraiment eu à se surpasser pour s’imposer. Il affiche désormais 29 victoires en Masters 1000, ce qui lui permet de se rapprocher de l’un de ses rivaux, le Serbe et résident monégasque, Novak Djokovic. Prochaines étapes pour Nadal : Barcelone, puis Roland-Garros. En double, le Monégasque Romain Arneodo et le Français Hugo Nys ont perdu le 22 avril en demi-finale contre l’Indien Rohan Bopanna et l’Uruguayen Pablo Cuevas (6-4, 6-3). Bopanna et Cuevas ont gagné la finale face aux Espagnols Feliciano et Marc Lopez (6-3, 3-6 et 10-4).

 

journalistSophie Noachovitch