Salon Ever : l’électrique
devient automatique

Sophie Noachovitch
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La 12ème édition du salon Ever se tiendra du 11 au 13 avril à Monaco. Parmi les nouveautés 2017, le public pourra s’essayer à la navette autonome. Un système qui pourrait révolutionner les transports en commun. Philippe Cina, coordinateur général de l’entreprise Suisse CarPostal qui commerciale la navette autonome, explique son fonctionnement.

Comment fonctionne une navette autonome ?

C’est relativement simple. L’itinéraire avec ce genre de navette est préenregistré et programmé. La première fois, on guide la navette manuellement : elle est munie d’un joystick. Avec ses capteurs, elle scanne l’environnement. Une cartographie 3D est produite créant un rail virtuel.

Une fois le rail virtuel réalisé, la navette peut se déplacer seule ?

Une fois qu’elle connaît son itinéraire, grâce à une série de capteurs (2 capteurs vers le bas, une caméra et un capteur sur le toit), elle détecte les obstacles. C’est un système qui scanne la voie des milliers de fois par minute et détecte les objets 100 mètres devant le véhicule. S’il y a un obstacle, c’est un système intelligent, donc il n’enclenche pas un frein d’urgence. Si le piéton se trouve à 50 mètres par exemple, la navette ralentit afin de lui laisser le temps de passer avant de ré-accélérer.

A Sion en Suisse, deux navettes automatiques sont testées depuis le 23 juin : comment se passe le test ?

Il y a deux questions essentielles : est-ce que cela fonctionne technologiquement et en termes d’exploitation ? Et de l’autre côté, du point de vue de l’utilisateur : y a-t-il acceptation de ce genre de service ? En ce qui concerne la première partie, ça fonctionne plutôt bien, même s’il y a des progrès à faire.

Lesquels ?

Il ne faut pas oublier qu’on est au tout début de cette technologie. Par exemple, lorsque la navette se trouve à un cédez-le-passage, elle a du mal à entrer dans le flux de voitures. L’être humain a la capacité de réflexion lui permettant de forcer le passage, alors que la navette répond à des critères enregistrés et ne va pas forcément pouvoir s’insérer dans le trafic.

Comment réagissent les usagers de cette navette ?

En ce qui concerne le public, on ne rencontre que des gens heureux quasiment. Il y a peu de réticence à entrer dans ce véhicule. Il faut dire que la Convention de Vienne oblige la présence d’un opérateur à bord pour s’assurer que tout fonctionne, ce qui est rassurant pour les utilisateurs.

Une navette autonome de CarPostal sillonnera Monaco durant le salon : est-ce envisageable à long terme comme moyen de transport collectif dans la Principauté ?

La navette circulera de 10h à 18h pendant le salon Ever. Elle peut transporter jusqu’à 15 personnes selon le constructeur : 11 assises, 4 debout. Chez CarPostal, nous la limitons à 11 passagers. Elle partira du Grimaldi Forum et effectuera une grande boucle sur le boulevard Princesse Grace. Le but est que le public teste la navette. De part sa taille, ce genre de véhicule ne circule pas sur de grandes distances. La navette va à une vitesse de 20 km/h. Monaco serait probablement un terrain de jeu idéal pour ce genre de véhicule.

À quelle occasion peut-on utiliser cette navette ?

Si vous avez 300-400 mètres à faire pour aller d’un côté à l’autre du port par exemple, ou lorsque vous avez fait du shopping pour éviter de marcher avec vos sacs, vous pourriez utiliser la navette. En fait, le principal risque à Monaco serait la congestion du trafic. À Sion, elle permet de relier les parkings aux petits commerces du centre-ville. Elle pourrait s’intégrer dans une décision forte d’une administration d’interdire la circulation aux véhicules, en proposant cette navette en substitution. Elle a l’avantage d’être électrique. Ce qui est un plus pour l’environnement, mais aussi pour le public, car elle est silencieuse.

Son prix ?

Elle est vendue 250 000 euros par son constructeur.

 

Infos pratiques : Salon Ever du 11 au 13 avril au Forum Grimaldi. Tout le détail des conférences et des exposants sur le site Internet : www.ever-monaco.com

 

L’autoportage a fait son chemin à Monaco

Mobee fêtera bientôt ses trois ans dans la Principauté et elle entre peu à peu dans les mœurs monégasques. 25 de ces petits voitures électriques sont disponibles dans Monaco, et la grande originalité de ces Mobee est qu’elles sont « boucle ouverte ». « Contrairement aux Autolibs à Paris par exemple qui sont en boucle fermée, l’utilisateur n’est pas obligé de ramener sa Mobee à une borne particulière, insiste Nicolas Buteau, gérant de la SARL Mobee. L’usager peut la garer gratuitement sur n’importe quelle place en ville ou dans l’un des 14 parkings partenaires. » Un fonctionnement qui séduit puisqu’entre l’automne 2015 et l’automne 2016, le trafic a augmenté de 30 %. Et depuis septembre, cette augmentation se confirme avec l’arrivée de cartes prépayées pour l’utilisation d’une Mobee. « Jusqu’à l’automne, on ne pouvait les emprunter que lorsqu’on était abonné, précise Nicolas Buteau. Nous avons mis en place depuis un système de cartes prépayées distribuées par La Poste ou sur les parkings partenaires, à 30 euros l’heure. Ainsi le prix des trajets est décompté à la seconde ». Un système idéal pour séduire les touristes ou les usagers ponctuels de la Mobee. Ainsi, en 2016, 16 000 courses en Mobee ont été recensées et 53 700 km parcourus sur la Principauté pour une moyenne de 10 minutes de trajet. Un essor que l’entreprise détenue à 51 % par la Sodetrel et 49 % par le gouvernement souhaite exponentiel.

 

En chiffres

1427 : c’est le nombre de véhicules hybrides et écologiques immatriculés à Monaco. Cela correspond à 3,27 % du parc automobile monégasque.

journalistSophie Noachovitch