Une salle de sport municipale
à un million d’euros

Sophie Noachovitch
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Avec une reprise en régie municipale, la mairie a prévu un business plan qui permettrait d’amortir le financement de la salle de fitness située contre le stade nautique Rainier III en l’espace de 3 ans. Explications.

« On a eu quelques surprises ». Georges Marsan, le maire de Monaco, commence ainsi l’explication du surcoût voté lors de l’appel au fonds financier communal mardi 28 mars, lors du conseil communal. En reprenant en régie municipale la salle de fitness Mierczuk, située contre le stade nautique Rainier III, jusqu’alors en concession privée, la municipalité va devoir engager des frais importants. Il y a d’abord les 550 000 euros déjà votés en décembre 2016 « pour lancer le projet ». « Nous avions prévu cette somme au budget primitif, précise Georges Marsan. Puis, nous avons rajouté 100 000 euros lors du budget rectificatif. Mais lorsque l’architecte a étudié les lieux, on a eu des surprises… » Sols et plafonds à casser et à refaire, électricité à remettre aux normes, idem pour la plomberie ainsi que l’isolation à réaliser ont augmenté le budget des travaux des 200 m2 de locaux de 220 000 euros. Le maire concède que les services se sont « trompés lors de la première évaluation », puisque la vétusté des locaux n’a pas été prise en compte.

Résidents et salariés

Cette dépense qui, pour les seuls travaux, s’élève à 870 000 euros, devrait être amortie très rapidement, estime Georges Marsan. « La mairie compte plusieurs services excédentaires, comme le service affichage qui fait plus de recettes. Ou la police municipale, énumère-t-il. Aussi, le fonds communal qui est toujours à 3 millions d’euros en fin d’année, sera alimenté par cet excédent. Quand nous avons pris la décision de reprendre la salle de fitness en régie municipale, nous savions que nous pouvions utiliser le fonds communal. » De plus, en partant du constat que Monaco ne dispose quasiment que de salles haut de gamme dans les hôtels, la mairie a décidé de se doter « d’un espace de sport et de bien-être pour le plus grand nombre de personnes. » « Cette salle est à destination des résidents et des salariés », insiste Georges Marsan.

Haut de gamme

Pour boucler le financement de ce projet, la municipalité a prévu une autre levée au fonds communal de 300 000 euros pour le matériel sportif de cette salle qui n’a pas encore été baptisée. Si la somme paraît très importante, le maire se veut rassurant. « Dans le cadre d’un appel d’offres, nous prévoyons toujours une enveloppe haute. Parce que si les prestataires dépassent cette somme, l’appel est jugé infructueux. Et il faut recommencer », explique cet élu. Il ajoute néanmoins que la salle de fitness sera dotée « de matériel professionnel de qualité ». « Le rapport d’utilisation d’un vélo d’appartement chez soi et en salle est de 1 à 8. Il faut donc un appareil très résistant », souligne-t-il. Contrairement à d’autres équipements municipaux qui sont par choix politique déficitaires, comme le stade nautique Rainier III dont le prix d’entrée est très bas, Monaco a décidé de réaliser un business plan offrant un rapide amortissement et même une rentabilité de la salle de sport. « Nous avons étudié le problème longuement, précise Georges Marsan. Si nous décidions de replacer en concession la salle, et compte tenu de la décision de la Principauté de n’y placer aucun centime, la mairie aurait été obligée d’investir au moins 400 000 euros pour sa rénovation, en tant que propriétaire. » Une somme que la ville aurait mis 30 ans à amortir. « Alors qu’en la plaçant en régie municipale, nous y parviendrons en 6 ans. »

Tarif

Au cœur du business plan, l’attractivité du lieu. La mairie compte sur l’emplacement stratégique de cette salle de fitness sur la Condamine et à deux pas du port de Fontvieille. Et aussi sur un tarif « attractif » situé sur l’échelle basse des abonnements en salles monégasques. « Autour de 1000-1200 euros par an », estime le maire. Une somme qui sera augmentée si les clients choisissent un forfait avec coach par exemple. Pour rendre plus efficace la gestion de la salle dont les travaux de rénovation devraient bientôt débuter pour une ouverture prévue en octobre 2017, la municipalité a prévu de nommer un responsable commun à la fois pour le stade nautique Rainier III et pour la salle de fitness. De même, les moyens humains concernant l’entretien et le fonctionnement seront mutualisés sur les deux structures. Enfin, 4 à 5 embauches de coachs devraient survenir afin de permettre le fonctionnement de la salle. « Il y a une grosse attente pour ce lieu. Nous souhaitons proposer le meilleur service public », conclut Georges Marsan.

 

Une salle de sport en quatre espaces

La future salle de fitness de 200 m2 sera divisée en 4 espaces. Outre les deux vestiaires, un réservé aux femmes et l’autre aux hommes, muni chacun d’un sauna et de douches, elle comptera une grande salle consacrée aux machines de musculation et de cardio-training. La seconde grande pièce sera consacrée aux cours collectifs comme la zumba. Puis, deux autres zones seront distinguées : l’une est prévue pour le vélo spinning ou vélo training et l’autre pour les coachs. « Ce seront des coaching privés avec les coachs de la salle ou bien avec des coachs extérieurs. Des personnes pourront ainsi louer cette pièce, indique Georges Marsan. Nous avons beaucoup de demandes de location ponctuelle de salle, pour le yoga notamment. » Un service complémentaire donc pour une salle qui devrait accueillir environ 200 clients dès la première année, estime-t-on côté mairie. Enfin, à partir de l’été 2018, la municipalité a prévu d’utiliser la pergola située derrière le plongeon de la piscine, afin de proposer du cross-fit. Cela pourrait permettre l’embauche d’un coach supplémentaire.

journalistSophie Noachovitch