1 000 euros d’amende pour avoir traité un policier de « mécréant »

Anne-Sophie Fontanet
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« Vous êtes un menteur, un mécréant. Vous allez payer très cher pour ce que vous me faites. » L’échange téléphonique du 12 octobre dernier entre une Beausoleilloise de 37 ans et un capitaine de police a dégénéré. L’agent de la sûreté publique cherchait à convoquer cette femme sans emploi pour s’expliquer sur des faits d’outrage contre une conseillère bancaire de la Poste. « Pourquoi avoir dit que Monaco appartient à Allah ? » l’interroge le président Jérôme Fougeras-Lavergnolle. « Au vu de mes convictions, j’ai dit la vérité. Parce que vous allez le payer cher. C’est l’islam qui va s’occuper de cela. Il y aura un jugement final par Allah », répond avec calme la prévenue. Son conseil, Me Arnaud Cheynut, préfère mettre en avant ses fragilités psychologiques. Sa cliente a passé 7 mois en hôpital psychiatrique. Le 14 novembre 2015, au lendemain des attentats de Paris, elle profère des outrages, des menaces de mort et fait l’apologie du terrorisme. Trois jours plus tard, elle est internée d’office. « Elle se trouvait dans une situation de stress qu’elle pouvait difficilement gérer. Ce policier va l’interroger sur les attentats en France. On essaie de chercher la petite bête qui se cache sous ce voile », plaide l’avocat monégasque. Des excuses « inacceptables » pour le substitut du procureur, Cyrielle Colle. « Sortie en juillet 2016 sur avis médical, elle est depuis stabilisée et pouvait retourner à la vie civile. Cela ne justifie pas l’emportement et les propos outrageants contre un policier qui ne faisait que son travail. » Le substitut rejetait aussi la demande d’expertise psychiatrique invoquée par Me Cheynut. La peine appropriée selon le magistrat : 15 jours avec sursis. Mardi 28 mars, N.T. s’est présentée sans son voile pour connaître le délibéré. Déclarée coupable d’outrage contre une personne dépositaire de l’autorité publique, elle a écopé de 1 000 euros d’amende.

journalistAnne-Sophie Fontanet