Paroles de réfugiés

Sabrina Bonarrigo
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Les réfugiés accueillis en Principauté et à Beausoleil ont témoigné dans le journal du diocèse, Église à Monaco.

Monaco et Beausoleil sont leur nouveau refuge… Menacés de mort dans leur pays, une trentaine de réfugiés irakiens et syriens (1) mènent depuis plusieurs mois une nouvelle vie loin des combats et de la menace terroriste. Très discrètes jusqu’à présent, ces familles chrétiennes déracinées ont accepté de témoigner dans le journal du diocèse, Église à Monaco. Une d’entre elles, la famille Yaldko, a livré ses impressions sur sa nouvelle vie à Monaco. « Que penser d’un pays qui vous accepte, vous accueille, vous fournit des papiers, vous prend sous son aile ? C’est un idéal », raconte Sameer. Ce diplômé en ingénierie civile est arrivé en Principauté accompagné de son épouse Rana — diplômée des Beaux-Arts en Irak — et de Sam, leur enfant, âgé de 1 an et demi, et inscrit dans une crèche monégasque depuis plusieurs mois. « Nous sommes très heureux d’avoir eu tout de suite des cours de français. Nous avons eu aussi des cours de natation chaque semaine, poursuit Sameer. Christiane Palmero [présidente du Collectif réfugiés d’Orient, N.D.L.R.] a même refait en français nos CV et ceux de tous les réfugiés pour nous préparer à la recherche d’un emploi. Nous pouvons librement prier, aller à la messe et sortir. Nous ne serons jamais assez reconnaissants. » Le journal du diocèse dévoile aussi dans le détail la chaîne de solidarité qui s’est mise en place pour accueillir dans de bonnes conditions tous ces réfugiés. On y apprend notamment que deux familles de Monaco ont tout particulièrement décidé de s’impliquer : « La famille Marzocco, entrepreneurs et constructeurs, héberge gratuitement douze réfugiés irakiens à Beausoleil depuis 2015. La famille Claude Palmero, expert-comptable, héberge gratuitement trois réfugiés irakiens à Monaco et sept autres à Beausoleil depuis 2016 », indique le journal.

Emploi

Très impliquée dans cette cause, l’avocate Christiane Palmero s’est ensuite rapprochée des instances monégasques et du Prince Albert qui, au-delà de son « son aide personnelle », a demandé au gouvernement de mettre en place « des mesures d’accueil », et a recommandé la création d’une association pour matérialiser cette aide. C’est ainsi que le Collectif réfugiés d’Orient (CRO) — dont le Prince est membre d’honneur — a vu le jour en mai 2015. Depuis, les bénévoles du collectif et d’autres associations ne cessent d’accompagner ces familles dans leur nouvelle vie : « Tous les chrétiens réfugiés laissent derrière eux non seulement leur pays, leur culture, tous leurs bien matériels, mais aussi leur travail, leurs études, leur famille, leurs amis, leurs souvenirs et habitudes et… leurs défunts. C’est plus facile pour les jeunes. Les personnes âgées, elles, ont perdu leurs repères, tout ce qu’elles ont construit à grand peine durant toute leur vie de travail », raconte Christiane Palmero. Dans le journal du diocèse, on y apprend également que deux enfants réfugiés ont été scolarisés au collège Charles III et que l’Education nationale a mis à leur disposition un professeur de français pratiquant la langue arabe. Le CRO a aussi permis à une personne de trouver un stage et un emploi en France, et à neuf personnes de trouver un emploi à Monaco.

(1) Selon le journal du diocèse, 35 réfugiés ont été accueillis et sont suivis par le Collectif réfugiés d’Orient (CRO).

journalistSabrina Bonarrigo