Contrat de vie commune
« On ne peut pas cacher
une certaine inquiétude »

Sabrina Bonarrigo
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Comme le gouvernement, le diocèse de Monaco réfléchit actuellement au contrat de vie commune, et livrera ses « remarques et conclusions » dans les prochains mois.

Instaurer ou non un contrat de vie commune (CVC) à Monaco ? Dans l’année à venir, le gouvernement devra trancher cette question de société. Adopté en octobre dernier par le conseil national, ce “pacs monégasque” — qui ouvre des droits aux couples non mariés, y compris de même sexe, vivant sous le même toit — est aussi entre les mains du diocèse. Et notamment de la commission “évangile et société”. « Il est encore prématuré de se prononcer. Ce texte réclame de la réflexion et du temps, a expliqué Monseigneur Barsi lors d’une rencontre avec la presse, le 1er février. Mais nous dirons quelles sont nos remarques et nos conclusions dans les mois à venir. Nous irons d’abord en faire part aux conseillers nationaux qui étaient venus nous voir il y a trois ans, lorsqu’il ne s’agissait encore qu’un projet de proposition de loi ».

« Éclairage »

Quel sera le poids du diocèse dans les futurs débats ? Pour l’Eglise, il est en tout cas essentiel que l’institution apporte son point de vue : « On ne peut pas dire à l’Etat ce qu’il doit faire, mais apporter un éclairage. Dans un pays catholique comme Monaco, ces deux sphères se doivent de collaborer », ajoute Guillaume Paris, le vicaire général. Mais les deux hommes ne cachent pas une certaine appréhension : « Une inquiétude nous habite. Est-ce que cela va affaiblir l’institution du mariage ? » Il y a quelques mois Monseigneur Barsi avait déjà fait part de ses questionnements : « L’Eglise, mes collaborateurs et moi, nous ne sommes ni aveugles, ni fermés à l’évolution de la société. Mais la question que l’on peut se poser à juste raison est la suivante : est-ce que toutes les évolutions sont bonnes ? »

Un diocèse 2.0

L’Eglise poursuit sa petite révolution numérique… L’actualité du diocèse de Monaco est désormais relayée sur un nouveau site internet www.diocese.mc, mais aussi sur Facebook, Instagram et Twitter. Au-delà de la volonté de s’ouvrir au monde et de dépoussiérer sa communication, le diocèse veut aussi faire de ces réseaux sociaux des outils d’évangélisation, comme l’a suggéré le pape François. « Un nouveau site internet a été mis en place pour annoncer l’Evangile, là où il n’est ni entendu, ni reçu, pour une Eglise qui sort d’elle-même. Tous ces outils matériels et pastoraux nécessaires à la mission ne porteront aucun fruit si nous ne sommes pas dans une attitude de conversion évangélique », indique Monseigneur Barsi. Le diocèse poursuit aussi son cycle de conférences. Prochain rendez-vous le 30 mai à l’auditorium Rainier III (1) sur le thème : “Modernité et désarroi contemporain”. Le journaliste et écrivain Jean-Claude Guillebaud et le philosophe Fabrice Hadjadj aborderont les difficultés actuelles de la jeune génération : « Une partie de la jeunesse est marquée par un sentiment de vide, d’épuisement, de doute. Un désarroi qui conduit à un individualisme forcené, au conformisme médiatique, quand ce n’est pas au fondamentalisme religieux. »

(1) Tarif : 10 euros. Pause buffet comprise. De 19h30 à 22h.

 

journalistSabrina Bonarrigo