Centre commercial de Fontvieille :
« Rien n’est tranché »

Anne-Sophie Fontanet
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Faut-il procéder à une désaffectation du domaine public vers le domaine privé de l’Etat ? Cette question est au cœur du projet de refonte du centre commercial de Fontvieille et elle n’a pas encore trouvé de réponse. La seconde phase de l’appel à candidatures est repoussée au premier trimestre 2017.

La discussion sur la refonte du centre commercial de Fontvieille (CCF), après le budget rectificatif 2016, a repris de plus belle pendant le budget primitif 2017. Les nouvelles informations apportées par le gouvernement pourraient faire évoluer les choses. « La question privé/public n’est pas encore tranchée, a entamé le conseiller de gouvernement à l’économie et aux finances Jean Castellini. Tout garder dans le domaine public est aussi une option. Ce qui est totalement exclu en revanche, c’est que l’opérateur privé mange entrée, plat et dessert. En clair, l’Etat assure les travaux, l’Etat en perçoit la juste rémunération. »

Propriété commerciale

L’heure est pour l’instant à l’écoute de l’expérience des trois opérateurs-candidats. « On essaie de pousser au maximum ce qui peut être à notre propre bénéfice », souligne Castellini. Conseillers nationaux et équipe gouvernementale étaient partis du postulat que seule la propriété commerciale, aussi appelée droit au bail, ferait venir de grandes enseignes. « Le droit au bail est quelque chose de bien français qui n’existe pas dans beaucoup de pays. Cela n’empêche pas les grandes enseignes de s’y implanter » explique le conseiller. « S’ils sont prêts à venir sans la propriété commerciale, alors on n’a plus à réfléchir à la désaffectation », réagit Marc Burini. Les trois opérateurs en lice ont aussi rapporté au gouvernement l’intérêt de prévoir des superficies au cas par cas pour attirer les enseignes espérées. « Ils savent quelles sont les exigences des enseignes », insiste Castellini.

Cahier des charges

En octobre, le sujet avait cristallisé les tensions entre le groupe Horizon Monaco, formellement opposé à toute désaffectation, et le reste des élus. « On avait pris une position politique il y a trois ans pour ne pas toucher au CCF dans sa partie publique. Je suis persuadé que si le centre commercial est refait avec des infrastructures améliorées, les grandes enseignes viendront. Parce qu’on est un produit d’appel et un endroit exceptionnel », martèle Laurent Nouvion. Le conseiller-ministre pour les finances, Jean Castellini demande maintenant aux élus du temps pour prendre en compte toutes les dimensions du projet. Et ce avant de lancer la phase 2 de l’appel à candidatures et la définition du cahier des charges qui devrait intervenir au premier trimestre 2017.

 

journalistAnne-Sophie Fontanet