Le carabinier frappe sa compagne

Anne-Sophie Fontanet
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Empoignée, maintenue par son chignon, traînée à terre puis frappée de coups de pieds alors qu’elle est au sol. L’énumération des faits reprochés à un carabinier de 28 ans est grave. Englué dans « une relation toxique », le jeune couple habite ensemble à Monaco depuis un an au moment de l’agression. Devant le Sass Café, le 27 juillet 2016, la jalousie de sa compagne fait dégénérer la soirée. « C’est l’accumulation qui m’a poussé à bout. On était depuis 6 mois dans une situation invivable, justifie le prévenu. Elle était assez énervée. Pour la calmer, je lui ai asséné deux coups de pied. Elle était au sol. Le lendemain, j’ai reconnu que ce que j’avais fait était inacceptable. Je lui ai demandé de partir de chez moi. » Deux témoignages « impartiaux » viennent valider la thèse de la victime de 23 ans. « C’était une jeune femme petite, frêle, fragile et oui jalouse, devant lui l’athlète » dénonce le substitut Cyrielle Colle. Elle demande six mois de prison avec sursis pour ce comportement « extrêmement violent, injustifiable ». La victime présente plusieurs hématomes sur le corps. « De par sa profession, c’était facile pour lui de maîtriser ma cliente en l’écartant dans des conditions plus délicates, souligne Me Bernard Bensa pour la partie civile. Je rappelle à ce jeune homme qu’il a l’honneur de protéger la famille princière. Il se doit d’être exemplaire. Il ne l’a pas été. » D’ailleurs, le président veut savoir si la victime a subi des pressions de la part de la hiérarchie de son ex-compagnon pour retirer sa plainte et ne pas causer de problème à la carrière de celui-ci. « C’est totalement faux ! » répond le prévenu. Aucune sanction provisoire n’a cependant été prise par sa compagnie pendant l’instruction. « L’employeur a préféré attendre, c’est son droit. Il risque une révocation en fonction de la décision qui sera prise » rappelle son conseil, Me Thomas Giaccardi. Le casier judiciaire du prévenu fait déjà mention d’une condamnation en 2012 pour violences en réunion. À Monaco, J.J. écope de six mois de prison avec sursis et de 3 000 euros de dommages et intérêts à verser à sa victime.

journalistAnne-Sophie Fontanet