Entre 1000 et 2000 manifestants pour les retraites

Aymeric Brégoin
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L’Union des syndicats de Monaco (USM) a appelé à une manifestation interprofessionnelle mardi 6 décembre. Parmi les revendications des grévistes, le rapatriement et maintien au système de retraites monégasque, la défense des conditions de travail et l’augmentation des salaires. Ils étaient 2 000 selon l’USM et 900 selon la police. Sur la place Sainte-Dévote, mardi 6 décembre à 15 heures, le cortège des manifestants ne passe pas inaperçu. À l’appel de l’USM, nombreux sont ceux à avoir défilé pour « lutter contre la paupérisation des retraités ». Selon le syndicat, cela fait dix ans que les pensions n’ont pas été réévaluées hors augmentation de l’indice de l’Institut français de la statistique et des études économiques (Insee). « La grève et la manifestation sont nos seules options », a défendu devant ses partisans Christophe Glasser, le secrétaire général de l’USM. Les problèmes qui entourent les retraites ont été mis en avant. Une pétition lancée début octobre par l’Union des syndicats de Monaco pour le rapatriement et le maintien des retraités sur le régime monégasque de sécurité sociale, qu’il s’agisse de la caisse de compensation des services sociaux (CCSS) pour le privé ou au service des prestations médicales de l’État (SPME) pour le public, recueille à ce jour plus de 8 000 signatures. En effet, même les Français qui ont passé leur carrière en Principauté, et donc cotisé aux caisses sociales monégasques, basculent sur le régime français — moins avantageux — au moment de leur retraite. Une « injustice » parmi toutes celles qui ont motivé l’USM à descendre dans la rue. Car derrière les retraites, il s’agissait aussi de défendre « le salaire sous toutes ses formes », en prônant une augmentation. Des salaires « plus justes » en adéquation avec « la productivité du pays et les richesses que nous créons. Pour éclairer les plus sceptiques, rappelons que nous gagnons parfois plus qu’en France car nous travaillons quelque 16 heures de plus par mois ! », tance Christophe Glasser. Le syndicat monégasque voulait aussi alerter le gouvernement sur « les conditions de travail [qui] se dégradent ». Le secrétaire général de l’USM le déplore : « On recense tous les jours bien trop de salariés victimes de stress et de mal-être au travail. Mais aussi des effets plus sournois, comme l’impact psychologique du licenciement sans motif. » Il appelle à ce que le travail ne devienne pas « une torture juste pour satisfaire une poignée d’être humains un peu trop gâtés », en espérant que leur mobilisation soit « un élément déclencheur ».

journalistAymeric Brégoin