Le numérique au service
des entreprises

Aymeric Brégoin
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Les entreprises de la Principauté tiennent salon. La quatrième édition du Monaco Business, journée dédié à l’entrepreneuriat, se déroule mardi 15 novembre à l’auditorium Rainier III. Avec, cette année, un thème très tendance : la transformation numérique. Par Aymeric Brégoin

« Donner aux entreprises les moyens de développer leur chiffre d’affaires. » Sur le salon Monaco Business, qui se tient mardi 15 novembre à l’auditorium Rainier III, l’entrepreneuriat est roi. C’est la quatrième année que les petites et moyennes entreprises, entrepreneurs ou porteurs de projets de Monaco, s’y retrouvent pour échanger. « C’est un salon pour toutes les PME, TPE. Même les individuels ont leur place », confirment les organisateurs de Monaco Communication. « Le but est de privilégier les entreprises monégasques, sauf s’il s’agit d’un secteur d’activité qui n’est pas représenté. » Et les sociétés sont variées : agences d’intérim, assurances, banques, avocats, nettoyage, cadeaux d’entreprise… En tout, une quarantaine d’exposants — un chiffre en hausse grâce à la création de nouvelles entités en Principauté — attendent près de 900 visiteurs. Exit le bonheur, thème de l’année précédente, qui n’a pas été aussi porteur qu’escompté. Cette édition 2016 est placée sous le signe de la transformation numérique. Un thème « plus business, plus networking », et on ne peut plus actuel en Principauté : le gouvernement vient de lancer un plan quinquennal du numérique. Entreprises et entrepreneurs peuvent se renseigner sur les moyens technologiques dont ils disposent pour investir les réseaux sociaux, mieux communiquer ou se moderniser grâce aux nouvelles technologies, ou se prémunir de cyberattaques… Toujours dans le but de « booster son business ».

Ubérisation

En marge de la zone d’exposition qui comprend les différentes entreprises monégasques, le thème du salon se décline en conférences et tables rondes. Le numéro 1 de la nouvellement créée Agence monégasque de sécurité nationale (AMSN), Dominique Riban, va présenter des méthodes pour se prémunir des menaces et attaques numériques. Le Monégasque Frédéric Genta, Industry Head Retail chez Google France, s’exprimera sur les moyens mis en place par la filière France du géant américain pour attirer l’attention des sociétés sur le numérique (lire son interview en page suivante). Denis Jacquet, co-fondateur de l’Observatoire de l’ubérisation et créateur de la plate-forme EduFactory — pionnier européen de la formation à distance —, analyse l’impact d’Uber et de son modèle économique sur l’entrepreneuriat. Clés de la transformation numérique, outils et applications à disposition de la santé connectée… les tables rondes et les conférences parlent à tous les secteurs d’activité. « On voulait que cette journée ne soit pas trop technique, que tout le monde y trouve son compte », expliquent les organisateurs.

Coaching

De nombreux ateliers pragmatiques émailleront cette journée comme autant de rendez-vous incontournables pour les professionnels intéressés. Laurence Garino, chef de service du Monaco Welcome & Business Office, est présente pour décrypter les modalités d’implantation en Principauté, ou le conférencier Jean-Philippe Ackermann, expert en stratégie d’entreprise et cofondateur de la ligue des optimistes de Monaco, propose des séances de coaching. Au Monaco Business, tout est fait pour faciliter les rencontres. C’est pour cette raison que cette quatrième édition se pare cette année d’espaces de networking, « sortes de salon lounge où les entrepreneurs peuvent envisager des rendez-vous entre eux ou avec des clients ». Autre nouveauté, la mise en place d’un espace restauration. Plus besoin de sortir pour déjeuner, les représentants d’entreprises pourront ainsi rester sur le salon toute la journée… et là encore, profiter de la pause méridienne pour échanger. Une mise en relation dont le salon a fait sa marque de fabrique.

 

Un panel d’applis pour professionnels

Au salon Monaco Business, nombreuses sont les start-up présentes à s’être lancées sur le marché des solutions numériques destinées aux entreprises. Tour d’horizon de quelques nouveaux outils pour recruter, échanger ou se développer.

wingr Monaco Business

« Chaque jour de nouvelles opportunités sur votre chemin ! » Cela pourrait être le slogan d’Happn, célèbre application mobile de rencontres amoureuses. C’est celui de WingR, nouvelle application sur iPhone et Android, effectivement dédiée aux rencontres… professionnelles. Basée à Fontvieille et présentée cette année sur le salon Monaco Business, WingR peut être résumée comme un mélange entre Tinder, pour le côté “match” basé sur la géolocalisation, et LinkedIn, pour le côté mise en relation d’un vaste réseau professionnel. L’utilisation est simple : chacun remplit son profil, côté employeur comme employé, avec son domaine de compétence et le poste à pourvoir ou recherché. S’il croise, que ce soit sur un évènement professionnel ou dans les transports en commun, quelqu’un qui correspond à ses critères, la rencontre — numérique, de prime abord — peut se faire. Et ainsi, au coin de la rue comme sur un salon, entreprises qui recrutent, collaborateurs ou futurs employés peuvent saisir les opportunités professionnelles autour d’eux en temps réel. Son créateur, Samuel Benichou, avait déjà lancé il y a deux ans InvestWall, du web collaboratif autour d’échanges d’informations boursières pour faciliter la prise de décision des investisseurs. Avec WingR, il vise surtout les trois millions de TPE et PME française. Il a ainsi séduit le salon Planète PME à Paris, le 18 octobre, qui a fait de WingR son application officielle. Monaco Business a fait de même, en la choisissant comme partenaire officiel de networking.

Bureaux

Toujours à Monaco, l’équipe d’expert de My Marketing Manager propose à des entreprises de s’occuper de leur marketing digital, afin que les patrons et employés de PME et TPE se concentrent sur leur vrai métier. Ceux qui ne veulent pas l’externaliser peuvent souscrire à des formations en marketing, toujours dans le but de gagner en compétences et autonomie, et ainsi de développer ses activités et sa structure. « L’accélérateur de succès », a fait comme maxime l’entreprise située chemin de La Turbie. La cofondatrice de My Marketing Manager, Sandie Giacobi, participe sur le salon Monaco Business à la table ronde sur les clés de la transformation numérique, essayant de sensibiliser des sociétés qui ont parfois du mal à se mettre aux nouvelles technologies. Autre start-up qui monte : Bird Office. Considérée comme le AirBnB des bureaux, Bird Office est un site de location et de réservations pour entreprises : salles de conférence, de réunion de formation, informatique, de séminaire… En quelques clics, les professionnels peuvent trouver la salle adaptée, la réserver et la louer. Présente au CES de Las Vegas en janvier, cette entreprise a réussi à lever 1,2 million d’euros. Et, selon le magazine spécialisé Challenges, elle fait partie des 100 start-up dans lesquelles il faut investir.

 

« Une réponse à des besoins clients »

Frédéric Genta, Industry Head Retail chez Google France et speaker au Monaco Business, explique pour Monaco Hebdo la nécessité pour les entreprises d’évoluer vers le numérique et de se doter d’outils adaptés.

Frédéric Genta Monaco Business

Qu’entendez-vous par numérique : des outils de production, de communication ?

Le numérique n’est pas une partie de l’entreprise, mais une vague qui englobe tous les acteurs. Par exemple les utilisateurs avec l’avènement du smartphone : c’est un outil qui change la vie du consommateur comme la manière dont les entreprises vendent des produits et communiquent avec les consommateurs. 7 internautes sur 10 cherchent des professionnels tous les mois sur internet, or seulement 4 entreprises françaises sur 10 ont un site internet ; 6 Français sur 10 achètent en ligne, et il n’y a que 11 % des entreprises qui vendent sur le net.

Le salut des entreprises passe donc par le numérique ?

Le numérique est une réponse à des besoins clients avant toute chose. Après, c’est aussi une manière de travailler : disposer de l’information tout de suite, collaborer avec des outils, la possibilité d’être social. Il y a une culture assez forte de la transparence qui se développe avec internet. Le numérique change la culture : la donnée est la base de tout, on prend de plus en plus compte de la data, c’est une culture plus analytique.

Comment expliquer le retard des entreprises françaises ?

Quand on les interroge, 68 % d’entre elles disent manquer de temps, 68 % disent manquer de budget, et 67 % n’en voient pas l’utilité. Or en moyenne, les entreprises présentes sur le digital enregistrent une croissance de leur chiffre d’affaires six fois supérieure à celles qui n’y sont pas.

Pourquoi cette frilosité à investir dans le numérique ?

Les gens sont dans une logique de projet : on va d’un point A à un point B. Or cette transformation numérique touche tous les aspects et toutes les structures. Elle paraît très compliquée. Et les entreprises ne savent pas par où commencer et elles ne savent pas vers qui se tourner. Google France investit beaucoup dans la transformation numérique de ces entreprises.

Par quels moyens Google aide ces entreprises ?

Google a développé des solutions spécifiques pour les entreprises avec des outils simplifiés. L’avantage pour les entreprises est de se rendre visible sur Google. C’est extrêmement important. Avec Google MyBusiness, elles peuvent localiser leur magasin, mettre leurs horaires, faire de la publicité, les utilisateurs peuvent émettre un avis.

 

 

journalistAymeric Brégoin