Retraite des fonctionnaires :
un “déséquilibre ”
entre recettes et dépenses

Sabrina Bonarrigo
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La progression constante du nombre de retraités de la fonction publique, et, surtout les dépenses qui y sont liées, inquiète depuis des années la commission supérieure des comptes (CSC), mais aussi le groupe politique Union monégasque (UM). A son tour, le gouvernement a décidé de se saisir concrètement du problème : « Le modèle est assez solide. Nos budgets sont excédentaires, mais la réalité des chiffres fait, qu’en concertation avec le Prince Albert, le gouvernement a décidé de se poser la question du déséquilibre entre les recettes liées aux cotisations, qui représentent 5 millions d’euros, et les dépenses liées au paiement des retraites, qui représentent environ 70 millions d’euros », a expliqué au micro de Monaco Info le ministre d’Etat, Serge Telle. Selon lui, la pyramide des âges, l’allongement de la durée de vie et les diverses mesures incitant au départ anticipé à la retraite, font que ce déséquilibre sera multiplié par deux dans 10 ans… « Ce qui donnerait 10 millions de recettes d’un côté, et 140 millions de dépenses de l’autre… Vous voyez bien que le gouvernement a besoin de se poser la question, sans inquiétude particulière pour le moment, de créer un fonds qui sera, pour l’instant, doté de 5 millions d’euros. Et qui permettra au système de se pérenniser. » Le ministre d’Etat a aussi annoncé que le budget primitif 2017 présentent un excédent d’une dizaine de millions d’euros. Ce qui est selon lui, « un très bon signe », dans un contexte international difficile. « On ne sait pas quels seront les effets du Brexit, ni de l’effondrement de la Deutsche Bank, ni des bombardements sur Mossoul… Cet environnement international est, en termes géopolitique et financier, anxiogène. Il est très difficile d’anticiper les 3, 4 ou 5 prochaines années… Compte tenu de ce contexte, il s’agit donc d’un budget conservateur. » Serge Telle a enfin précisé que le budget primitif prévoit une augmentation du fonds vert. Il s’élève à 13 millions d’euros. Une somme qui permettra d’opérer la transition énergétique et « de tenir nos engagements internationaux en matière d’émissions de gaz à effet de serre. Notamment via la rénovation des chaudières ou encore de l’usine de valorisation des déchets. »

journalistSabrina Bonarrigo