Héli Air : « On est en train de nous obliger à vendre »

Raphaël Brun
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Suite à notre article publié dans Monaco Hebdo n° 978 en juillet dernier, le patron d’ Héli Air Monaco (HAM), Jacques Crovetto, a souhaité réagir aux propos tenus par le ministre d’Etat, Serge Telle. Dans le cadre de la perte de l’exploitation de la ligne d’hélicoptère entre Monaco et Nice au profit de Monacair, Héli Air Monaco a lancé des recours judiciaires contre l’Etat monégasque. S’estimant victime d’un « étranglement administratif », Jacques Crovetto juge que faire remonter les bénéfices sur les comptes des administrateurs de son entreprise a permis d’assurer « une partie d’autofinancement face à l’incapacité du gouvernement d’aider le développement de notre entreprise ». Tout en ajoutant : « Pouvoir financer des avions ou des hélicoptères sans garantie extérieure, gouvernement ou autre, est une utopie. Demandez à Monacair : comment ont-ils procédé pour financer 6 hélicoptères à 2,5 millions d’euros hors taxes, sans être sûrs de remporter l’appel d’offres, ou peut-être le contraire ? » Pour Crovetto, sa flotte d’hélicoptères n’est pas « vieillissante » : « C’est un peu comme si vous reprochez à un taxi de vous transporter avec une voiture de 2010 au lieu de 2016. Tous nos hélicoptères possèdent encore des certificats de navigabilité. » Quant à la perte du code Iata sur lequel HAM touchait des royalties, Crovetto estime que le gouvernement a brisé ce système « sans contrepartie » et que « notre partenaire a subi un préjudice bien supérieur au nôtre ». Avant de conclure : « On est en train de nous obliger à vendre nos actifs sous la contrainte. […] Le gouvernement fait tout pour aboutir a la disparition de Héli Air Monaco. […] HAM a fait plusieurs démarches pour sortir du conflit, sans suite. Alors, qui fait un minimum d’efforts ? »

journalistRaphaël Brun