Retour sur les bancs de l’école

Aymeric Brégoin
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C’est la rentrée ! Jeudi 8 septembre — une semaine après leurs camarades français —, 5 883 élèves ont franchi les portes des établissements scolaires de la Principauté. L’occasion de s’intéresser aux nouveautés de cette rentrée.

Ils sont 5 883 élèves — 4 580 dans le public, 1 303 dans le secteur privé sous contrat — à avoir repris cette année le chemin de l’école. Un effectif prévisionnel qui ne devrait pas beaucoup fluctuer, selon la directrice de la direction de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports (DENJS), Isabelle Bonnal, et qui est en légère hausse comparé à l’année précédente : 5 837 élèves. La rentrée des classes s’est effectuée jeudi 8 septembre avec une semaine de décalage par rapport à leurs camarades des établissements scolaires de France. La première constatation, c’est que les enfants scolarisés en Principauté semblent mieux lotis : « 148 jours de congés annuels contre 133 en France, dont 72 en été contre 58. » Ce qui ne signifie pas qu’ils travaillent moins : les élèves monégasques ont en moyenne une heure de cours en plus sur leur emploi du temps.

Résultats exceptionnels

Pour dispenser ces précieux savoirs, les établissements se reposent sur un tissu de 492 enseignants en poste, dont « 321 Français détachés et 125 Monégasques ». S’ajoutent 321 personnels non-enseignants pour un total de 813 personnels. Un corps enseignant qui se « mobilise [pour inculquer] les acquis fondamentaux, l’ouverture sur le monde, l’épanouissement », se félicite Isabelle Bonnal. L’objectif sera de renouveler, sinon de dépasser, les exceptionnels résultats de l’année précédente : un taux de réussite au baccalauréat de 97,89 %. « Ce n’est pas le fruit du hasard », se targue Isabelle Bonnal, à la tête de l’Éducation depuis six ans. La DENJS qualifie son « travail de sérieux et pensé », notamment grâce à de conséquents moyens financiers et humains.

Record au brevet

« Tout élève qui passe en seconde passera son bac », certifie Isabelle Bonnal. En filière générale, le taux de réussite est de 100 % pour la deuxième année consécutive, avec 202 mentions. En filière technologique, il tombe à 96,34 % avec 59 mentions, et 97,89 % pour le bac professionnel, avec 68 mentions. C’est surtout au niveau du brevet du collèges que les résultats sont les plus probants : 98,84 % de réussite — « un bond de plus de 3 % », félicite la directrice — avec 311 mentions. Derrière chacun de ces chiffres, il y a avant tout des élèves, que le corps professoral de chaque établissement essaye d’accompagner au maximum. Avec les nouveautés mises en place cette année, du renforcement des langues vivantes au développement d’outils numériques, nul doute que ces scores devraient perdurer.

 

Dans la peau des Segpa

Pour leur premier jour de classe, les élèves des sections d’enseignement général et professionnel adapté du lycée technique et hôtelier de Monaco ont accueilli le ministre d’État, venu les encourager.

Dans la classe de quatrième de Carolle Meyer, la professeure principale, tous les élèves se lèvent à l’arrivée du ministre d’État, Serge Telle. En compagnie d’Isabelle Bonnal, directrice de la direction de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports, et de Patrice Cellario, conseiller de gouvernement-ministre pour l’Intérieur, il a fait du lycée technique et hôtelier une indispensable étape de sa tournée des établissements scolaires en ce jour de rentrée. Le tour de table est rapide : les élèves sont moins de dix. Certains veulent faire mécaniciens, d’autres archéologues. Une classe qui semble en tout point normale. Sauf que si ces élèves sont aussi peu nombreux, c’est qu’ils font partie d’une Segpa, les sections d’enseignement général et professionnel adapté. « Ils sont maximum dix ou onze par classe », explique Jean-Marc Deoriti, le proviseur du lycée. Car ces enfants ont « des difficultés cognitives d’apprentissage ». La visite de la délégation gouvernementale revêt un message symbolique. « Le travail difficile se gagne chaque jour », explique Patrice Cellario. Ce que confirme Serge Telle : « On a la satisfaction d’avoir un bon élève. Mais c’est facile, un bon élève… »

« Voie »

Ici, ce n’est pas le cas. En Segpa, une quarantaine d’élèves sont répartis en quatre niveaux. « On leur donne confiance pour reprendre le cycle », encourage Jean Fontaine, le directeur de ces sections d’adaptation. C’est un contrat de réussite : « Ces gamins progressent dans la sociabilité, dans le savoir-faire. Certains ont des assistants de vie scolaire. C’est là où l’on a la réalité du travail de terrain », explique Jean-Marc Deoriti. Un travail quotidien que les chiffres ne peuvent retranscrire. « Quand on parle de 100 % de réussite [au bac], ce n’est pas une valeur explicite, représentative. Sur cent gamins qui entrent en primaire, combien vont passer le bac ? On récupère beaucoup d’enfants en échec, et on n’a quasiment aucune déperdition », félicite le proviseur du lycée technique et hôtelier. Certains de ses enfants vont même se retrouver aux côtés des quelques 500 élèves de l’établissement, en intégrant le cycle professionnel traditionnel. Commerce, hôtellerie, génie industriel… « On les aide à trouver leur voie », explique Isabelle Bonnal. Ceux avec le plus de difficultés sont dirigés vers des centres d’apprentissage spécialisés, comme des centres techniques professionnels. D’autres tentent des contrats d’apprentissage, en alternance dans des entreprises. « On ne laisse personne sur le bord du chemin », conclut Patrice Cellario.

 

 

 

Une réforme des collèges à la carte

En France, la réforme des collèges fait grand bruit. À Monaco, elle s’applique à cette rentrée. Mais les établissements scolaires de la Principauté avaient déjà intégré un certain nombre d’aménagements.

Isabelle Bonnal

Isabelle Bonnal © Photo Charly Gallo / Direction de la Communication

Nouveau programme, langues vivantes renforcées… La réforme du gouvernement français amène son lot de nouveautés dans les cartables des collégiens. Monaco a choisi de l’appliquer à la rentrée. La réforme des collèges introduit tout d’abord un nouveau cycle, le cycle 3, qui regroupe le CM1, le CM2 et la sixième. « Pour nous, ce n’est pas une nouveauté ; pour la France, oui », clame la direction de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports (DENJS) par la voix de sa directrice, Isabelle Bonnal. « On avait déjà pensé à cette passerelle. » Au lieu de confiner certains élèves de CM2 au redoublement, le but est de leur « donner une nouvelle chance de valider leurs compétences en sixième en français, anglais ou mathématiques », explique Isabelle Bonnal.

Langues

La réforme amène aussi sa réorganisation des contenus, avec une deuxième langue vivante obligatoire dès la cinquième. Là encore, pas de surprise pour les élèves de la Principauté. « À Monaco, 75 % des élèves ont déjà opté pour une deuxième langue » avant la classe de quatrième, se targue Isabelle Bonnal. « Nous faisons la promotion des langues étrangères, comme l’anglais, italien, le chinois… » Et de rappeler que l’une des spécificités monégasques est l’enseignement du russe de la sixième à la terminale. « Il s’agit de donner une plus grande part à l’oral, qui est très important. C’est l’estime de soi, ne pas être timide, s’exprimer correctement », loue la directrice. Côté mathématiques, la priorité est redonnée à la résolution de problèmes.

Transversal

La réforme voit aussi la création des enseignement pratiques interdisciplinaires (EPI), qui prônent une approche plus concrète, mais toujours respectueuse des programmes. Exit l’enseignement cloisonné entre matières, bienvenue à l’enseignement transversal. En quatrième, un EPI porte sur le patrimoine et la langue monégasques : il mobilise les professeurs d’histoire, de français, et pourquoi pas d’autres disciplines. A contrario, certains changements ne seront pas appliqués en Principauté. « On ne supprime pas les classes européennes, indispensables pour mieux apprendre l’anglais », martèle Isabelle Bonnal. La DENJS a également choisi de conserver l’enseignement facultatif du latin et du grec. Et pour ceux qui ont des faiblesses, l’accompagnement personnalisé (AP) est proposé à tous les niveaux. « Il s’ajoute aux fondamentaux, précise Isabelle Bonnal, afin de conserver la qualité de prise en charge des élèves. » Et de préciser que sur l’année 2015-2016, les élèves qui « ont bénéficié de l’AP ont tous obtenu leur bac ».

 

Une rentrée en toute sécurité

Au lendemain de l’attentat de Nice, la rentrée des élèves monégasques s’est déroulée sous une vigilance accrue. De nombreuses mesures de sécurité déjà expérimentées ont été renouvelées.

« Le risque zéro n’existe pas, mais nous ne sommes pas dans un pays à risque », a estimé le conseiller de gouvernement-ministre pour l’Intérieur, Patrice Cellario, lors de la conférence de presse de la rentrée scolaire. La sécurité étant « une priorité » sur le territoire monégasque, Isabelle Bonnal a détaillé les dispositifs qui ont émaillé le retour en classes des élèves de la Principauté. « Tout ce qui a été mis en place en France, nous l’avions déjà mis en place », explique la directrice de la direction de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports (DENJS). Des horaires de rentrée échelonnées entre les différentes classes dans chacune des écoles du territoire monégasque ont été mis en place, ne serait-ce que pour fluidifier la circulation. Les voitures ne sont en aucun cas autorisées à stationnement devant les écoles. « C’est du kiss & fly », plaisante la directrice de la DENJS. Une seule entrée surveillée par établissement, avec un contrôle constant des entrées et sorties. « Les adultes ne rentrent pas comme ça », explique Isabelle Bonnal. Seules les personnes en relation avec la communauté éducative peuvent ainsi pénétrer au sein de l’établissement.

Fiches réflexes

Le sécurité n’est pas que l’apanage de la rentrée. Chaque année, le Plan particulier de mise en sûreté (PPMS) face aux risques majeurs est élaboré et actualisé. Il prépare les élèves comme le corps enseignant aux accidents majeurs ou situations d’exception, notamment les incendies, les séismes et les intrusions. Les élèves sont confrontés à ces trois exercices au moins une fois par an. L’Éducation nationale a également « mis en place des fiches réflexes » sur les conduites à tenir — confinement, évacuation —, qui vont de pair avec la formation des chefs d’établissement de des professeurs. « Pour chaque établissement, il y a un référent police », ajoute aussi Isabelle Bonnal. « La question de la sécurité est importante en permanence », résume Patrice Cellario. Et de lancer un « appel à la vigilance en signalant toute chose singulière, sans tomber dans la paranoïa ». Preuve est que grâce à ces nombreuses mesures, qui ont déjà fait leurs preuves en Principauté, cette rentrée s’est déroulée dans la sérénité.

 

 

 

Le sport dans les starting-blocks

Elles font partie intégrante de l’école. Facteur de cohésion, porteuses de valeurs de respect et de dépassement de soi, les activités physiques s’invitent dans l’emploi du temps des élèves. Avec des rencontres et un projet de loi sur le tapis.

 

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© Photo DR

C’est une nouvelle discipline sportive qui fait sa rentrée. Aux côtés du handball, basket et traditionnels sports collectifs, de la natation ou de l’athlétisme, c’est au yoga que les élèves de primaire pourront s’essayer pendant les cours d’éducation physique et sportive (EPS). « C’était mon grand dada ! », plaisante Isabelle Bonnal, directrice de la direction de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports (DENJS). « Il faut penser au développement et à l’épanouissement personnel », estime-t-elle. Parallèlement à l’intégration de ces techniques de yoga dès le primaire — notamment lors de l’échauffement en début de séance d’EPS ou de relaxation à la fin —, cette activité fait son apparition au foyer socio-éducatif du collège Charles-III. À titre expérimental, les élèves pourront bénéficier, dès le mois d’octobre, d’une séance hebdomadaire pendant la pause méridienne. « Améliorer la concentration, diminuer son stress », les bénéfices sont nombreux, selon la directrice. Et dans tous les cas, « ça ne peut pas leur faire de mal », estime Isabelle Bonnal, qui assure qu’à la DENJS, « on fait aussi du yoga une fois par semaine » !

Projet de loi

Sous l’égide du principe « le sport pour tous », la Principauté a formulé la volonté de se doter d’une loi sur le sport. Associée au département de l’Intérieur et aux Affaires juridiques, la DENJS forme un comité de pilotage chargé de définir le cadre juridique des pratiques sportives, qu’elles soient scolaires, en amateur ou professionnelles. Un projet de loi qui regroupera la législation existante, entre loi du travail et loi sur les associations. Les réunions de travail ont débuté en janvier 2016 et doivent s’achever par la rédaction du texte par le gouvernement de l’année à la fin de l’année. Le texte pourrait être déposé sur le bureau du Conseil national au premier trimestre 2017.

 

Quatre Monégasques aux Jeux de la francophonie

Le sport monégasque s’invite aussi dans des manifestations d’envergure. La Principauté participera à la huitième édition des Jeux de la francophonie, qui se tiendra en juillet 2017 à Abidjan, en Côte d’Ivoire. Ce n’est pas moins de quatre athlètes que Monaco envoie : deux en athlétisme, un en judo et un en cyclisme sur route. Dans l’esprit des jeux de l’Antiquité, des concours culturels sont associés à ces compétitions sportives.

 

Cap sur le caritatif

En plus des enseignements classiques, de nombreux évènements à vocation pédagogique sont déclinés à l’école. Objectif : une sensibilisation culturelle et citoyenne des élèves, à travers ces actions créatives et caritatives.

Inventer les machines du futur. Ni plus ni moins. Avec le World Art Day, qui s’invite pour la première fois en Principauté, « l’idée est de susciter la création chez l’enfant », explique Isabelle Bonnal. Ce n’est pas par hasard que cette journée mondiale a lieu le 15 avril, jour de naissance du génie Léonard de Vinci. Le thème, « À la rencontre de Léonard de Vinci artiste, chercheur, visionnaire », et le sujet, « Ciao Léonardo », sont sans équivoque. Les réalisations des élèves seront couronnées d’un prix. Entre art, technique et technologie, cet évènement a pour jury, dans chacun des établissements participants, le chef d’établissement, un professeur, un parent d’élève, un artiste et un membre du Comité de l’Association internationale des arts plastiques (AIAP-Unesco).

Vélos électriques

Autre évènement qui sert de base à des projets pédagogiques, la commémoration des 150 ans de la confédération du Canada. Au menu notamment, une semaine de la gastronomie qui se déroulera au mois de mars au lycée technique et hôtelier de Monaco. L’environnement et le développement durable s’y invitent aussi : l’écologiste canadien Bruno Tremblay donnera une conférence dans le cadre de Students on Ice à destination des classes de première. Cette année, la filière du génie industriel au lycée technique et hôtelier de Monaco roule pour un projet de vélos tout-terrain à assistance électrique. Sur la base de cadres en bambou, ils vont développer les pièces et les confectionner grâce à leur imprimante 3D, puis les installer afin que les cycles puissent permettre une balade de plusieurs jours en partielle autonomie. Cerise sur le gâteau, ils seront présentés à la prochaine exposition universelle, qui se déroule en 2017 à Astana, la capitale du Kazakhstan.

Spectacle humanitaire

Rendez-vous emblématique en Principauté, le Christmas Charity Show fait peau neuve. Cette 29ème édition laisse tomber le « Christmas » pour prendre place un mois plus tard, le 20 janvier 2017. L’évènement caritatif et humanitaire espère récolter un maximum de fonds destinés à des enfants malgaches avec des problèmes orthopédiques, accueillis au préventorium foyer Rainier-III. « La priorité est sur l’aspect médical et éducatif », résume Isabelle Bonnal. Ce sont toutes les classes du collège Charles-III en option internationale qui sont chargées de l’organisation de ce spectacle en anglais. En accord avec les passerelles tissées entre les classes du cycle 3 (lire Une réforme des collèges à la carte), les CM2 en anglais intensif collaboreront avec les sixième sur la vente de billets de tombola et de goodies, le logo de cette édition ou un programme de chanson interprétées en amont du spectacle.

Philosophie gourmande

Toujours du côté du CM2, les élèves vont pouvoir s’initier à la pensée. Dans le cadre des deuxièmes rencontres philosophiques organisées en Principauté par Charlotte Casiraghi, cette dernière a décidé de les décliner en dispositif pédagogique. À l’école, ça donne les goûters philosophiques. Une fois par mois, les scolaires vont se retrouver autour du thème de cette année : le corps. La volonté de mieux comprendre le monde avec des séances qui permettent de développer ses compétences à l’oral et sa réflexion. Les plus grands n’échappent pas non plus à cette matière constructrice de l’individu. « Les débats philosophiques continuent au lycée », rappelle Isabelle Bonnal, autour des grandes questions existentielles. La Journée des droits de l’enfant bénéficie elle aussi d’une nouvelle formule. Une démarche pédagogique de sensibilisation qui se traduit par un cycle de conférences, en octobre et novembre, à destination des élèves mais aussi du grand public. Invitée cette année, Renate Winter, juge international auprès de l’organisation des Nations unies, déclinera deux thèmes : le travail des enfants et les enfants soldats.

 

Des cahiers aux tablettes

Les technologies font leur grande rentrée. Renouvellement de parcs informatiques, arrivée de tablettes en cours de mathématiques… Dans le cadre de son plan de développement, l’Éducation nationale met le paquet sur le numérique.

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© Photo DR

« Ambitieux. » C’est ainsi qu’Isabelle Bonnal définit le plan de développement du numérique. Et pour cause : il est accompagné d’actions tangibles. Pour cette rentrée, les services de la direction de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports (DENJS) ont renouvelé le parc informatique de plusieurs établissements scolaires. Au lycée Albert Ier, 193 terminaux et 20 imprimantes ont été changés, 66 ordinateurs « homogénéisés ». Même sort pour les terminaux et imprimantes du lycée technique et hôtelier, qui ont fait peau neuve, ainsi que ceux des établissements de La Condamine, de Fontvieille, des Révoires et de Saint-Charles. Aux écoles maternelles des Carmes et du Parc, parc informatique et imprimantes ont été remplacés. « L’année dernière, nous avons rénové tout le parc informatique de Charles-III », explique Isabelle Bonnal. Là, « ce sont plus de 150 nouveaux terminaux dans les écoles primaires ».

Tableaux 2.0

À cette indispensable mise à jour technologique s’ajoute l’arrivée d’outils pédagogiques. Dans le cadre de la réforme du collège, 210 tablettes numériques feront leur apparition sur les tables des cours de maths au collège Charles-III à partir de janvier 2017. Elles permettront de « personnaliser l’enseignement en fonction des besoins des élèves », explique la directrice de la DENJS. Les nouveaux programmes intègrent des notions d’algorithme et de programmation « afin d’apporter aux élèves des clés de décryptage d’un monde numérique en évolution constante ». Les six écoles primaires de Monaco — qui comptent près de 2 000 élèves — ont été équipées de 91 vidéoprojecteurs et de 9 tableaux blancs interactifs, pour un budget de 540 000 euros. Soit le quart de l’enveloppe consacrée au développement, sur cinq ans, du numérique dans les établissements.

Livres numériques

Pêle-mêle, c’est aussi des liseuses qui vont s’inviter à la bibliothèque Princesse Caroline, avec des nouveaux ouvrages, ainsi que deux tablettes numériques côté ludothèque, afin de « consulter la presse » et de bénéficier « d’applications pédagogiques ». Des investissements technologiques qui ne doivent pas faire oublier les bonnes vieilles pages à feuilleter. « L’un ne doit pas remplacer l’autre », estime Isabelle Bonnal, qui voit dans ces outils numérique un complément éducatif. Sans compter l’indispensable modernisation des procédures administratives : à partir de cette rentrée, les parents d’élèves pourront simuler leur allocation cantine en ligne.

 

 

 

Des travaux tous azimuts

Dans les prochaines années, de nouveaux établissements doivent sortir de terre, pendant que d’autres seront rénovés. Le point sur les chantiers qui vont bénéficier aux enfants scolarisés en Principauté.

Cela fait longtemps que le projet est évoqué, mais il devrait bientôt être initié. Le gouvernement doit procéder à la restructuration du stade Louis-II. « Des travaux de modernisation importants », note Isabelle Bonnal, la directrice de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports (DENJS), et surtout nécessaires après trente ans de bons et loyaux services. Un stade qui gardera bien entendu sa dimension omnisports. En raison des nombreuses activités qu’il héberge, il restera en exploitation durant les travaux. À ce sujet, la DENJS « a interrogé l’ensemble des associations sportives qui utilisent le bâtiment afin de recueillir leurs besoins ».

Première pierre

Côté constructions scolaires, les échéances se précisent. L’opération Stella donnera une nouvelle école à La Condamine en septembre 2018. Avec ce nouvel établissement de 225 places rue des Agaves, il s’agit de « désengorger les classes des maternelles » de ce quartier, avance Isabelle Bonnal. Un nouveau collège-lycée François-d’Assise-Nicolas-Barré (FANB) doit aussi voir le jour à Roqueville, avec une livraison prévue fin 2018-début 2019. « La première pierre doit être posée le jour de la Saint-François [mardi 4 octobre, N.D.L.R.] », précise la directrice de l’Éducation nationale. De la sixième à la terminale, près de 750 élèves devraient emménager dans ce bâtiment dont le coût avoisine les 58 millions d’euros.

Îlot Pasteur

Plus lointain, le nouveau collège Charles-III devrait arriver en 2020-2021. Au sein de l’îlot Pasteur, il devrait accueillir quelques 1 500 élèves, contre 1 200 dans l’établissement actuel. Son coût est estimé à 90 millions d’euros, contre 320 pour l’enveloppe totale du chantier de l’îlot Pasteur, dans lequel la DENJS devrait également déménager aux côtés du nouvel espace Léo-Ferré et de la future médiathèque municipale. « Une réflexion sur la réhabilitation de l’école FANB sur le Rocher est en cours », confie Isabelle Bonnal. Une nouvelle structure primaire est également prévue à l’est de la Principauté. « La DENJS est associée pour le côté fonctionnel et agréable », explique-t-elle. Comme sur le choix, au collège, de mettre les classes les plus jeunes sur les étages inférieurs.

 

 

journalistAymeric Brégoin