« Prendre un sac et le réutiliser »

Anne-Sophie Fontanet
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Depuis le 1er juin 2016, la distribution et la vente de sacs en plastique à usage unique sont interdites en Principauté. Avec « un sac pour la vie », le gouvernement espère rapidement changer les habitudes des consommateurs à Monaco.

 

C’est une action symbolique de la Principauté en faveur de la préservation de la biodiversité marine et de la diminution nette de l’empreinte écologique. 22 000 sacs réutilisables en tissu vont être envoyés gratuitement par La Poste à chaque foyer monégasque d’ici la fin du mois de septembre. Objectif : accompagner l’interdiction définitive de l’utilisation de sacs plastiques à usage unique dans les commerces du micro-Etat. « Tous les sacs ont un impact négatif sur l’environnement. L’idée, c’est de dire aux gens de prendre un sac et de le réutiliser », soutient le conseiller-ministre pour l’Environnement, l’Equipement et l’Urbanisme Marie-Pierre Gramaglia. Pour faire valoir cette nouvelle pratique, elle met en avant des chiffres évocateurs. Par exemple, les 200 sacs en plastique utilisés par personne et par an en Europe selon une étude du Parlement européen, ou encore les 450 ans nécessaires à la décomposition d’un sac plastique en mer.

« Biosourcé »

À Monaco, la population peut se sentir directement concernée par les 250 milliards de déchets plastiques flottant dans la mer Méditerranée, « une des plus polluées du monde », insiste Marie-Pierre Gramaglia. Trois mois après l’instauration de cette réglementation, le conseiller rappelle les échéances à venir. Le 1er janvier 2017, tous les autres sacs à usage unique, notamment ceux destinés à l’emballage de marchandises comme les fruits et légumes, ne seront plus tolérés s’ils ne sont pas compostables et composés d’au moins 30 % de matière biosourcée. Soit des sacs avec des composants d’origine végétale. À l’horizon 2025, cette proportion augmentera jusqu’à 60 %. « Aujourd’hui, ces sacs fins et petits sont les plus polluants car non recyclés et non réutilisés », observe Valérie Davenet, directrice Environnement. Le 1er janvier 2020, ce seront tous les ustensiles de cuisine jetables en matière plastique qui seront interdits au profit de ceux en matière « biosourcée ».

Label

La prochaine étape pour le gouvernement est dorénavant la création d’un label « commerce engagé ». En juin, 37 commerçants pilotes ont adhéré à l’idée et contribueront à l’élaboration d’un cahier des charges qui prendra en compte le tri sélectif, les circuits courts, ou encore la récupération des emballages notamment en verre. « On constate une adhésion forte des commerçants », s’est réjoui le conseiller Gramaglia. Ces engagements suivent l’impulsion donnée par le Prince Albert lors de la COP21 à Paris, l’an dernier (lire Monaco Hebdo n° 948). Dans sa déclaration publique, la Principauté de Monaco s’est engagée à réduire de moitié ses émissions de CO2 d’ici 2050.

 

journalistAnne-Sophie Fontanet