Cinq innovations au service de la santé

Aymeric Brégoin
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Le salon Connected Health Monaco s’est tenu au Grimaldi Forum le mardi 31 mai et mercredi 1er juin. En marge de conférences sur les évolutions médicales, c’était aussi l’occasion de présenter des nouveautés technologiques autour de la santé. Monaco Hebdo a sélectionné cinq de ces innovations qui sont aux portes de notre quotidien.

Rendez-vous

Prendre un rendez-vous en ligne avec MonDocteur

Faciliter l’accès à la santé et simplifier le quotidien des patients comme des praticiens, c’est l’objectif du portail de prise de rendez-vous en ligne MonDocteur, lancé en juin 2013. Pour son troisième anniversaire, la plate-forme peut se targuer d’être présente auprès de plus de 5 500 médecins et spécialistes dans 250 des principales villes de France. Et enregistre une prise de rendez-vous toutes les trois secondes… Dans la région, MonDocteur est notamment présent à Nice ou à Cannes. Au forum Connected Health Monaco, Clément Gardette, responsable développement Paca, est venu convaincre et conquérir le milieu médical avec des objectifs ambitieux. Actuellement, MonDocteur représente 40 % du marché des praticiens équipés d’un dispositif de prise de rendez-vous en ligne, mais seulement 2 % des quelque 500 000 médecins sur le territoire. La start-up mise sur 20 % d’ici 2018… soit dix fois plus. Pour ce faire, le portail web annonce doubler ses effectifs pour atteindre 10 millions de rendez-vous mensuels d’ici décembre 2016… et loue son évolution constante. Communication facilitée entre les médecins et leurs patients, accompagnement des professionnels de santé parfois isolés dans des territoires, agenda disponible instantanément pour les praticiens… MonDocteur doit, en plus de ces services, prochainement dévoiler de nouvelles fonctionnalités.

 

Cœur

Des défibrillateurs connectés pour le domicile

Lors d’un arrêt cardiaque, le délai d’intervention est crucial. Chaque minute qui s’écoule, c’est 10 % de chances de survie en moins. Conscient qu’il est vital d’intervenir dans les quatre premières minutes, Lifeaz a conçu le premier défibrillateur connecté destiné au grand public. « Lifeaz se place là où il doit être, c’est-à-dire au domicile des particuliers, où près de 80 % des arrêts cardiaques ont lieu », plaide la jeune entreprise. En équipant les foyers, il pourrait réduire drastiquement la mortalité par arrêt cardiaque. Grâce à cette invention, actuellement en cours de développement, cette start-up fait partie des dix vainqueurs du concours « coup de cœur du jury » de Connected Health Monaco. Connecté, l’appareil détecte la moindre anomalie — problème de batterie ou d’électrode — et alerte la start-up. Un simple bouton enclenche un guide vocal ; il analyse le rythme cardiaque et décide s’il faut réanimer la victime. « Aucun risque d’empirer la situation », assure Lifeaz. Pour que le défibrillateur voit le jour, une campagne de financement participatif a été lancée sur Ulule, et à déjà dépassé son premier objectif : 15 000 euros pour la finalisation du deuxième prototype. Deuxième étape : 40 000 euros, qui permettraient de réaliser les tests de certification afin d’être commercialisé. Et avec le double, c’est la mise en place de la première ligne de production qui est assurée.

 

Surdité

Être averti de ce qu’il se passe quand on n’entend plus

C’est l’un des dix lauréats du concours Connected Health Monaco 2016. Développé par une start-up azuréenne, Smart Ear transforme en quelque sorte le téléphone portable en oreille pour les personnes sourdes ou malentendantes. Et en France, ils sont plus de cinq millions, notamment les personnes âgés, à souffrir de déficiences sonores. Le concept est simple : le dispositif capte constamment tous les bruits au sein de l’habitat. Dès que Smart Ear repère l’un des vingt sons pouvant être pré-enregistrés — sonnerie de la porte, minuteur du four, appel téléphonique, alarme incendie… —, il va faire vibrer le smartphone et afficher sous forme de texte l’alerte correspondante. Et allume en même temps un témoin lumineux sur le module Smart Ear. L’application, gratuite et sans publicité, peut aussi retranscrire en temps réel tout ce que dit un interlocuteur en s’appuyant sur la technologie de saisie vocale du téléphone. L’entreprise a également lancé See for Ear, le petit frère de Smart Ear : des dispositifs de couleurs différentes qui peuvent être associés à un son, et qui permettent ainsi à la personne atteinte de surdité de voir l’alerte, et ainsi de l’identifier instantanément.

 

I.A.

Premiers conseils pour symptômes simples

Elle s’appelle Lucie. Véritable intelligence artificielle avec laquelle on peut converser « en langage naturel », l’objectif de l’application smartphone Ask Lucie est de pouvoir prendre en charge « toutes les demandes de bobologie ». Créée par un médecin et un développeur, la version beta est sortie il y a deux mois. Elle permet d’apporter à l’utilisateur une « réponse fiable et pragmatique » grâce à « une interaction comme avec un médecin », assure le créateur Leonardo Uribe. Pourtant, Lucie ne s’y substitut pas. L’assistante médicale intelligente ne se permet pas d’émettre de diagnostic en fonction des symptômes décrits. « On ne peut par exemple pas dire qu’il y a 70 % de chances que ce soit une gastro et 30 % autre chose », décrypte le directeur. « On va dire que, par rapport aux symptômes, ça ne semble pas grave, et qu’il faut faire telle chose [comme prendre du paracétamol et surveiller sa température si l’on décrit de la fièvre, N.D.L.R.], ou que si ça semble grave, de consulter un docteur. » Sur demande, Ask Lucie propose une réponse vérifiée par un médecin. À Connected Health, la start-up est l’une des lauréates du concours. « C’est un prix intéressant, qui nous permet de nous présenter sur le salon, et de rencontrer des investisseurs et d’autres start-ups », note Leonardo Uribe. Actuellement, Ask Lucie se consacre à « améliorer le fonctionnement du bot pour traiter au moins 50 % des demandes de manière automatisée, car des personnes surveillent derrière ». La deuxième étape sera de proposer du télé-conseil en “live” avec un médecin partenaire.

 

Vision

Dépister le diabète par des images de la rétine

Le diabète sucré engendre une atteinte de la rétine appelée rétinopathie diabétique. La start-up DreamUp Vision, dirigée par le docteur Ekaterina Besse, vise à automatiser la détection de cette maladie sur des images de fonds d’œil grâce aux technologies de reconnaissance d’images les plus avancées. Et ainsi d’aider les ophtalmologistes à détecter au plus tôt cette rétinopathie diabétique, même dans ses premiers stades. La détérioration des vaisseaux sanguins de la rétine entraîne une perte progressive de la vision. Aux États-Unis, le diabète est l’une des principales causes de cécité chez l’homme avant 70 ans, et des lésions rétiniennes sont retrouvées chez près d’un tiers des diabétiques adultes, notamment de sexe masculin. DreamUp Vision mise sur la démocratisation du dépistage de cette maladie en incluant dans la chaîne de diagnostic d’autres professionnels tels que les médecins généralistes, tout en conservant l’ophtalmologue au centre du traitement. En permettant au plus grand nombre de personnes atteintes de diabète de pouvoir être contrôlées très tôt, c’est aussi des coûts en moins. « La prise en charge d’un patient atteint de rétinopathie diabétique aux stades précoces de la maladie ne nécessite pas de traitement coûteux », prône la jeune pousse. Également lauréat de l’édition 2016, DreamUp Vision a pu présenter son innovation à Connected Health Monaco.

journalistAymeric Brégoin