Une passerelle médicale entre Monaco et Philadelphie

Aymeric Brégoin
-

Le centre hospitalier Princesse Grace et l’université de Pennsylvanie échangent des connaissances et des compétences pour une meilleure qualité des soins. Avec le service de conciergerie, ils pourront émettre des diagnostic à distance et transférer des patients.

 

Offrir aux patients monégasques un accès personnalisé aux praticiens et aux technologies de pointe de l’hôpital américain Penn Medicine. C’est le rôle du service de conciergerie Grace-Penn, fruit de l’élargissement du partenariat entre le Centre hospitalier princesse Grace (CHPG) et l’université de Pennsylvanie (UPenn). Ce service permettra notamment aux patients qui le souhaitent d’obtenir un second avis médical par des médecins qui sont des pointures dans leurs spécialités. « Une deuxième opinion, avec le bénéfice de l’expertise de Penn à distance », explique Jack Ende, directeur exécutif de Penn Medecine, qui propose aussi de continuer « un suivi des consultations sur du long terme ». Signée en 2013, la convention a pour but de mettre en place une passerelle entre les deux établissements de soin. Le CHPG et UPenn coopèrent déjà en termes d’éducation et de formation, avec des échanges d’étudiants ou de médecins. Un anesthésiste est récemment allé se former outre-Manche, comme un chirurgien et un cardiologue. « Tout cela fonctionne dans les deux sens », précise Patrick Bini, directeur du CHPG, en mentionnant « deux internes de Philadelphie qui ont passé quelques semaines en Principauté ».

 

« Internationalisation »

Les deux établissements échangeront savoirs médicaux et connaissances technologiques, notamment dans les domaines de la cardiologie et de l’oncologie. Ils pourraient aussi collaborer sur de la recherche et, pourquoi pas, envisager « de mettre en place des protocoles communs », s’enthousiasme Patrick Bini. « Nous avons 3 000 médecins et des spécialistes dans presque tous les domaines », se targue Larry Jameson, doyen de l’université de Pennsylvanie. Un nombre nécessaire pour prendre en charge les très nombreux patients qui viennent au-delà de la région de Philadelphie. « Depuis quelques décennies, nous constatons une forte internationalisation de la patientèle », souligne le professeur Jack Ende. Une patientèle à laquelle pourrait s’ajouter des malades monégasques sur des opérations complexes. « Nous pourrons proposer de transférer le patient à l’hôpital américain sur un soin que nous ne pouvons proposer, ou un besoin qui n’est pas satisfait dans la zone d’influence du CHPG », à savoir les Alpes-Maritimes, précise le conseiller de gouvernement pour la Santé et les Affaires sociales, Stéphane Valeri.

journalistAymeric Brégoin