« Mettre en avant les talents français »

Sabrina Bonarrigo
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Elu le 16 janvier, Christophe Pisciotta est le nouveau président de l’Union des Français de Monaco. Ses priorités : la fiscalité, le logement et donner plus de visibilité à la communauté française.

 

L’ambition de l’association est claire : défendre « les intérêts moraux et matériels » de la communauté française vivant à Monaco. Christophe Pisciotta, 49 ans, directeur de l’entreprise Monaco Façonnage, est le nouveau président de l’Union des Français de l’étranger – Monaco (UFE-Monaco). Elu pour un mandat de 3 ans, cet ancien président de la Jeune chambre économique (JCE), succède ainsi à Jean-Christophe Romanet, désormais vice-président. Si bien sûr, les problématiques autour du logement et de la fiscalité restent des priorités, ce chef d’entreprise souhaite aussi insuffler une nouvelle dynamique : « Mettre en valeur les talents français. Nous avons à Monaco des entrepreneurs français, des réussites personnelles, aussi bien dans le domaine sportif, culturel, qu’économique… Mais on ne le sait pas assez. Il faut qu’on soit fiers d’être Français et qu’on le revendique. La communauté italienne est moitié moins nombreuse que la communauté française, mais elle est très visible à Monaco. Beaucoup plus que nous, notamment dans la communication. » Cette association qui compte un peu moins de 400 membres, envisage donc d’organiser quelques évènements. Notamment des dîners-débats avec un invité d’honneur « qui viendra dévoiler les clés de sa réussite », ou encore des réunions pour mettre en relation des patrons ou des cadres français. Bref, « créer une dynamique franco-française » à Monaco.

 

Certificat

Côté fiscalité, cette association souhaite aussi se positionner en première ligne. Rappelons qu’après une longue bataille judiciaire entamée en 2009, les Français de Monaco ont obtenu une victoire cruciale en avril 2014. Un arrêt du Conseil d’Etat a en effet jugé que les Français nés à Monaco et qui y ont toujours vécu, ne devront plus payer d’impôts au fisc français. « Une partie des Français de Monaco ont commencé à recevoir les remboursements de leurs impôts sur le revenu. Les dossiers sont traités au cas par cas par les services fiscaux de Menton », explique Christophe Pisciotta.

Mais les querelles avec l’administration fiscale française ne sont pas terminées. Notamment sur l’obtention des certificats de domicile : « Plus de 500 dossiers auraient été déposés auprès de la Sûreté publique. Une large partie, au moins les 3/4, a obtenu le certificat de domicile. En revanche, une partie des dossiers reste toujours en attente. C’est notamment le cas des Français de Monaco qui, pour des raisons médicales ou de convenances personnelles par exemple, sont nés en France. Bercy regarde d’un œil très tatillon ces cas particuliers et refuse, pour l’instant, que le certificat de domicile leur soit délivré. » Autre combat en perspective : celui qui concerne la Contribution Sociale Généralisée (CSG) et la Contribution au Remboursement de la Dette Sociale (CRDS) appliquées aux revenus fonciers français (voir Monaco Hebdo n° 944). « Une commission de travail a été constituée au sein de l’association pour ce dossier spécifique. Nous envisageons de proposer aux Français concernés de faire un recours contre l’administration fiscale. » Pour mener à bien ces combats, l’avocat Henri Fontana, devenu membre du bureau de l’UFE-Monaco, sera lui aussi en première ligne.

journalistSabrina Bonarrigo