Cancer : « On augmente le taux de guérison de 10 % tous les 5 ans »

Sabrina Bonarrigo
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La biennale de cancérologie accueillera 1 500 praticiens du 3 au 6 février au Grimaldi Forum. Son président, le professeur Xavier Pivot, présente pour Monaco Hebdo les enjeux de ce rendez-vous.

C’est le plus grand congrès d’oncologie en France. On vient même de Belgique, d’Afrique du Nord et de Suisse pour y assister. Pendant trois jours, du 3 au 6 février, le Grimaldi Forum va vivre au rythme des blouses blanches. « Il s’agit d’un moment de rencontre et d’échanges entre les professionnels spécialisés qui couvre tous les domaines de l’oncologie. De la recherche, des techniques chirurgicales, des traitements médicaux chimio luminothérapie et des progrès de radiothérapie » décrypte le professeur Xavier Pivot. Ce professeur et chef de pôle au centre hospitalier universitaire (CHU) de Besançon, mais aussi spécialiste du cancer du sein, préside cette biennale 2016. Né dans le Var, il a fait ses études à Nice, avant de débuter comme médecin au Centre Antoine Lacassagne (CAL), le centre de lutte contre le cancer de Nice, puis de travailler à l’étranger avant de rentrer en France. A Monaco, il a pour mission de chapeauter l’organisation et de coordonner le programme scientifique « pour que, d’un point de vue scientifique, tout soit pertinent, intéressant, éthique et efficace ».

 

« Apprendre »

« C’est un congrès qui fait la synthèse et qui permet aux experts de faire l’état des lieux tous les deux ans de l’évolution des traitements et des innovations dans le domaine de la cancérologie. Il permet à tous les cancérologues jeunes et plus vieux de faire leur formation continue pendant 3 jours à Monaco », explique ce professeur. Cette année, une trentaine d’internes en oncologie assisteront à l’événement avec un encadrement. « Les congrès sont des outils de formation. Ici, ils vont être parrainés pour apprendre à suivre, à interpréter et comprendre les communications en oncologie. » La partie formation s’intensifiera aussi grâce aux partenaires en oncologie médicale, ceux qui fabriquent les traitements. « Ils ont une expertise et ce sont des acteurs importants au quotidien. » Plus globalement, pour tous les médecins qui feront le déplacement, ce sera le moment de confronter leurs visions et interprétations des derniers progrès en matière de cancérologie. « On s’informe pour comprendre comment on implémente les dernières découvertes et les dernières nouveautés dans nos pratiques quotidiennes pour nos patients demain », souligne Pivot.

 

Guérison

Cette biennale existe en Principauté depuis 20 ans. Elle est née sous l’impulsion du docteur Michel Hery, ancien chef de service de radiothérapie au Centre Hospitalier Princesse Grace de Monaco (CHPG). « Pour moi, ça a été le premier congrès auquel j’ai été invité à parler. Dans le cœur de beaucoup de cancérologues, il reste un congrès auquel nous sommes attachés. » Cet état des lieux fait avancer les choses sur le terrain, en aidant à adopter de nouvelles pratiques pour aider les patients souffrants. Le cancer touche indistinctement toutes les tranches de population. Pourtant, le professeur se veut positif. « C’est une maladie qui a subit des révolutions. Dans le cancer du sein, par exemple, il y a encore 30 ans quasiment 95 % des femmes en mourraient. Aujourd’hui, c’est l’inverse. 9 sur 10 sont guéries » rappelle-t-il.

 

Prometteurs

Ces temps d’échanges d’information s’avèrent primordiales pour le médecin. « Plus il y a d’échanges, plus on a des chances d’améliorer les choses. Les progrès ont fait reculer la mortalité par cancer. On augmente le taux de guérison de 10 % tous les 5 ans, grâce à une meilleure organisation, grâce à de l’innovation thérapeutique et grâce au progrès médical » énumère Pivot. Dans son esprit, les progrès gigantesques de ces dernières années sont prometteurs. « Oui, on va y arriver. Un jour, on va arriver à contrôler cette maladie. Cela demande un effort de tout le monde. Un investissement des soignants et des médecins qui se doivent d’être techniquement fiable et opérationnel, afin qu’ils puissent utiliser les meilleurs outils à leurs dispositions pour ne pas faire perdre de chances aux patients aujourd’hui. »

A Monaco, pendant trois jours, des responsables de l’organisation européenne de recherche en cancérologie côtoieront de célèbres cancérologues français qui communiquent à l’international et qui se positionnent comme des leaders. « Une représentation de ce que l’on a de mieux actuellement en France en cancérologie » estime le professeur Pivot. Deux prix viendront récompenser les travaux les plus marquants. Le prix Michel Hery qui récompense de jeunes oncologues, et le prix de l’académie de médecine en cancérologie, soit la récompense française la plus prestigieuse en la matière.

journalistSabrina Bonarrigo