Sursis pour un croupier mauvais payeur

Anne-Sophie Fontanet
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En octobre 2014, E.I., un croupier monégasque de 34 ans, s’offre un très beau mariage au Castellaro Golf Resort, près de SanRemo. Changement de décor un an plus tard pour le jeune homme, déjà séparé de sa femme, qui comparaissait pour faux et usage de faux devant le tribunal correctionnel de Monaco. E.I. n’a tout simplement jamais versé le moindre centime des 16 000 euros qu’il doit à la direction de ce complexe hôtelier italien. Pire, pour faire patienter ses créanciers, il a transmis un ordre de virement qu’il aurait prétendument fait valider par sa banque. Un document falsifié à l’insu de son agence bancaire et qui l’a propulsé devant la justice. « Soit cet homme a la folie des grandeurs, soit il est dans l’incapacité de gérer son budget. C’est en tout cas un mauvais débiteur, absolument malhonnête », insiste le substitut du procureur, Michaël Bonnet. Pour justifier ce paiement en attente, le croupier évoque des difficultés financières. Devant le président du tribunal, Florestan Bellinzona, il évoque des frais liés à la commande postérieure au mariage, notamment une cuisine à plus de 10 000 euros. Le prévenu aurait même effectué un crédit à la consommation qui aurait dû servir à rembourser le mariage, mais qu’il utilisera à d’autres fins. « A chaque fois, vous pensez avoir les sous. Mais à chaque fois que c’est le cas, vous ne les gardez pas longtemps entre les mains… », souligne le magistrat. Pour enfoncer le clou, les 5 800 euros de salaire mensuel ne plaident pas en faveur du trentenaire… Le substitut réclame pour cette « fuite en avant » 3 mois de prison avec sursis. Des réquisitions suivies par la cour qui adjoindra une liberté d’épreuve de 3 ans, avec obligation d’indemniser la victime.

journalistAnne-Sophie Fontanet