Victime de harcèlement sexuel ou menteuse ?

Anne-Sophie Fontanet
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Débat animé au tribunal de Monaco le 23 juin. A la barre, une Grecque de 43 ans qui a porté plainte mi-2013 contre son supérieur hiérarchique pour harcèlement sexuel. L’enquête menée par les services de police n’a pas pu démontrer le délit. Ce qui a poussé les services judiciaires à poursuivre l’ancienne banquière pour dénonciation calomnieuse. Pourtant devant la cour, Konstantia a maintenu ses accusations. Très émue, elle a récapitulé les mots déplacés, les caresses et les baisers volés qu’elle aurait subis pendant plusieurs mois au sein d’une banque de la Principauté. « A cause de ces accusations, j’ai été mis à l’écart, alors que j’étais le numéro 2 de la banque » souligne son harceleur supposé qui dément tout acte déplacé. La suite des débats a évoqué les tensions entre le directeur et sa salariée qui la mèneront finalement devant un conseil disciplinaire. « J’avais l’espoir qu’elle dise la vérité aujourd’hui. Mais elle reste enfermée dans ses mensonges. Elle a menti intentionnellement pour placer la banque dans une crainte de scandale et ainsi négocier une somme d’argent pour son licenciement », a plaidé Me Frank Michel, conseil de l’ex-directeur de banque. Pour le préjudice moral, il a réclamé 50 000 euros de dommages et intérêts. Le substitut du procureur, Alexia Brianti, a demandé un mois de prison avec sursis pour « une dénonciation infondée. » De l’autre côté de la barre, Me Régis Bergonzi a insisté sur les pressions que sa cliente aurait subit de la part de sa hiérarchie : emails et textos à effacer en présence d’huissier, prêt de la banque à rembourser par anticipation. « L’objectif de la banque n’est pas la manifestation de la vérité. » Dernière à prendre la parole, Konstantia, en larmes, s’emporte : « Ils ont détruit ma vie. Je ne suis pas une menteuse, ni une folle. Ce que je veux, c’est la justice ! » La décision a été mise en délibéré au 7 juillet.

journalistAnne-Sophie Fontanet