« Une tornade de destruction d’emplois »

Sabrina Bonarrigo
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L’Union des syndicats de Monaco (USM) continue de se battre. C’est en substance le message lancé lors du 33ème congrès de la fédération qui s’est déroulé du 23 au 25 mars à Monaco (1). « Alors que certains espéraient qu’en 2015 l’USM ne soit plus qu’un groupuscule syndical regroupant une frêle poignée de vieux militants éreintés par les années et les convictions très tranchées, nous pouvons être fiers de constater qu’il n’en soit pas ainsi », a déclaré Christophe Glasser, le secrétaire général adjoint lors de l’ouverture de ce congrès. Pour lui, pas de doute. L’USM est « la seule organisation syndicale à Monaco qui œuvre pour les intérêts des salariés […]. L’USM est loin d’être abattue. » Christophe Glasser s’est ensuite livré à une analyse de la situation économique et sociale en Principauté. En rappelant que, « malgré une progression de 9,3 % du PIB en 2013, à Monaco les licenciements collectifs s’enchainent détruisant de plus en plus brutalement l’avenir de familles entières. » Borgwarner, Theramex, Monachem, Mecaplast, Invensys, « mais aussi d’autres entreprises, moins médiatisées. Cette course effrénée aux profits ne semble pourtant pas affoler le gouvernement qui ne prend aucune mesure pour tenter de maintenir, voire développer le secteur industriel. » Avant d’ajouter : « Derrière leur masque de la tristesse, certains jubilent de pouvoir enfin évacuer les “ouvriers“ de Monaco. Les hommes et les femmes qui se trimballent en bleu de travail dans les rues de Fontvieille. Oui, les ouvriers dérangent la haute société, parce que l’on ne peut pas nous dire que ces usines dérangent par leur pollution et qu’elles nuisent à l’environnement. Non, l’enjeu est plutôt ailleurs. Et comme l’ont déjà annoncé plusieurs hommes politiques : « Fontvieille doit devenir une ruche tertiaire. »» Le secrétaire général adjoint a également déploré que des entreprises à haute valeur ajoutée « plébiscitées par le gouvernement », réduisent elles aussi drastiquement leurs effectifs : « Single Buoy Mooring (SBM Offshore) en est le parfait exemple, avec son plan social de plus de 200 postes supprimés, alors que les derniers résultats du groupe sont exorbitants. » Autre crainte pour l’USM : que « la tornade de destruction d’emplois », frappe encore plus brutalement le secteur bancaire : « La convention multilatérale rejoint par Monaco concernant l’assistance administrative mutuelle en matière fiscale va-t-elle gêner certaines banques de la place monégasque qui décideront de délocaliser dans des pays sans obligation ? A l’USM, nous ne sommes pas des madame Irma. Mais ce scénario paraît largement envisageable. »

(1) Le congrès se réunit tous les 3 ans pour définir les objectifs des trois années suivantes.

 

journalistSabrina Bonarrigo