Palais de la Plage : une destruction polémique

Sabrina Bonarrigo
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Le Palais de la Plage, un bel édifice construit en 1931 situé sur l’avenue Princesse Grace, n’est plus. C’est à la fin du mois de février que cet immeuble bourgeois appartenant au groupe Pastor a commencé à être démoli. Une démolition qui a considérablement ému les riverains. Mais aussi « les défenseurs du patrimoine et plus largement la population », déplore Daniel Boéri, le président Horizon Monaco (HM) de la commission culture et patrimoine. Dans un communiqué particulièrement critique, cet élu n’hésite pas à parler « d’opération brutale. Aucune information relative au projet de substitution n’a été donnée à la population. Seul un cénacle restreint semble en avoir eu connaissance. Au XXIème siècle, ce silence assourdissant fait craindre le pire pour le Larvotto et notre pays. Il est à craindre que derrière cette situation étonnante ne se cache qu’une banale opération immobilière loin de valoriser le patrimoine futur du pays, quand bien même serait-elle privée. On s’étonne qu’un opérateur privé puisse procéder à une destruction sans qu’un projet de reconstruction ne soit présenté aux autorités. » Le doyen du Conseil national avait déjà adressé une lettre au ministre d’Etat Michel Roger dans laquelle il regrettait que le Palais de la Plage ne figure pas dans la liste des « éléments bâtis remarquables, inscrits dans un document d’urbanisme. » Pour l’heure, difficile donc de savoir ce qui sera construit en lieu et place. Dans un communiqué officiel, le gouvernement a rappelé qu’il s’agissait « d’une opération privée sur un terrain privé. » Avant de donner des précisions sur la hauteur du potentiel futur chantier : « Le gouvernement n’a donné […] aucune autorisation de surélévation au-delà de ce que permet l’ordonnance souveraine n° 2869 du 3 août 2010 qui règlemente ce quartier. Le futur immeuble, qui ne sera pas de grande hauteur de type immeuble de grande hauteur (IGH), s’inscrira dans l’urbanisme global de ce quartier résidentiel. » Le gouvernement précise par ailleurs que concernant le permis de démolir, il n’existe pas d’obligation légale « pour exiger du promoteur qu’il dépose simultanément le dossier de demande de démolir et celui de construire. » En revanche, le Comité consultatif pour la construction a donné un avis favorable au permis de démolition, sous réserve, entre autres, « que le promoteur s’engage à déposer le dossier de demande d’autorisation de construire dans un délai de deux mois après la fin des travaux de démolition de l’immeuble. » A noter enfin que le projet de loi relatif à la préservation du patrimoine national devrait bientôt être prêt et transmis au gouvernement.

journalistSabrina Bonarrigo