Union européenne :
Tonelli aux négociations

Sabrina Bonarrigo
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Quatre ans après son départ, Gilles Tonelli fait son retour au gouvernement. A partir du 23 février, il sera conseiller de gouvernement pour les relations extérieures et la coopération internationale. Sa mission principale : conduire les négociations avec l’Union européenne (UE) aux cotés du ministre d’Etat, Michel Roger.

 

Le gouvernement répète le même message depuis des mois. Pas question d’intégrer l’espace économique européen (EEE). Et encore moins l’Union européenne (UE). C’est un accord de partenariat « respectant les particularismes de Monaco » que les autorités monégasques veulent coûte que coûte obtenir auprès de Bruxelles. Un dossier particulièrement délicat et complexe que le prince a décidé de confier à un homme : Gilles Tonelli.

 

Cohérent

Le 4 février, ce père de trois enfants né le 27 novembre 1957, a été officiellement nommé via une ordonnance souveraine, conseiller de gouvernement pour les relations extérieures et la coopération internationale, à la place de José Badia (voir encadré). Une nomination plutôt cohérente. En effet, pendant 4 ans, de 2011 à 2015, Gilles Tonelli a occupé le poste d’ambassadeur de Monaco en Belgique, aux Pays-Bas et au Luxembourg. Une période pendant laquelle il a aussi été chef de mission auprès de l’UE.

 

« Précieux »

Pour l’élu Union Monégasque (UM) Bernard Pasquier, à 57 ans, Gilles Tonelli était l’homme de la situation : « Il paraît logique de nommer à ce poste notre ex-ambassadeur à Bruxelles. Il a sans doute acquis une bonne connaissance de la situation institutionnelle européenne. Et il a développé des contacts qui seront précieux tout au long des négociations (1). » Ce retour au gouvernement intervient aussi à un moment stratégique. Car le dossier européen s’accélère. Le 16 décembre 2014, un mandat de négociations a été adopté par le conseil de l’UE. Un mandat permettant aux trois micro-Etats concernés, c’est-à-dire Andorre, Monaco et San Marin, d’avoir un meilleur accès au marché intérieur européen.

 

« Retard »

C’est donc courant 2015 que l’essentiel se jouera pour Gilles Tonelli. « Il s’agit de bien comprendre dans quoi on s’engage. Dans ce cadre, une hirondelle ne fait pas le printemps… », poursuit Bernard Pasquier. Pour cet élu, une exigence s’impose. Mettre en place « sans tarder » une équipe de Monégasques et d’experts internationaux pour entourer le conseiller dans ces négociations : « Mon sentiment est que nous avons pris du retard dans ce domaine par rapport aux autres pays qui se trouvent dans une situation comparable. »

 

Carrière

Une certitude, Gilles Tonelli est un familier de l’administration. Cet ingénieur de l’école supérieure des travaux publics (TP83) est aussi titulaire d’un diplôme d’études approfondies (DEA) de mathématiques à l’université de Nice. Il a commencé sa carrière dans l’administration monégasque en 1984 comme chef de section au service des travaux publics. Il a ensuite été chargé de mission au département des travaux publics et des affaires sociales de 1987 à 1990. Avant d’être nommé directeur de l’urbanisme et de la construction de 1990 à 1993 et de devenir directeur général du département des travaux publics de 1993 à 1999. Pendant un an, de 1999 à 2000, il a occupé un poste de contrôleur général des dépenses, avant de prendre un poste de secrétaire général au ministère d’Etat, jusqu’en 2005. A deux reprises, de 2005 à 2006 et de 2009 à 2011, Gilles Tonelli a été conseiller de gouvernement pour l’équipement, l’environnement et l’urbanisme. Mais aussi conseiller de gouvernement pour les finances et l’économie de 2006 à 2009 (2).

bonarrigo@monacohebdo.mc

 @SabrinaBonarigo

 

(1) Le président Horizon Monaco (HM) du Conseil national Laurent Nouvion et Jean-Charles Allavena de Rassemblement et enjeux (R&E) n’ont pas souhaité s’exprimer sur ces nominations. Bernard Pasquier s’est exprimé « à titre personnel » et pas au nom du groupe Union monégasque (UM).

(2) Gilles Tonelli est aussi représentant permanent de la principauté de Monaco auprès de l’organisation pour l’interdiction des armes chimiques. Il est officier de l’ordre de Saint-Charles à Monaco et officier de l’ordre national du mérite (en France).

 

 José Badia quitte le gouvernement

Après avoir occupé pendant 4 ans le poste d’ambassadeur de Monaco auprès du roi des Belges, de la reine des Pays-Bas et du Grand Duc de Luxembourg, José Badia a fait son retour à Monaco et au gouvernement en janvier 2011 au poste de conseiller aux relations extérieures. Il a succédé alors à Franck Biancheri, parti dans le privé. Ce haut fonctionnaire, aujourd’hui âgé de 70 ans, marié et père de trois enfants, quittera officiellement son poste de conseiller le 22 février. Mais il continuera sa carrière ailleurs. « Il lui sera décerné le titre de ministre plénipotentiaire. José Badia, président de Monaco Interexpo, poursuivra sa mission au sein de cette entité en qualité de président délégué », précise un communiqué officiel du palais.

Thévenoux à Bruxelles, Cottalorda à Paris

C’est Sophie Thévenoux, nommée ambassadeur de Monaco à Paris en juin 2011, qui succédera à Gilles Tonelli au poste d’ambassadeur de Monaco en Belgique, aux Pays-Bas et au Luxembourg. Elle sera aussi chef de mission auprès de l’Union européenne (UE). En mars 2009, cette Monégasque a été nommée conseiller de gouvernement aux finances et à l’économie. Elle a d’ailleurs été la première femme à la tête d’un département du gouvernement. Pour la remplacer au poste d’ambassadeur de Monaco à Paris, c’est Claude Cottalorda qui a été choisi. Cet ancien directeur de la fonction publique et ancien contrôleur général des dépenses, s’était présenté aux élections nationales de février 2013 sur la liste de Jean-François Robillon, Union Monégasque (UM). Il a démissionné de ses fonctions de trésorier et de l’Union des Monégasques (UDM) le 20 février 2013. Depuis, il n’a eu aucune activité politique.

journalistSabrina Bonarrigo