Dreno dénonce “l’acharnement de quelques justiciables”

Sabrina Bonarrigo
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Lors de la traditionnelle cérémonie de la rentrée judiciaire le 1er octobre, une déclaration a particulièrement marqué les esprits… Celle du procureur général Jean-Pierre Dreno qui, dans son discours, a dénoncé « l’acharnement de quelques justiciables à propager la méfiance sinon le mépris envers la justice que nous rendons en votre nom » (s’adressant au prince N.D.L.R). Sans la nommer, le procureur évoque ici l’affaire du sondage Opinion way dans laquelle il a été cité à comparaître pour violation du secret de l’enquête (1). Une première à Monaco. « Que faut-il penser des déclarations fracassantes de ces justiciables s’estimant victimes de décisions politiques ou d’une justice dont le rythme (traduisez la vitesse) ne serait pas le même pour tous ? Que faut-il penser de ces justiciables qui entendent engager des poursuites pénales contre les magistrats chargés, par la loi, de traiter les affaires dans lesquelles ces mêmes justiciables sont impliqués ? », a lancé le procureur. Avant d’ajouter : « Que faut-il penser de la réaction d’une autorité administrative indépendante s’empressant de publier un communiqué aux termes rageurs et très critiques ? Que faut-il penser encore lorsque l’argumentation juridique de certains plaideurs se réduit exclusivement à des invectives envers des représentants de l’autorité judiciaire ? » Lors des débats budgétaires au conseil national, Bernard Pasquier, au nom du groupe Union Monégasque, a tenu à lui répondre : « Cette rentrée aurait pu être le moment de souligner auprès de ceux qui considèrent que Monaco n’est pas un état démocratique, que le fait de pouvoir engager des recours en inconstitutionnalité des lois ou de poursuivre en justice des magistrats démontre justement que nous disposons des outils dont tout pays démocratique doit disposer et que nous pouvons les utiliser… Malheureusement, le discours du procureur général a ramené cette audience solennelle au niveau des attaques personnelles, des conflits de personnes… donc du caniveau. » A noter que les 3 élus de la minorité (Grinda, Robillon et Pasquier) se sont abstenus sur la ligne relative à la direction des services judiciaires. S.B.

(1) Face à l’ex-président du conseil national Jean-François Robillon et son ancien directeur de cabinet Jean-Sébastien Fiorucci.

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