La Croix-Rouge : entre appel aux dons et gala

Milena Radoman
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Serbie, Syrie, Sud Soudan… La Croix-Rouge monégasque dépend des dons privés pour poursuivre son action. A l’international comme à Monaco.

En mai, la violence des pluies diluviennes qui s’étaient abattues sur les Balkans a ému la communauté internationale. En réponse aux appels en provenance du mouvement international, la Croix-Rouge monégasque (CRM) a aussitôt débloqué 50 000 euros sur ses fonds propres et recueilli 128 510 de dons, émanant essentiellement de la Fondation Stavros Niarchos (1). En quelques semaines, les éléments (et les hommes) se sont déchaînés. Résultat, 245 000 euros ont été affectés par la CRM pour aider également les populations victimes du virus Ebola en Guinée et au Libéria, le Chili, frappé par un tremblement de terre ou encore d’autres pays comme l’Ukraine victimes de conflits internes. Syrie, Sud Soudan… Les besoins ne cessent d’augmenter. « En 2013, nous avions dépassé notre budget dédié à l’accompagnement des populations en situation d’urgence. Nous l’avons augmenté en 2014 de 600 000 à 700 000 euros. La Croix-Rouge monégasque met un point d’honneur à répondre à tous les appels de la fédération internationale », explique le secrétaire général Philippe Narmino. Il s’agit en effet d’apporter des kits de survie aux populations qui n’ont rien à boire, plus de toit ni de savonnette. Des opérations de premiers secours qui précèdent celles de relèvement (destinées à désinfecter et à rendre habitables les logements). « La Croix-Rouge monégasque a, elle, davantage vocation à contribuer à financer ces missions plutôt que d’intervenir sur le terrain de son propre chef », estime Philippe Narmino. Des secouristes monégasques avaient bien participé au déblaiement de zones inondées dans les Bouches du Rhône en janvier 2014 ou après les ravages causés par l’ouragan Hugo en 1989. Mais de telles interventions sont très rares.

66 ans avec Diana Krall
Cette année, la Croix-Rouge monégasque fête ses 66 ans. L’organisation, aujourd’hui présidée par Albert II, avait été fondée en 1948 par son arrière-grand-père Louis II. Epaulée par 500 membres bénévoles et 48 salariés, elle gère maintenant plus de 2 millions d’euros de ressources. Elle prépare en ce moment son événement chic et glamour de l’année : le bal de la Croix-Rouge qui pourra compter, le 1er août, sur la voix jazzy de Diana Krall. Une manifestation essentielle pour la CRM : chaque édition permet, avec un ticket d’entrée fixé à 1 000 euros, de récolter 400 000 euros et de financer ses actions quotidiennes. Soit en plus de l’aide internationale, l’assistance sociale (budgétée à 600 000 euros). « Les gens peuvent bénéficier de tickets d’alimentation pour pouvoir acheter des produits de première nécessité dans les magasins de la principauté. On leur paie, en fonction des besoins, une partie de leur loyer, des frais de santé urgents ou des factures d’électricité », précise Philippe Narmino. Une assistance qui concerne (on l’ignore souvent) 200 personnes habitant ou ayant un lien avec Monaco. « Ces gens-là n’ont pas l’allure de SDF, c’est ce qu’on appelle la “misère en fourrure” », constate Philippe Narmino, également directeur des services judiciaires. Les autres sources de financement de la CRM viennent des dons et des legs. Une dame qui avait été aidée, de son vivant, par la Croix-Rouge monégasque lui a légué ainsi par testament son deux pièces situé sur le port Hercule…

(1) Les dons peuvent être effectués en ligne sur le site internet www.croix-rouge.mc, ou par chèque adressé à la Croix-Rouge monégasque.

Giroud ambassadeur

Début juillet, l’attaquant de l’équipe de France, Olivier Giroud, est devenu ambassadeur du projet Monaco Collectif Humanitaire (MCH). Mise en place en 2008 à l’occasion des 50 ans du prince Albert, cette chaîne de solidarité a permis d’aider et opérer 200 enfants étrangers souffrant de pathologies (souvent cardiaques) en principauté. Un projet en partie géré par la section internationale humanitaire de la Croix-Rouge monégasque.

journalistMilena Radoman