Ecoutes téléphoniques : Le Monde sème le trouble

Sabrina Bonarrigo
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Nicolas Sarkozy est-il intervenu en faveur du magistrat Gilbert Azibert pour l’obtention d’un poste à la cour de révision ou au conseil d’Etat à Monaco ? Lors de son interview accordée à TF1 et à Europe 1, l’ancien chef d’Etat français — mis en examen pour corruption active, trafic d’influence et recel de secret de l’instruction — a assuré qu’il n’avait aucunement fait cette démarche. « C’est dans le dossier, c’est prouvé », a-t-il insisté. Sauf que Le Monde du dimanche 13 juillet a publié des extraits d’écoutes téléphoniques. Celles-ci, réalisées entre septembre 2013 et mars 2014 avec son avocat Thierry Herzog, semblent montrer que Nicolas Sarkozy ait tout de même promis d’intervenir, puis ait reculé au dernier moment. Voici les extraits : Le 5 février 2014 : Thierry Herzog : « Il [Gilbert Azibert, N.D.L.R.] m’a parlé d’un truc sur Monaco, parce qu’il voudrait être nommé au tour extérieur. » Nicolas Sarkozy : « Je l’aiderai. […] Moi, je le fais monter. […] Appelle-le aujourd’hui en disant que je m’en occuperai parce que je vais à Monaco et je verrai le prince. » Le 24 février 2014 : Nicolas Sarkozy : « Tu peux lui dire que je vais faire la démarche auprès du ministre d’Etat demain ou après-demain. »
Le 26 février 2014 : Nicolas Sarkozy : « J’ai trouvé que ça ferait un peu ridicule donc j’ai préféré ne pas en parler. » Du côté de Monaco, depuis le début de l’affaire, la direction des services judiciaires a toujours maintenu « qu’aucune intervention extérieure n’est venue interférer dans la procédure de recrutement » pour le poste de conseiller à la cour de révision.

journalistSabrina Bonarrigo