Sarko show à Monaco

Sabrina Bonarrigo
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Invité par le cabinet d’audit et de conseil Deloitte, Nicolas Sarkozy est venu donner une conférence à Monaco le 19 juin au Fairmont. L’ex-chef d’Etat français s’est exprimé pendant environ une heure sur le thème des « grands enjeux économiques mondiaux. » La presse n’était pas conviée, mais le quotidien Nice-Matin s’est procuré un enregistrement. Durant cette conférence, l’ancien locataire de l’Elysée ne s’est pas privé d’adresser une pique à François Hollande. Abordant l’importance des « leaders » dans les « groupes humains », Sarkozy a affirmé qu’en « général, on ne prend pas un leader qui voit moins loin, moins vite… Enfin, ça dépend… Il y a des pays… ». Un tacle plein d’ironie qui a déclenché des rires dans l’assistance. L’ex-chef d’Etat s’est aussi longuement exprimé sur sa vision de la gestion d’un pays. « Le malheur des leaders, c’est le consensus. Une décision prise par consensus est forcément une décision prise en retard. Le temps de mettre tout le monde d’accord. Le consensus c’est le contraire du leadership. Le leader pour être légitime doit voir plus loin et surtout plus tôt que les autres. Donc il faut laisser un leader, orienter son pays, dans la vision qui est la sienne, sans exiger à 100 % qu’il y ait consensus. Sinon vous n’avancez pas. En Europe, nous sommes 28, si nous devons attendre que les 28 soient d’accord, l’Europe va se détruire. » Pour illustrer le propos, Sarkozy s’est même livré à une petite confidence personnelle : « Dans mon couple avec Carla, c’est beaucoup plus simple, il n’y a pas de consensus. Si Carla est d’accord, je suis d’accord. C’est un système beaucoup plus rapide », a-t-il plaisanté. L’ancien président s’est aussi exprimé sur l’importance de l’euro. « Si l’Euro explose, l’Europe explose. S’il n’y a plus l’Union européenne en Europe, il ne se passera pas deux ans avant que les conflits ne renaissent sur le territoire européen […]. La génération d’Hitler et celle de Pétain, c’était aussi la génération de Proust et de Thomas Mann. Les guerres les plus sanglantes et les plus cruelles, n’ont pas eu lieu en Asie, en Afrique mais en Europe, il y a quelques décennies. »  //S.B.

journalistSabrina Bonarrigo