Affaire du sondage OpinionWay : décision le 8 juillet

Adrien Paredes
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L’ex-président du conseil national Jean-François Robillon et son ancien chef de cabinet Jean-Sébastien Fiorucci ont été jugés le 16 juin. Un procès politico-médiatique.

« Il y a Monaco et il y a Strasbourg. » Seulement huit minutes d’audience se sont écoulées, lundi dernier, lorsque Me Eric Dupond-Moretti lâche, telle une menace, le nom de la ville où siège la Cour européenne des droits de l’Homme. Le ton est donné pour les cinq heures de débats explosifs qui vont suivre. Le co-défenseur, avec Me Denis Del Rio, de Jean-Sébastien Fiorucci vient déjà de se chauffer avec l’avocat général Michaël Bonnet à propos de la citation de six témoins par son client et de réclamer au président Cyril Bousseron « la comparution forcée » du directeur des services judiciaires Philippe Narmino. Des six témoins cités, seul Jean-Charles Allavena, élu et président du groupe politique Rassemblement&Enjeux, s’est rendu à l’audience.

« Pas responsables du sondage »
Jean-François Robillon et Jean-Sébastien Fiorucci ont comparu pour avoir enfreint la loi sur la protection des informations nominatives. « Ce qui a été fait à ces hommes est indigne. C’est une honte. Ils ont été traités comme des truands, jetés aux chiens », a estimé Me Dupond-Moretti durant l’audience, rappelant à plusieurs reprises les conditions dans lesquelles a débuté et s’est déroulée la procédure. « Que pensera Strasbourg d’une mise en examen sans avocat ? », s’est-il notamment interrogé. Au centre des débats, les conditions de réalisation du sondage politique et téléphonique, commandé à l’institut OpinionWay et payé 12 000 euros environ par Jean-François Robillon au premier semestre 2012. Réalisée à la fin du mois de juin 2012, cette étude, qui visait 400 nationaux, avait « troublé » le microcosme monégasque. Le sondage comportait entre autres des questions relatives à l’opinion des Monégasques sur des sujets sensibles (logement, SBM, fonction publique,…), le fonctionnement des institutions et la popularité de différentes personnalités politiques.
Les reproches faits aux deux hommes : ne pas avoir déclaré la tenue d’un tel sondage à la Commission de contrôle des informations nominatives, avoir transmis la liste électorale et l’annuaire téléphonique à OpinionWay pour que le sondage puisse être réalisé ou encore avoir recueilli des informations personnelles sur les sondés. « J’ai commandé ce sondage à titre personnel, 7 à 8 mois avant les élections », a indiqué l’ancien président du conseil national, qui souhaitait évaluer ses chances de réélection en février 2013 avant d’engager des dépenses pour une nouvelle campagne électorale. « Nous ne sommes pas les responsables de la manière dont le sondage a été réalisé et traité […] », a-t-il ajouté. Jean-Sébastien Fiorucci a, lui, précisé que de nombreuses personnes étaient au courant du sondage, notamment « des adversaires politiques » de Robillon, « dont Caroline Porasso », la secrétaire générale de la CCIN.

Cadeau
Caroline Porasso a d’ailleurs été accusée par la défense d’avoir orienté les plaintes à l’encontre de Robillon, conseillé par Mes Michel et Marquet. Notamment en mettant en ligne, sur le site de la CCIN, un modèle de plainte. Cinq plaintes avaient été transmises au procureur général Jean-Pierre Dréno par la CCIN. « Les centaines de Monégasques effrayés par le sondage, il y en a deux : Caroline Porasso et la mère d’Anne Poyard-Vatrican. Les trois autres ne se sont même pas présentés à la police », a dénoncé Me Dupond-Moretti. Interrogé en tant que témoin, Jean-Charles Allavena a assuré que ni lui ni des membres de R&E n’avaient été sollicités par Caroline Porasso pour déposer plainte. « Si on avait voulu faire un cadeau à Horizon Monaco, ces mises en examen seraient intervenues un ou deux mois avant, durant la campagne », a admis Jean-Charles Allavena.

« Duper les électeurs »
Le parquet a requis 5 400 euros d’amende pour chacun des deux prévenus. « C’est une étonnante conception de la vie politique et démocratique que les prévenus ont eu en décidant de duper volontairement les électeurs monégasques alors qu’ils allaient demander leur confiance quelques mois plus tard […] Il s’agit d’un manque de respect envers les électeurs monégasques », a tancé l’avocat général, avant d’ajouter : « Nul n’est au-dessus des lois et surtout pas ceux qui les ont votées. » « Soit vous rendez la justice, soit vous rendez un service. Si vous rendez un service, Monaco sera condamné à Strasbourg. Vous irez expliquer que le fait de commanditer un sondage en principauté entraîne des poursuites pénales. Vous serez couverts de ridicule », a rétorqué Me Dupond-Moretti. Décision le 8 juillet.

Passé Actuel : 5 à 13 ans de prison pour les braqueurs

Les trois braqueurs lituaniens de la boutique Passé Actuel sur le boulevard des Moulins, le 18 septembre 2012, ont été condamnés par la cour d’assises de Nice, jeudi 12 juin. Le cerveau de l’opération a écopé 13 ans de réclusion criminelle, ses deux complices de 8 ans de prison. Un quatrième accusé, lui aussi lituanien, a écopé de 5 ans.//A.P.

Affaire Pastor : 15 mois de prison pour le maître-chanteur

10 millions d’euros, c’est la somme qu’a tenté d’extorquer Jérôme Bat, Marseillais de 43 ans, à Jean-Victor Pastor, neveu de la défunte Hélène Pastor. En échange, le prévenu lui délivrait des informations sur les commanditaires de l’assassinat d’Hélène Pastor et de son chauffeur Mohamed Darwich. Des informations qui s’avéraient mensongères. Jérôme Bat a été condamné à 15 mois de prison, vendredi 13 juin, par le tribunal correctionnel de Marseille.//A.P.

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