« Un vrai tremplin pour les jeunes entrepreneurs »

Sabrina Bonarrigo
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Présidée par Cédric Cavassino, la Jeune chambre économique de Monaco (JCEM) organise le 19ème concours de création d’entreprise. A la clé ? Une prime gouvernementale totale de 61 000 euros. Les entrepreneurs ont jusqu’au 1er juin prochain pour déposer un dossier. Les détails avec le directeur de la commission création d’entreprise : Guillaume Tommasi.

Monaco hebdo : Pourquoi la Jeune chambre économique (JCE) a-t-elle créé le concours de création d’entreprises en 1995 ?
Guillaume Tommasi : La JCE a toujours souhaité encourager l’esprit entrepreneurial. Ce concours est donc l’occasion d’offrir un réel tremplin ainsi que des moyens financiers et une visibilité aux jeunes entrepreneurs qui souhaitent installer une activité à Monaco.

M.H. : Qui peut participer à ce concours ?
G.T. : Il est destiné à tous les créateurs d’entreprises âgés de 18 à 40 ans, dans tous les secteurs d’activités : industries, commerces, services, artisanat… Toutes les nationalités peuvent y participer. Il n’y a pas d’obligation d’être résident à Monaco. Les reprises d’entreprises monégasques existantes sont en revanche exclues du concours.

M.H. : Quels sont les critères qui sont pris en compte par le jury ?
G.T. : Il faut bien sûr que le projet présente des perspectives de créations d’emplois à Monaco et de développement. Il doit aussi répondre à un besoin en principauté. A titre d’exemple, en 2006, lorsque j’ai gagné le prix de la JCE de 21 000 euros avec A domicile Monaco, qui est une société de services à domicile, le besoin à l’époque était réel. Les projets innovants seront aussi pris en compte. Autres critères importants : la conviction, la motivation, le parcours et la qualité entrepreneuriale du créateur.

M.H. : Les créateurs d’entreprises devront amener aussi des garanties financières ?
G.T. : La viabilité économique du projet et la crédibilité du montage financier sont évidemment des critères de poids. Le créateur doit pouvoir apporter les garanties financières minimum pour pouvoir monter ensuite son projet à Monaco. C’est un représentant de l’ordre des experts-comptables de Monaco, membre du jury, qui le déterminera.

M.H. : Les Monégasques ou les enfants du pays sont-ils privilégiés ? Ont-ils une priorité ?
G.T. : Pour le prix de la JCE de 21 000 euros, on retiendra le projet d’un Monégasque ou d’un enfant du pays. Pour le prix du gouvernement de 40 000 euros, seul le projet le plus pertinent sera retenu.

M.H. : Un entrepreneur qui a d’ores et déjà créé son entreprise en France, ou à l’étranger, et qui souhaite créer une filiale à Monaco peut aussi y participer ?
G.T. : Absolument. Evidemment, seuls peuvent être pris en compte les projets qui prévoient une implantation physique en principauté.

M.H. : Le gagnant dispose de combien de temps pour créer son entreprise ?
G.T. : Le gagnant dispose d’un délai de 6 mois pour commencer à développer son entreprise. Ce n’est qu’à ce stade-là que la prime gouvernementale lui sera versée.

M.H. : Comment se passe la sélection ?
G.T. : La commission de la JCE examine l’ensemble des demandes et en présélectionne 12 au maximum. Le jury choisit ensuite un maximum de 9 projets finalistes selon un barème de notation bien précis. Après un délai minimum de deux semaines, les candidats sélectionnés sont invités à présenter oralement leur projet devant le jury : 15 minutes de présentation et 15 minutes de questions diverses. En revanche, si le projet n’est pas retenu, le candidat peut, hors concours, poursuivre ses démarches auprès des autorités monégasques. Pour cette 19ème édition, nous avons d’ores et déjà retenu 12 projets. Sachant que de nombreux dossiers sont déposés généralement quelques jours avant la date butoir, qui est fixée au 1er juin.

M.H. : Quelles sont les récompenses ?
G.T. : Il y a d’une part une prime gouvernementale de 40 000 euros qui récompense un projet monégasque ayant vocation à s’exporter, ou à rayonner à l’international. C’était par exemple le cas l’an dernier du projet Studnet qui, aujourd’hui, a un rayonnement aux Etats-Unis et en Europe. Il y a ensuite le prix de la Jeune chambre économique qui s’élève à 21 000 euros. Cette prime est destinée à récompenser un projet qui se développera à Monaco, intra-muros. C’est le prix que j’ai obtenu en 2006 avec ma société A domicile Monaco qui aujourd’hui compte environ 200 clients et 80 employés.

M.H. : Les vainqueurs peuvent bénéficier aussi de la « Monaco Success Box ». De quoi s’agit-il précisément ?
G.T. : Ce sont des biens et des services offerts aux vainqueurs par nos partenaires. Cela peut regrouper par exemple du mobilier de bureau, l’installation de structures Internet, du référencement de site Internet, ou bien encore, une aide comptable…

M.H. : De qui est composé le jury ?
G.T. : Le jury est composé de représentants de la chambre de développement économique (CDE), de la JCE, du gouvernement mais aussi du conseil national. Après délibérations, les noms des lauréats seront révélés au public lors d’une remise des prix prévue le 13 novembre prochain à l’Auditorium Rainier III.

M.H. : Seriez-vous parvenu à monter votre entreprise sans ce concours ?
G.T. : Difficile à dire. Seule certitude : ce concours a été un vrai tremplin. Au-delà de l’apport financier, l’avantage c’est qu’il s’agit d’un concours très médiatisé. Par conséquent, le vainqueur bénéficie d’emblée d’une visibilité non négligeable.

M. H : A quels types de difficultés sont confrontés les jeunes entrepreneurs qui souhaitent lancer une activité à Monaco ?
G.T. : La création d’une SARL à Monaco requiert un apport financier de 15 000 euros, alors qu’il est d’1 euro en France. Cet apport conséquent a été instauré sans doute pour favoriser les projets qui ont véritablement envie de se pérenniser sur Monaco. Cela me semble logique. C’est donc une variable à prendre en compte pour les jeunes entrepreneurs. L’implantation en principauté est également difficile en raison de la cherté des loyers.

M. H : Quels sont au contraire les avantages d’installer son activité à Monaco ?
G.T. : Monaco oeuvre beaucoup pour favoriser l’implantation de sociétés sur son territoire. La principauté est un melting pot de cultures et de nationalités qui permet aux entrepreneurs de rencontrer les personnes clés de la vie économique pour pouvoir mener à bien un projet. L’autre atout non négligeable par rapport à nos voisins est l’accessibilité des différents services de l’état et du gouvernement.

journalistSabrina Bonarrigo