Sarkozy/Azibert : En principauté, pas d’affaire

Adrien Paredes
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L’ex-président français est accusé d’avoir soutenu la candidature d’un haut magistrat à la cour de révision de Monaco en échange d’informations.

Nicolas Sarkozy a-t-il tenté de favoriser la candidature d’un haut magistrat, Gilbert Azibert, à un poste à la cour de révision de Monaco en échange d’informations sur les dossiers le concernant ? C’est la question centrale de l’information judiciaire pour « trafic d’influence » et « violation du secret de l’instruction » ouverte le 26 février par les juges du nouveau parquet financier, Patricia Simon et Claire Thépaut. L’affaire a été révélée le 7 mars par le quotidien Le Monde et fait suite au placement sur écoute des téléphones de l’ancien président français de 2007 à 2012. Gilbert Azibert, avocat général près la cour de cassation, est suspecté d’avoir renseigné Nicolas Sarkozy sur l’évolution du traitement des affaires le concernant à la cour, notamment la saisie de ses agendas dans la procédure de l’affaire Bettencourt. En échange, le magistrat aurait sollicité l’intervention de l’ex-chef d’Etat pour obtenir le poste qu’il convoitait en principauté. D’après Le Monde, les juges « suspectent » Nicolas Sarkozy et son avocat, Me Thierry Herzog, d’avoir, en février dernier, « pu solliciter les autorités monégasques afin de récompenser M. Azibert. » Une version contestée par Me Herzog. Dans un communiqué, la direction des services judiciaires a confirmé que « Gilbert Azibert a été candidat à un poste de magistrat à la cour de révision, équivalent à Monaco de la cour de cassation. » Sa candidature n’a toutefois pas été retenue au terme du processus de recrutement. La direction des services judiciaires a aussi signifié qu’« aucune intervention extérieure n’est venue interférer dans cette procédure de recrutement. » Ces révélations n’ont pas empêché la cour de cassation de juger, le 11 mars, qu’il n’y avait pas lieu de statuer sur la légalité de la saisie des agendas de Nicolas Sarkozy, l’ancien président ayant bénéficié d’un non-lieu dans l’affaire Bettencourt. Il était soupçonné d’abus de faiblesse dans ce dossier.

La banque Pasche visée par une information judiciaire

Le juge Pierre Kuentz est chargé depuis fin 2013 d’une information judiciaire pour blanchiment, dans le cadre d’une affaire touchant la banque Pasche de Monaco (voir MH n°869). En décembre 2012, trois salariés de la banque Pasche Monaco ont constaté des pratiques suspectes à leurs yeux sur certains comptes. Par exemple, des dépôts d’espèces conséquents de la part de clients. Les trois anciens salariés, qui soupçonnent la banque de les avoir licenciés pour avoir dénoncé ces pratiques, réclament 1,8 million d’euros à leur ancien employeur. Leur requête sera examinée par le tribunal du travail, le 28 avril.

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