Golovkin, « l’animal » du ring

La Rédaction
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Golovkin était bien trop fort pour Adama. Sans opposition, le champion kazakh a une nouvelle impressionné le public de la salle des étoiles. Rencontre avec un animal de compétition.

Par Romain Massa.

« On peut aborder toutes les questions ? » « Sauf celles qui n’appellent pas de réponses ». D’emblée, le ton est donné par l’agent de Gennady Gennadyevich Golovkin : rien ne filtrera de cet entretien à trois voix. En conférence de presse ou en zone d’interview, « GGG » affiche un sourire béat et une grande disponibilité. Bringuebalé aux quatre coins du Casino de Monte-Carlo, par les journalistes, ses fans et ses agents, difficile d’imaginer que ce Kazakh de 31 ans a gagné 90 % de ces combats par KO. Né en 1982 à Karangada en Union Soviétique, il commence la boxe à dix ans, au moment même où son pays devient indépendant. « Après la chute de l’URSS, le pays a sombré dans une importante crise économique et sociale. La boxe était un moyen d’exprimer cette douleur », assure Golovkin. Une souffrance accentuée par la mort au combat de ses deux grands frères. Gennady et son frère jumeau, Max, s’engagent dans la boxe amateur, en se promettant de ne jamais s’affronter. Aux sélections nationales pour les Jeux-Olympiques de 2004, les deux hommes sont en finale. Max déclare forfait, Gennady s’envole pour Athènes. « La médaille d’argent obtenue à l’issue des Jeux reste encore aujourd’hui mon meilleur souvenir. C’est formidable de se battre pour son pays », se souvient-il. Après plus de 300 combats amateurs sans jamais avoir connu le moindre KO, le puncher s’installe en Allemagne pour devenir professionnel. Une décision compliquée à prendre : « C’est dur de quitter son pays et ses proches ». Chez les pros, après 18 victoires dont 15 obtenues avant la limite, il remporte en 2010 son premier championnat du monde WBA des poids moyens en 3 rounds. Un an plus tard, il gagne l’équivalence IBO en deux minutes.

Un combat contre Floyd Mayweather ?
Après son succès à la salle des étoiles, le 1er février, il compte 29 victoires pour 0 défaite. Un sportif spectaculaire : son pourcentage de KO est le plus élevé parmi tous les tenants de titre actifs dans toute l’histoire des poids moyens. Ce record, « GGG » le prend très au sérieux : « C’est bien pour moi, pour le public et la discipline en général. » Son agent enchaîne : « Quand les gens le regardent à la télé, ils sont accrochés sur leur siège et attendent le KO. » Son dernier combat au Madison Square Garden (MSG) a été suivi par plus de 1,4 million de personnes. Connu à travers le monde, soutenu dans son pays, « GGG » est un des rares boxeurs à encore susciter de l’engouement. Donner une dimension internationale à un Kazakh, c’est la mission de son entourage. Son agent l’assure : « Quand il se produit au Madison Square Garden, le public est fou. Les gens veulent des autographes, des photos ». A en juger par l’effervescence provoquée par son arrivée dans le Casino de Monte-Carlo, on le croit volontiers. Humble, presque gêné par ces louanges, Golovkin n’en reste pas moins une bête sur le ring. A tel point que Floyd Mayweather, le meilleur boxeur du moment (45 victoires, 0 défaite) ne voudrait pas combattre contre lui. Pourtant, il est prêt à perdre du poids pour boxer dans la catégorie de l’Américain. GGG l’affirme : « C’est un combat que je souhaite vraiment ». C’est bien la seule ombre au tableau de chasse quasi-parfait de Golovkin : il lui manque une opposition de très haut niveau. « C’est très dur à organiser sur le plan financier et les adversaires ont peur. C’est lui le meilleur et ils le savent », assène son agent. Le 26 avril prochain, il se produira pour la troisième fois au MSG. Contre qui ? « Le meilleur adversaire possible », annonce t-il fièrement. Il repart, la démarche hésitante, encadré par sa « Team », se prêtant de nouveau au jeu des autographes sous le crépitement des flashs.

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