Monaco à l’assaut de Milan 2015

La Rédaction
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Monaco sera une nouvelle fois présent lors de la prochaine Exposition universelle. Pour cette édition 2015, le pavillon monégasque a misé sur l’innovation… et l’humanitaire.

Par Nicolas Spinelli.

Monaco, situé entre l’Arabie Saoudite, le Japon, la Russie et la Turquie, ce n’est pas une vue de l’esprit. Ce sera la position géostratégique du pavillon monégasque lors de la prochaine Exposition universelle… Le 30 janvier, Monaco Inter Expo a révélé la maquette du Pavillon Monaco, qui représentera la principauté à Milan du 1er mai au 30 octobre 2015. Ce bâtiment, conçu par l’architecte Enrico Pollini et la société Es-Ko, sera entièrement construit pour l’occasion, ce qui n’avait plus été le cas depuis l’an 2000. Lors des précédentes expositions, les organisateurs monégasques avaient en effet aménagé des bâtiments existants. Ils devront cette fois partir de zéro, sur un terrain vierge de 1 000 m2. Les travaux devraient démarrer au mois de mars et s’achever, au plus tard, le 1er avril 2015.

Un toit entièrement végétalisé
Axé sur le thème de l’« excellence solidaire » (Milan 2015 a pour thème « Nourrir la planète — Energie pour la vie »), ce pavillon se veut innovant et surprenant. Son toit, entièrement végétalisé, représentera les cinq continents et à l’intérieur, les 240 m2 de scénographie (pensés par Facts and Fiction) seront déclinés sur 11 stations, évoquant notamment la nurserie ostréicole, la déforestation, les aires marines protégées, ou encore le combat contre la malnutrition. Bref, on est bien loin du béton, des strass et paillettes, clichés qui collent à la peau de la Principauté. « Nous voulons présenter Monaco sous un angle original, porté sur l’économie durable et le respect de l’environnement », explique Julien Cellario, directeur de Monaco Inter Expo et responsable du projet. La preuve ? Le bâtiment, construit à base de matériaux recyclés (les containers) ou de ressources renouvelables (le bois), sera intégralement relocalisé au Burkina-Faso à l’issue de l’exposition universelle, au profit de la Croix-Rouge. La structure est destinée à accueillir, à terme, un centre de formation aux premiers secours, un autre de formation professionnelle, avec la possibilité de louer les locaux.
A Milan, l’objectif est bien évidemment de promouvoir la place et de faire le plein de visiteurs. D’autant que « Milan est à quelques heures de Monaco. De nombreux Monégasques pourront donc venir. Nous voulons aussi profiter du lien particulier qui existe entre la Principauté et l’Italie. Ce pavillon doit être un lieu convivial et riche en échanges », rappelle Julien Cellario.

Un budget de 6,7 millions d’euros
Côté finance, le budget accordé par l’Etat est de 6,7 millions d’euros. Rien à voir avec les 11 millions déboursés pour l’exposition de Shanghai. A côté de cette baisse substantielle, rigueur budgétaire oblige, il a été clairement demandé aux organisateurs de trouver des sponsors afin d’alléger l’enveloppe gouvernementale. Pas de quoi inquiéter pour autant le commissaire général adjoint du pavillon : « Il n’est pas judicieux de comparer le budget de 2015 à celui de 2010. Le projet de Milan est totalement différent de celui de Shanghai. Et du côté des sponsors, l’image de la Principauté est suffisamment attractive pour que nous trouvions des entreprises prêtes à nous aider ».
D’ailleurs, le projet est bien engagé. La Principauté a déjà signé son contrat de participation, nommé son commissaire général (l’ambassadeur Robert Fillon) et déposera bientôt son projet détaillé. Seule l’Allemagne serait aussi avancée dans le processus de participation. Désormais, il s’agit de démontrer l’utilité de la participation de la Principauté à ce type de manifestation. En espérant aussi pouvoir poursuivre l’aventure dans de bonnes conditions à Astana en 2017 et à Dubaï en 2020.

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