Décès d’André Muhlberger : la piste accidentelle privilégiée

Adrien Paredes
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L’enquête se poursuit sur les causes du décès de l’ancien directeur de la Sûreté Publique survenu le 23 juin au large de la Mala à Cap-d’Ail.

Par quel bateau André Muhlberger a-t-il été happé le 23 juin dernier en fin d’après-midi au large de la crique de la Mala à Cap-d’Ail ? C’est la question centrale à laquelle les enquêteurs tentent de répondre. La piste de l’embarcation en fuite, qui était avancée dès le lendemain des faits, « s’amenuise » selon une source proche de l’enquête. « Elle paraît peu probable au regard des derniers éléments recueillis », ajoute-t-elle. Le 24 juin, un bateau battant pavillon irlandais, pouvant être potentiellement cette embarcation en fuite, avait été placé en cale sèche à Saint-Jean-Cap-Ferrat mais son examen n’avait cependant rien révélé de probant. La thèse de l’accident semble avoir supplanté les autres pistes. Plusieurs nouveaux témoignages ont été recueillis et les bateaux qui se trouvaient sur zone, à 500 mètres de la plage de la Mala, continuent d’être examinés. Parmi eux, le Joÿka, le yacht de 22 mètres que l’ex-patron de la police monégasque tentait de rejoindre à la nage. Cette embarcation, de type Mangusta 72 et propriété d’un ami russe d’André Muhlberger, a été extraite jeudi dernier du port de Cap-d’Ail pour être minutieusement expertisée. La piste d’une mauvaise manœuvre du commandant du Joÿka alors que l’ancien directeur de la Sûreté se trouvait proche du yacht n’est pas écartée. Les enquêteurs ne se focalisent cependant pas particulièrement sur ce bateau. Quant à l’autopsie du corps d’André Muhlberger, les résultats des prélèvements effectués n’étaient pas encore connus au moment de l’écriture de ces lignes. « Beaucoup d’analyses ont été lancées à partir de ces prélèvements, elles sont en cours à Paris », souligne un proche de l’enquête.

Enquête préliminaire pour homicide involontaire
La piste de l’accident s’est également renforcée par la publication d’un témoignage. Dans son édition du 28 juin, Nice-Matin citait une jeune femme présente sur le Joÿka et témoin indirect des faits. « Je l’ai vu nager et il nous a fait un signe. Et puis soudain, tout juste après le départ du boat service qui était encore sur le côté de notre bateau, j’ai réalisé que quelque chose venait de se produire. Un corps flottait inanimé. Un de nos amis a plongé, a pris André Muhlberger pour le mettre à bord », expliquait ce témoin au quotidien. L’enquête de flagrance s’est muée en enquête préliminaire pour homicide involontaire, instruite par le parquet de Nice. Selon les Dernières Nouvelles d’Alsace, le fils de l’ex-policier, David Muhlberger, aurait déposé plainte et le frère du défunt, Pierre Muhlberger, aurait l’intention d’en faire autant. Selon le code pénal français, les homicides involontaires sont punis de trois ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende.

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