Syndicats : la F2SM se révèle au grand jour

Adrien Paredes
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La Fédération des syndicats de salariés de Monaco tente de se démarquer de l’organisation concurrente, l’Union des Syndicats de Monaco (USM).

La Fédération des syndicats de salariés de Monaco (F2SM) est sortie du bois, le 13 juin dans une salle de l’auditorium Rainier-III. A la tribune, le président Jean-Luc Cloupet a présenté une organisation dont les statuts ont été publiés au journal officiel le 28 décembre 2012 et qui revendique « un syndicalisme de service et réformiste ». La jeune F2SM est née d’un schisme avec l’historique Union des Syndicats de Monaco (USM) l’an dernier. Deux syndicats SBM, cadres administratifs et cadres et employés de la salle du Sun Casino, en sont les fondateurs. Un troisième, celui des services intérieurs et extérieurs de la SBM, les a rejoints. Une divergence de points de vue sur le dossier des retraites survenue à la mi-2012 a conduit à la création de cette nouvelle fédération. « Un groupe de travail avait été constitué par l’USM pour travailler sur le projet de loi de la réforme des retraites. Les analyses qui en ont découlé se sont traduites par un divorce. Les non affiliés n’avaient pas le droit d’exprimer leurs analyses. Nous pensons que le projet était bon », explique Jean-Luc Cloupet.

« Droit de grève, solution extrême »
Les membres du comité directeur n’ont pas oublié les critiques de l’USM et les quelques lignes du rapport du conseil national sur le budget primitif 2013. Le texte reprenait les accusations de l’USM vis-à-vis d’un fonctionnaire de l’Etat qui aurait démarché pour la nouvelle fédération. « Les attaques nous ont blessé. On travaille depuis quinze ou vingt ans pour les salariés et on nous traite comme des va-nu-pieds », s’offusque Cloupet. La F2SM a « pour ambition de faire évoluer la conception obsolète des rapports sociaux monégasques où le conflit prime encore trop sur le dialogue ». « Aujourd’hui, ce n’est plus tout pour le salarié et le patron doit tout payer. Il faut ouvrir le dialogue pour qu’on comprenne ce que veulent les employeurs, le gouvernement et les salariés », juge le président de la F2SM. Il estime que « le droit de grève est une solution extrême ». « S’il constitue le dernier recours pour agir, on l’utilisera », clarifie-t-il. La Fédération assure la primauté du syndicat de base sur la structure fédérale, soulignent également les représentants de la F2SM.

Loi sur l’intéressement
L’organisation a proposé l’élargissement à la femme de la notion de chef de foyer en matière de prestations familiales et l’égalité de traitement en matière de droit à anticipation de la pension de retraite CAR pour les hommes. Elle entend également promouvoir une loi sur l’intéressement. Déjà présente au sein d’organismes paritaires, la F2SM souhaite être conviée aux réunions tripartites du conseiller de gouvernement pour les affaires sociales, Stéphane Valeri. Elle se penche sur les défis de demain, dont celui de faire venir 80 000 pendulaires en principauté à l’horizon 2030.

Retraite complémentaire

« L’USM reste le partenaire historique », a récemment déclaré le patron de la fédération patronale, Philippe Ortelli, à Nice-Matin. Une phrase qui doit être « remise dans son contexte » pour Philippe Lemonnier, le secrétaire général de la F2SM. « Il se trouve qu’il y a un énorme problème sur les caisses de retraite complémentaire. La Fédération patronale et l’USM doivent trouver un accord tenant compte des spécificités monégasques avec les commissions paritaires AGIRC/ARRCO. Il reste 5 mois. Sinon, au 1er janvier 2014, les salariés de Monaco ne pourront plus partir à 60 ans avec leur complémentaire à taux plein. »

Article 6

« L’article 6 (soit le licenciement sans motif, N.D.L.R.) est une atteinte à la dignité humaine. Il devrait être banni d’un Etat moderne. Bon nombre de conventions collectives à Monaco prévoient désormais la motivation des licenciements. Il y a une position médiane à trouver sur ce sujet », a déclaré Philippe Lemonnier, secrétaire général de la F2SM.

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