Pour une usine d’incinération offshore

Milena Radoman
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Alors que l’incinérateur sera bientôt en fin de vie, le débat sur l’avenir de l’usine de Fontvieille devrait rythmer les débats en 2013, après avoir déjà émaillé la campagne électorale. Il s’agit aujourd’hui de savoir si le gouvernement monégasque tranchera pour une externalisation ou un maintien à Monaco du traitement des déchets. Synergie monégasque, désormais présidé par Franck Nicolas, relance le débat et livre une proposition. Le parti politique s’était déjà opposé par le passé à toute externalisation en raison de désagréments possibles causés par la « perte de la maîtrise de la gestion des déchets en cas de problèmes techniques ou sociaux dans l’usine étrangère et le flot incessant de camions pour exporter les déchets, générant de la pollution sur les routes. » Sachant, de plus, que l’Union Européenne exige « que chaque pays gère ses déchets. » Prônant donc une conservation de l’incinérateur de la SMA sur le territoire monégasque, Synergie monégasque, composante de la majorité parlementaire Horizon Monaco, propose aujourd’hui une piste originale pour la future usine. La Principauté pourrait construire « une plate-forme en mer, au large de Monaco, sur laquelle serait implanté l’incinérateur, tout en imposant des normes rigoureuses. Techniquement, cela est possible, même à une profondeur de 50 mètres », indique un communiqué. Il s’agirait alors de « calculer son emplacement pour qu’elle puisse à terme s’intégrer dans la zone où pourrait se réaliser plus tard, Fontvieille II ». Par ailleurs, pour Synergie monégasque, « il resterait à étudier les solutions techniques les moins onéreuses et les moins polluantes pour transférer les déchets à traiter et ceux triés (mâchefer…) ainsi que les résidus, soit par barges, soit par des galeries sous-marines (pneumatiques, tapis roulants…) ou autre solution. » Conscient que « cette solution peut faire sourire ou rire même », SM veut amener une réflexion « bien en avance sur son temps, de ce que l’on va devenir et laisser à nos enfants ». Il y voit « le gage d’un pays qui refuse que le “rouleau compresseur” de la fatalité ne l’écrase sous le poids de l’immobilisme ». Reste à savoir si la majorité parlementaire dans sa globalité soutiendra cette proposition face au gouvernement.

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