Monaco, sur les routes de la F1

La Rédaction
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Ce week-end se déroulera le 71ème Grand Prix de Monaco. Véritable institution dans le monde automobile, le circuit de la Principauté fait toujours déplacer les foules et naître une certaine excitation chez les pilotes, pour qui conduire dans les rues de la cité-Etat est toujours un exercice de style. Mais au-delà de l’aspect sportif, l’événement met en lumière bien des facettes moins connues, si l’on y regarde de plus près. Le territoire monégasque se révèle ainsi être un réel vivier de ces as du volant, à l’image des Nico Rosberg et Lewis Hamilton, ou d’anciennes gloires de l’asphalte comme Thierry Boutsen et Jean-Pierre Jarier. Les pilotes monégasques sont aussi présents à l’étage inférieur, en GP2, ce qui donne d’ailleurs l’occasion de découvrir la discipline avec Stéphane Richelmi. A l’image de ce qui se fait dans le football et le milieu artistique, les agents sont présents en F1. Nicolas Todt, fils de Jean, témoigne. A chaque Grand Prix sa nouveauté, cette année c’est le jeune Français Jules Bianchi qui ne cesse de faire parler de lui grâce à ses courses. Monaco Hebdo s’est penché sur son cas…
Par Romain Chardan.

Nico Rosberg – Lewis Hamilton,
résidents et favoris

Les deux pilotes de l’écurie Mercedes vivent en principauté et possèdent de nombreux atouts pour jouer les premiers rôles sur le circuit monégasque.

Par Adrien Paredes.

Cinq Grand Prix de Formule 1 disputés, trois vainqueurs : Kimi Räikkönen (Lotus-Renault) en Australie, Sebastian Vettel (Red Bull-Renault) en Malaisie et au Bahreïn, et Fernando Alonso (Ferrari) en Chine et en Espagne. Tel est le tableau de la saison 2013 de Formule 1 avant que ne se tienne le 71ème Grand Prix de Monaco, dimanche 26 mai. Comme en 2012, le championnat du monde s’annonce très ouvert. De l’aveu d’Alonso, une autre écurie, Mercedes, pourrait bien venir s’ajouter au palmarès en cours d’écriture, en s’adjugeant la victoire en principauté. L’Espagnol justifie son pronostic par une tendance. Au cours des trois derniers Grand Prix, l’équipage allemand a décroché la pole position. A Barcelone, le 12 mai, Mercedes occupait même la première ligne sur la grille de départ, l’Allemand Nico Rosberg en numéro 1 et le Britannique Lewis Hamilton en numéro 2.

Portrait de Lewis Hamilton

© Photo ACM

Les coéquipiers, issus de la génération 1985, ont beaucoup en commun. A commencer par leur lieu de résidence. Le premier, fils de l’ancien pilote automobile finlandais, titré en 1982, Keijo Erik Rosberg, a grandi à Monaco (lire par ailleurs). Il est presque un enfant du pays. Le second a quitté la Suisse pour la Principauté en mars 2012. Tous deux perpétuent une certaine « tradition » des pilotes de F1. Jenson Button, Bruno Senna, David Coulthard, Felipe Massa, Michael Schumacher, Mika Häkkinen, Jean-Pierre Jarier, Jacky Ickx, Alexander Wurz, Thierry Boutsen et Gehrard Berger vivent ou ont vécu à Monaco. Une liste à laquelle s’ajoutent Flavio Briatore, l’ancien directeur des écuries Benetton et Renault, et Eddie Jordan, ex-propriétaire de l’écurie éponyme. Certains possèdent des activités en principauté. Pour expliquer un tel engouement des coureurs automobiles pour le territoire monégasque, Lewis Hamilton lâchait un début de réponse aux médias anglais lors de son déménagement. « A Monaco, il y a beaucoup plus de gens que je connais et aussi pas mal de pilotes. Il y a un peu plus de vie sociale mais aussi une meilleure météo et la mer. C’est juste un peu mieux globalement. Et c’est aussi cool d’être là, à la maison, quand le Grand Prix s’y déroule. Et si je veux voir d’autres pilotes ou mon entraîneur, ils sont juste à côté », déclarait-il l’an dernier.

Histoire de jeunesse
Le tandem Rosberg-Hamilton repose sur une histoire où fusionnent jeunesse et talent. Les deux amis partagent une flopée de souvenirs juvéniles. D’abord de karting. En 2000 et 2001, les deux pilotes sont associés au sein du team MBM.com et font des étincelles en Formula A (l’élite du kart aujourd’hui dénommée KF1) au volant de leurs CRG-Parilla. La première saison, Lewis Hamilton et Nico Rosberg deviennent respectivement champion et vice-champion d’Europe. En décembre 2002, à peine âgé de 17 ans, le fils de « Keke » Rosberg devient le plus jeune pilote à conduire une Formule 1, lors d’essais privés en Catalogne. Sa route croise à nouveau celle d’Hamilton en 2004, en Formule 3 Euro Series. Coaché par son père, l’Allemand concourt pour la Team Rosberg et finit la saison à la 4ème place. L’Anglais, chez Manor Motosport, termine 5ème et décroche le titre la saison suivante. 2005 voit le lancement du GP2 Séries, l’héritière de la Formule 3 000 où les jeunes pilotes font leurs armes avant de connaître la F1. Coureur de l’écurie Art Grand Prix, Nico Rosberg s’impose au finish devant Heikki Kovalainen. Son successeur en 2006 au palmarès de cette catégorie se nomme Lewis Hamilton, venu pallier à son départ pour l’écurie Williams. A noter que le Monégasque Stefano Coletti y enchaîne les podiums depuis le début de saison (5 en 6 courses dont deux victoires). Rosberg reste chez Williams durant quatre saisons, rentre à 25 reprises dans les points et réalise deux podiums. Hamilton pénètre le monde de la F1 au sein de l’écurie McLaren-Mercedes en 2007. Vice-champion du monde pour ses débuts, il devient en 2008 le plus jeune pilote champion du monde à 23 ans. Son record sera détrôné en 2010 par un autre virtuose de la monoplace, l’Autrichien Sebastian Vettel, pour cinq mois et quelques jours.

De l’importance de la pole
En 2010, l’écurie championne du monde en 2009 Brawn GP devient Mercedes Grand Prix. Celle-ci allie jeunesse et expérience en confiant ses baquets à Michael Schumacher et Nico Rosberg. Mercedes n’a été sacrée qu’une seule fois depuis sa création, en Chine, le 15 avril 2012. Nico Rosberg s’était imposé devant les McLaren de Button et d’Hamilton. A Monaco, la saison dernière, l’écurie avait décroché la pole par l’intermédiaire de Michael Schumacher, parti néanmoins en 6ème position sur la grille de départ pour un accident provoqué lors du Grand Prix d’Espagne. En conséquence, Mark Webber et Nico Rosberg s’étaient élancés de la première ligne. L’Allemand était monté sur la 2ème marche du podium. En 2013, Lewis Hamilton a rejoint son ancien partenaire de kart. Leur entente demeure au beau fixe même si elle a subi un léger accroc en Malaisie, rapidement réglé toutefois. Consigne avait été donnée à Nico Rosberg de ne pas dépasser l’Anglais en fin de course, alors que sa monoplace se montrait plus véloce. « L’écurie voulait qu’on finisse 3ème et 4ème et c’est totalement compréhensible. Si les positions avaient été inversées, je suis sûr qu’il se serait passé la même chose. Nous aurons d’autres occasions de nous battre sur la piste », avait expliqué Rosberg après la course. « Nico devrait être à ma place. Il a fait une meilleure course que moi. […] Est-ce que je le laisserai passer dans le futur ? Oui, probablement », avait, de son côté, affirmé Hamilton sur le podium. Si Mercedes rafle une 4ème pole d’affilée en principauté, l’écurie pourrait bien empocher son deuxième succès en quatre saisons. L’exiguïté du circuit rend en effet difficile les dépassements. Sur les dix dernières éditions du Grand Prix de Monaco, le détenteur de la pole s’est imposé huit fois sur dix. A Lewis Hamilton et Nico Rosberg d’en profiter.

Nico Rosberg en course

© Photo ACM

Nico Rosberg : « Monaco, c’est la maison ! »

Monaco Hebdo : Quel est jusqu’à présent votre souvenir le plus mémorable sur le circuit de Monaco ?
Nico Rosberg : Mon podium de 2012 ! Bien que plus rapide que Webber, qui a gagné, j’ai terminé deuxième mais c’est fantastique de célébrer une deuxième place avec la famille et les amis. Je n’oublierais jamais ça.

M.H. : Que représente le circuit de Monaco pour vous ?
N.R. : Je suis presque né à Monaco ! J’y vis, ma famille et mes amis aussi… Cela signifie beaucoup pour moi, c’est très spécial. De la maison, je peux marcher ou me rendre au paddock en scooter. C’est tellement différent des autres courses.

M.H. : De nombreux pilotes vivent en principauté. Qu’est-ce qui rend Monaco si attractif pour les pilotes de F1 selon vous ?
N.R. : Je ne sais pas pour les autres mais en tout cas pour moi, c’est la maison ! Je n’ai vécu qu’à Monaco.

M.H. : Comment jugez-vous le début de saison de l’écurie Mercedes ?
N.R. : Notre équipe fait un travail incroyable à l’usine mais aussi sur place pendant les Grand Prix. Il y a un très bon état d’esprit. Dans les premières courses, nous avons eu une bien meilleure performance que l’an dernier. La voiture marche très bien en qualifications, j’ai fait la pole position à Bahreïn et en Espagne mais nous devons comprendre pourquoi la voiture n’est pas performante en course. On y travaille !

M.H. : Quel sera votre objectif pour le grand prix de Monaco cette année ?
N.R. : La plus haute marche du podium !//A.P.

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