La nouvelle organisation syndicale s’explique

Adrien Paredes
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Dans une lettre co-signée par cinq de ses membres fondateurs, datant du 11 janvier, l’organisation syndicale nouvellement créée, la Fédération des syndicats de salariés de Monaco, a exposé ses motivations au président du conseil national Jean-François Robillon. Les membres fondateurs se sont étonnés que « l’évocation de la création d’une alternative à l’Union des syndicats de Monaco ait pu susciter quelques lignes » dans le rapport de la commission des Finances et dans certaines interventions parlementaires. Deux motifs y ont contribué : la gestion du dossier de la réforme des retraites et le mode de gouvernance interne à l’USM. Cette fédération, dont les statuts ont été agréés le 20 décembre par arrêté ministériel, a tenu à rappeler que l’« initiative n’émane pas d’individualités occupant des fonctions syndicales mais de l’expression de la majorité des salariés adhérents ». Dans son courrier, la F2SM a dénoncé « l’intolérance de l’USM », faisant allusion au « dénigrement opéré » à son égard par l’Union des syndicats de Monaco, par le biais de distribution de tracts. Elle a aussi taclé la conception des rapports sociaux de l’historique fédération, « issue d’une classique et non moins caricaturale opposition patronat-salarié/lutte des classes » qui « ne fait plus recette ». La F2SM regrette enfin « la politisation de l’USM » : « Nous estimons que l’orientation politique individuelle doit rester cantonnée à la sphère privée à moins d’être un parti politique. L’afficher en tant qu’organisation de défense et de promotion des droits des salariés […], c’est prendre le risque de se couper d’une grande partie du corps social qui ne partage pas l’obédience affichée. »

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